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pique

Sur cette page : pique · piqué

pique

nom · /pikə/

Usage : d'usage courant (7.02 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Histoire. Arme d'hast formée d'une longue hampe garnie d'un fer plat et pointu.

    Les soldats avançaient, la pique à la main.

    « Un étranger disait à l'ambitieux Agésilas : Où fixez-vous donc les bornes de la Laconie ? Au bout de nos piques, répondit-il »Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

    « Vous avez déjà, en animaux raisonnables et pour vous distinguer de ceux qui ne se servent que de leurs dents et de leurs ongles, imaginé les lances, les piques, les dards, les sabres et les cimeterres »La Bruyère (1645-1696)

  2. Parole blessante destinée à contrarier ou vexer quelqu'un.

    Il lança une pique à son collègue pendant la réunion.

    « Vous seriez étonné de vous trouver de cent piques au-dessous de nous »Marivaux (1688-1763)

    « Hier au soir, Mme du Fresnoy soupa chez nous ; c'est une nymphe, c'est une divinité ; mais Mme Scarron, Mme de la Fayette et moi, nous voulûmes la comparer à Mme de Grignan, et nous la trouvâmes cent piques au-dessous »Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Jeux. L'une des quatre couleurs du jeu de cartes, représentée par un symbole noir pointu.

    Il a posé l'as de pique sur la table.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : être fagoté comme l'as de pique · être foutu comme l'as de pique · être habillé comme l'as de pique · fichu comme l'as de pique · lancer une pique à quelqu'un

Grammaire et formes (2)
  • piques : pluriel · /pikə/
  • pique : singulier · /pikə/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 1 sens

s. m.

  1. Terme de jeu de cartes. Une des figures de la couleur noire. C'est du pique qu'il retourne. Fig. As de pique, voy. AS. Fig. Voilà bien rentrer de piques noires, il rentre de piques noires, se dit à celui qui interrompt mal à propos un autre, ou qui rentre, mal à propos et par des choses sans rapport, dans un sujet, dans une conversation.

    Vous croyez, en votre humeur caustique, En agir avec moi comme avec l'as de pique ?Regnard (1655-1709)

Étymologie : Pique 1, à cause de la forme.

Historique : XVIe s. À l'autre, dit Panurge, c'est bien rentré de piques noires

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Littré (1873), entrée 1 · 7 sens

s. f.

  1. Chez les anciens, arme formée d'un long bois garni d'un fer plat et pointu.

    Vous avez déjà, en animaux raisonnables et pour vous distinguer de ceux qui ne se servent que de leurs dents et de leurs ongles, imaginé les lances, les piques, les dards, les sabres et les cimeterresLa Bruyère (1645-1696)

    Un étranger disait à l'ambitieux Agésilas : Où fixez-vous donc les bornes de la Laconie ? Au bout de nos piques, répondit-ilJean-Jacques Barthélemy (1716-1795)

  2. Arme d'hast, plus courte que la lance, employée autrefois pour armer certains corps d'infanterie. Par une ordonnance de Louis XIV, le tiers de chaque compagnie d'infanterie devait être armé de piques, pour arrêter l'effort de la cavalerie. Avoir la pique basse, la croiser en avant, pour combattre. Fig. Lever la pique, cesser de combattre, se rendre. Fig. Il a passé par les piques, se dit de quelqu'un qui s'est trouvé en plusieurs occasions dangereuses, ou qui a souffert quelque perte, quelque dommage en des affaires qu'il a eues.

    Le maréchal de Saxe regrettait les piquesST-FOIX

    Vingt-cinq mille Suisses.... les uns armés de ces longues piques de dix-huit pieds que plusieurs soldats poussaient ensemble en bataillon serré, les autres tenant leurs grands espadons à deux mains, vinrent fondre à grands cris dans le camp du roi [François Ier], près de MarignanVoltaire (1694-1778)

  3. Terme de marine. Négocier à la longueur de la pique, traiter à la pique, s'est dit de navires interlopes qui, dans les mers du Sud ou ailleurs, se tenant à l'abri de rochers ou d'une côte élevée, envoyaient secrètement quelques hommes à terre pour s'informer si on pouvait trafiquer en sûreté.

    À l'égard de celles [cargaisons] qui sont moindres, et dont les barques anglaises, hollandaises, françaises et danoises sont ordinairement chargées, on les porte dans les esterres.... on avertit les habitants des environs par un coup de canon.... c'est particulièrement la nuit qu'on fait ce commerce ; mais il faut être sur ses gardes, toujours armé, et ne laisser jamais entrer dans le bâtiment plus de monde, qu'on ne se trouve en état d'en chasser, s'il leur prenait envie de faire quelque insulte ; on appelle cette manière de trafiquer, traiter à la pique

  4. Il se dit du fer, indépendamment du bois.

    Le roi Salomon fit donc faire deux cents piques d'or du poids de six cents siclesLemaistre de Sacy (1613-1684)

  5. Longueur, hauteur d'une pique. Fig. Vous en êtes à cent piques, se dit à quelqu'un qui ne devine pas. Familièrement. Être à cent piques au-dessus de quelqu'un, lui être bien supérieur ; au-dessous de quelqu'un, lui être bien inférieur.

