piqué · pique

piqué

adjectif, /pike/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens)

Littré (1873) — entrée 1

part. passé

  1. Entamé légèrement par quelque chose de pointu. Piqué par une épingle. Piqué par une guêpe. Une étoffe piquée des vers. Fig. et populairement. Qui n'est pas piqué des vers, sain, intact, frais.

  2. Traversé de points qui les unissent, en parlant d'étoffes. Des bonnets piqués.

    Notre amante.... coupe ses habits, Corps piqué d'or, garnitures de prix — La Fontaine (1621-1695)

    J'ai un habit de taffetas brun piqué avec des campanes d'argent.... mais je crois que ce n'est plus la mode — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Terme de cuisine. Où on a fait entrer, en piquant, quelque ingrédient. Absolument. Lardé de petits lardons.

    Oignons piqués de clous de girofle — Mme de Genlis (1746-1830)

    Dans le pays même où l'on faisait pendre ceux qui avaient mangé une omelette au lard [le vendredi], on faisait brûler ceux [les Juifs] qui avaient ôté le lard d'un poulet piqué — Voltaire (1694-1778)

  4. Terme de construction. Se dit du moellon ou du grès dont le parement a été frappé de manière que chacun des coups de l'outil y laissât sa trace. S. m. Un piqué, un moellon taillé proprement et à vive arête.

  5. Vin piqué, vin qui tend à se transformer en vinaigre. Substantivement. Goût de piqué, goût désagréable qui affecte les vins de Champagne et les vins clairets du Jura, et qui est causé par la production d'un ferment organisé.

  6. Frappé d'un trait de satire.

    ....Vous fuyez devant Des gens en robe un peu sale Par vous piqués trop souvent — Béranger (1780-1857)

  7. Fig. Qui est ému par quelque sentiment vif comme par une piqûre. Piqué au jeu, décidé à s'opiniâtrer en quelque chose.

    Et ce prince, piqué d'une juste colère, S'emportera sans doute et bravera son père — Pierre Corneille (1606-1684)

    Piqué d'une noble honte et d'une juste indignation contre son courage qui lui a manqué — Bossuet (1627-1704)

  8. Fâché, irrité. Piqué par ces paroles. Piqué que, piqué de ce que.

    Trop discret est Horace Pour un homme piqué — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Piqué jusqu'au vif contre son hyménée — Pierre Corneille (1606-1684)

  9. Fig. Qui éprouve un désir, comme le palais que pique quelque chose d'épicé.

    Et piqué des douceurs d'un amoureux visage — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Don Carlos demeura aussi piqué de la dame inconnue, que s'il l'eût vue au visage — Scarron (1610-1660)

  10. En musique, notes piquées, suite de notes sur chacune desquelles on met un point ou un accent aigu, pour indiquer qu'elles doivent être rendues d'une manière égale par des coups de gosier, de langue ou d'archet secs et détachés. Substantivement. Quand la note est détachée d'une manière marquée, c'est un piqué pointé, et, plus détachée encore, elle devient un piqué accentué.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • piquées — pluriel féminin — /pike/
  • piqués — pluriel masculin — /pike/
  • piquée — singulier féminin — /pike/
  • piqué — singulier masculin — /pike/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée piqué#47492.

pique

nom, /pikə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (7 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Terme de jeu de cartes. Une des figures de la couleur noire. C'est du pique qu'il retourne. Fig. As de pique, voy. AS. Fig. Voilà bien rentrer de piques noires, il rentre de piques noires, se dit à celui qui interrompt mal à propos un autre, ou qui rentre, mal à propos et par des choses sans rapport, dans un sujet, dans une conversation.

    Vous croyez, en votre humeur caustique, En agir avec moi comme avec l'as de pique ? — Regnard (1655-1709)

Étymologie : Pique 1, à cause de la forme.

Historique : XVIe s. À l'autre, dit Panurge, c'est bien rentré de piques noires

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Chez les anciens, arme formée d'un long bois garni d'un fer plat et pointu.

    Vous avez déjà, en animaux raisonnables et pour vous distinguer de ceux qui ne se servent que de leurs dents et de leurs ongles, imaginé les lances, les piques, les dards, les sabres et les cimeterres — La Bruyère (1645-1696)

    Un étranger disait à l'ambitieux Agésilas : Où fixez-vous donc les bornes de la Laconie ? Au bout de nos piques, répondit-il — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

  2. Arme d'hast, plus courte que la lance, employée autrefois pour armer certains corps d'infanterie. Par une ordonnance de Louis XIV, le tiers de chaque compagnie d'infanterie devait être armé de piques, pour arrêter l'effort de la cavalerie. Avoir la pique basse, la croiser en avant, pour combattre. Fig. Lever la pique, cesser de combattre, se rendre. Fig. Il a passé par les piques, se dit de quelqu'un qui s'est trouvé en plusieurs occasions dangereuses, ou qui a souffert quelque perte, quelque dommage en des affaires qu'il a eues.

    Le maréchal de Saxe regrettait les piques — ST-FOIX

    Vingt-cinq mille Suisses.... les uns armés de ces longues piques de dix-huit pieds que plusieurs soldats poussaient ensemble en bataillon serré, les autres tenant leurs grands espadons à deux mains, vinrent fondre à grands cris dans le camp du roi [François Ier], près de Marignan — Voltaire (1694-1778)

  3. Terme de marine. Négocier à la longueur de la pique, traiter à la pique, s'est dit de navires interlopes qui, dans les mers du Sud ou ailleurs, se tenant à l'abri de rochers ou d'une côte élevée, envoyaient secrètement quelques hommes à terre pour s'informer si on pouvait trafiquer en sûreté.