    C'est un spectacle de voir les pélicans raser l'eau, s'élever de quelques piques au-dessus, et tomber le cou raide et leur sac à demi pleinBuffon (1707-1788)

    Hier au soir, Mme du Fresnoy soupa chez nous ; c'est une nymphe, c'est une divinité ; mais Mme Scarron, Mme de la Fayette et moi, nous voulûmes la comparer à Mme de Grignan, et nous la trouvâmes cent piques au-dessousMme de Sévigné (1626-1696)

  6. Autrefois, soldats qui portaient la pique dans un régiment. Faire défiler les piques.

  7. Demi-pique ou esponton, arme plus courte que la précédente, qui a servi à armer les officiers d'infanterie.

Étymologie : Forme féminine de pic 1 ; provenç. piqua ; esp. et ital. pica. On a dit que pique, au sens de mesure, représentait le pic, sorte de mesure de longueur, et non la pique. Mais ce qui prouve que pour mesurer on s'est servi de la pique, c'est qu'on s'est servi de la lance : Les fossés estoient porfonds de plus d'une lance

Historique : XIVe s. [Ils] N'y ont que treize eschieles pour commencier estri [combat] ; Mais il ont des mineurs et des piques [pics] aussi Icellui Fournier avoit donné un certain baston qu'il avoit apporté, appelé piques de Flandres XVe s. Ceux de Gand avoyent, au-devant de leur ville, fait une embusche de plus de cent compaignons, et tous piques noires [pikenaires, dans Buchon, ce qui est la vraie leçon ; voy. PIQUIER] Son cheval navré de coups de piques de Flandres XVIe s. Ses malvueillans [de Thémistocles] lui reprochoient qu'il avoit osté au peuple d'Athenes la plque et le pavois, pour le reduire au b…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Littré (1873), entrée 3 · 1 sens

s. f.

  1. Brouillerie, aigreur entre deux ou plusieurs personnes. Mettre en pique, susciter une pique, une querelle.

    Les aversions, les piques, les jalousies et toutes les autres causes de divisionPierre Nicole (1625-1695)

    L'esprit de pique et de jalousie prévautLa Bruyère (1645-1696)

Étymologie : Voy. PIQUER.

Historique : XVe s. Ainsi s'est departie cette assemblée de mocquerie et de picque Encores y avoit une autre picque entre le duc et le connestable XVIe s. Voulant dès son commencement mettre le pied devant tous les autres, il prit audacieusement à son arrivée la pique contre les plus grands et les plus puissants hommes

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens

n. f.

  1. Sorte d’arme formée d’un long bois dont le bout est garni d’un fer plat et pointu. Longue pique. Pique de bois de frêne. Armé d’une pique. Ils marchèrent les uns contre les autres les piques baissées. Les piques ont été longtemps en usage dans l’infanterie.

  2. Demi-pique, Pique plus courte de moitié que les piques ordinaires. Il n’avait qu’une demi-pique.

  3. PIQUE s’est dit d’une Mesure de longueur de la grandeur de cette arme. Il y a une pique d’eau dans ce fossé.

  4. Fig. et fam., Vous en êtes à cent piques, à mille piques, se dit d’une Personne qui, voulant deviner quelque chose, est très éloignée de la vérité.

  5. Fig. et fam., être à cent piques au-dessus, au-dessous de quelqu’un, de quelque chose, Lui être fort supérieur, fort inférieur. Ce poème est à cent piques au-dessus des autres. Il est à cent piques au-dessous de ses rivaux.

  6. PIQUE se disait aussi, par extension, des Soldats qui portaient la pique dans un régiment. Faire défiler les piques. Il y avait tant de piques dans ce régiment.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée pique#47478.

piqué

adjectif · /pike/

Usage : d'usage courant (2.96 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Entamé par une piqûre d'insecte ou par un objet pointu : piqué par une guêpe.

    Il avait le bras tout rouge, piqué par un moustique.

    « Piqué d'une noble honte et d'une juste indignation contre son courage qui lui a manqué »Bossuet (1627-1704)

    « Pierre, II., à cette vue, ne vous sentez-vous point piquées d'une pieuse et généreuse émulation ? »Bourdaloue (1632-1704)

  2. Qui présente une légère altération, des taches : un fruit piqué, du vin piqué.

    Ce vin est piqué, il a tourné au vinaigre.