    À l'égard de celles [cargaisons] qui sont moindres, et dont les barques anglaises, hollandaises, françaises et danoises sont ordinairement chargées, on les porte dans les esterres.... on avertit les habitants des environs par un coup de canon.... c'est particulièrement la nuit qu'on fait ce commerce ; mais il faut être sur ses gardes, toujours armé, et ne laisser jamais entrer dans le bâtiment plus de monde, qu'on ne se trouve en état d'en chasser, s'il leur prenait envie de faire quelque insulte ; on appelle cette manière de trafiquer, traiter à la pique

  4. Il se dit du fer, indépendamment du bois.

    Le roi Salomon fit donc faire deux cents piques d'or du poids de six cents sicles — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  5. Longueur, hauteur d'une pique. Fig. Vous en êtes à cent piques, se dit à quelqu'un qui ne devine pas. Familièrement. Être à cent piques au-dessus de quelqu'un, lui être bien supérieur ; au-dessous de quelqu'un, lui être bien inférieur.

    C'est un spectacle de voir les pélicans raser l'eau, s'élever de quelques piques au-dessus, et tomber le cou raide et leur sac à demi plein — Buffon (1707-1788)

    Hier au soir, Mme du Fresnoy soupa chez nous ; c'est une nymphe, c'est une divinité ; mais Mme Scarron, Mme de la Fayette et moi, nous voulûmes la comparer à Mme de Grignan, et nous la trouvâmes cent piques au-dessous — Mme de Sévigné (1626-1696)

  6. Autrefois, soldats qui portaient la pique dans un régiment. Faire défiler les piques.

  7. Demi-pique ou esponton, arme plus courte que la précédente, qui a servi à armer les officiers d'infanterie.

Étymologie : Forme féminine de pic 1 ; provenç. piqua ; esp. et ital. pica. On a dit que pique, au sens de mesure, représentait le pic, sorte de mesure de longueur, et non la pique. Mais ce qui prouve que pour mesurer on s'est servi de la pique, c'est qu'on s'est servi de la lance : Les fossés estoient porfonds de plus d'une lance

Historique : XIVe s. [Ils] N'y ont que treize eschieles pour commencier estri [combat] ; Mais il ont des mineurs et des piques [pics] aussi Icellui Fournier avoit donné un certain baston qu'il avoit apporté, appelé piques de Flandres XVe s. Ceux de Gand avoyent, au-devant de leur ville, fait une embusche de plus de cent compaignons, et tous piques noires [pikenaires, dans Buchon, ce qui est la vraie leçon ; voy. PIQUIER] Son cheval navré de coups de piques de Flandres XVIe s. Ses malvueillans [de Thémistocles] lui reprochoient qu'il avoit osté au peuple d'Athenes la plque et le pavois, pour le reduire au b…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 3

s. f.

  1. Brouillerie, aigreur entre deux ou plusieurs personnes. Mettre en pique, susciter une pique, une querelle.

    Les aversions, les piques, les jalousies et toutes les autres causes de division — Pierre Nicole (1625-1695)

    L'esprit de pique et de jalousie prévaut — La Bruyère (1645-1696)

Étymologie : Voy. PIQUER.

Historique : XVe s. Ainsi s'est departie cette assemblée de mocquerie et de picque Encores y avoit une autre picque entre le duc et le connestable XVIe s. Voulant dès son commencement mettre le pied devant tous les autres, il prit audacieusement à son arrivée la pique contre les plus grands et les plus puissants hommes

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Sorte d’arme formée d’un long bois dont le bout est garni d’un fer plat et pointu. Longue pique. Pique de bois de frêne. Armé d’une pique. Ils marchèrent les uns contre les autres les piques baissées. Les piques ont été longtemps en usage dans l’infanterie.

  2. Demi-pique, Pique plus courte de moitié que les piques ordinaires. Il n’avait qu’une demi-pique.

  3. PIQUE s’est dit d’une Mesure de longueur de la grandeur de cette arme. Il y a une pique d’eau dans ce fossé.

  4. Fig. et fam., Vous en êtes à cent piques, à mille piques, se dit d’une Personne qui, voulant deviner quelque chose, est très éloignée de la vérité.

  5. Fig. et fam., être à cent piques au-dessus, au-dessous de quelqu’un, de quelque chose, Lui être fort supérieur, fort inférieur. Ce poème est à cent piques au-dessus des autres. Il est à cent piques au-dessous de ses rivaux.

  6. PIQUE se disait aussi, par extension, des Soldats qui portaient la pique dans un régiment. Faire défiler les piques. Il y avait tant de piques dans ce régiment.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • piques — pluriel — /pikə/
  • pique — singulier — /pikə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pique#47478.

piqué

nom, masculin, /pike/

Voir aussi : forme féminine piquée

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Étoffe de coton, faite de deux tissus appliqués l'un sur l'autre et unis par des points rangés en losanges. Il y a aussi des piqués à dessins.

  2. La seconde opération qui conduit au poli d'une glace.

Étymologie : Piqué 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Sorte d’étoffe formée de deux tissus appliqués l’un sur l’autre et unis par des points formant des dessins; Tissu dont la trame imite ces dessins. Un gilet de piqué.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • piqués — pluriel — /pike/
  • piqué — singulier — /pike/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée piqué#47491.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.