    « ....Vous fuyez devant Des gens en robe un peu sale Par vous piqués trop souvent »Béranger (1780-1857)

  3. Familier. Fig. Familier. Un peu fou, excentrique.

    Elle est un peu piquée, mais très attachante.

    Synonyme : toqué.

    « Les choses étant sur le pied où elles sont [dans la société], l'homme le plus piqué n'a pas le droit de rien prendre au sérieux, ni d'y répondre avec dureté »Charles Pinot Duclos (1704-1772)

    « Il est fort piqué au jeu, et ne peut entendre aucune remontrance »Gui Patin (1601-1672)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (4)
  • piquées : pluriel féminin · /pike/
  • piqués : pluriel masculin · /pike/
  • piquée : singulier féminin · /pike/
  • piqué : singulier masculin · /pike/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 10 sens

part. passé

  1. Entamé légèrement par quelque chose de pointu. Piqué par une épingle. Piqué par une guêpe. Une étoffe piquée des vers. Fig. et populairement. Qui n'est pas piqué des vers, sain, intact, frais.

  2. Traversé de points qui les unissent, en parlant d'étoffes. Des bonnets piqués.

    Notre amante.... coupe ses habits, Corps piqué d'or, garnitures de prixLa Fontaine (1621-1695)

    J'ai un habit de taffetas brun piqué avec des campanes d'argent.... mais je crois que ce n'est plus la modeMme de Sévigné (1626-1696)

  3. Terme de cuisine. Où on a fait entrer, en piquant, quelque ingrédient. Absolument. Lardé de petits lardons.

    Oignons piqués de clous de girofleMme de Genlis (1746-1830)

    Dans le pays même où l'on faisait pendre ceux qui avaient mangé une omelette au lard [le vendredi], on faisait brûler ceux [les Juifs] qui avaient ôté le lard d'un poulet piquéVoltaire (1694-1778)

  4. Terme de construction. Se dit du moellon ou du grès dont le parement a été frappé de manière que chacun des coups de l'outil y laissât sa trace. S. m. Un piqué, un moellon taillé proprement et à vive arête.

  5. Vin piqué, vin qui tend à se transformer en vinaigre. Substantivement. Goût de piqué, goût désagréable qui affecte les vins de Champagne et les vins clairets du Jura, et qui est causé par la production d'un ferment organisé.

  6. Frappé d'un trait de satire.

    ....Vous fuyez devant Des gens en robe un peu sale Par vous piqués trop souventBéranger (1780-1857)

  7. Fig. Qui est ému par quelque sentiment vif comme par une piqûre. Piqué au jeu, décidé à s'opiniâtrer en quelque chose.

    Et ce prince, piqué d'une juste colère, S'emportera sans doute et bravera son pèrePierre Corneille (1606-1684)

    Piqué d'une noble honte et d'une juste indignation contre son courage qui lui a manquéBossuet (1627-1704)

  8. Fâché, irrité. Piqué par ces paroles. Piqué que, piqué de ce que.

    Trop discret est Horace Pour un homme piquéMathurin Régnier (1573-1613)

    Piqué jusqu'au vif contre son hyménéePierre Corneille (1606-1684)

  9. Fig. Qui éprouve un désir, comme le palais que pique quelque chose d'épicé.

    Et piqué des douceurs d'un amoureux visageMathurin Régnier (1573-1613)

    Don Carlos demeura aussi piqué de la dame inconnue, que s'il l'eût vue au visageScarron (1610-1660)

  10. En musique, notes piquées, suite de notes sur chacune desquelles on met un point ou un accent aigu, pour indiquer qu'elles doivent être rendues d'une manière égale par des coups de gosier, de langue ou d'archet secs et détachés. Substantivement. Quand la note est détachée d'une manière marquée, c'est un piqué pointé, et, plus détachée encore, elle devient un piqué accentué.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée piqué#47492.

piqué

nom, masculin · /pike/

Définitions

  1. Textile. Étoffe de coton formée de deux tissus superposés et assemblés par des points formant un relief en losanges ou en dessins.

    Le bébé porte un bonnet en piqué de coton.

  2. Vieilli, industrie. Vieilli. En verrerie, deuxième opération du travail qui mène une glace au poli.

    Le verrier passa la glace au piqué avant le polissage final.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Voir aussi : forme féminine piquée

Grammaire et formes (2)
  • piqués : pluriel · /pike/
  • piqué : singulier · /pike/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 2 sens

s. m.

  1. Étoffe de coton, faite de deux tissus appliqués l'un sur l'autre et unis par des points rangés en losanges. Il y a aussi des piqués à dessins.

  2. La seconde opération qui conduit au poli d'une glace.

Étymologie : Piqué 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 1 sens

n. m.

  1. Sorte d’étoffe formée de deux tissus appliqués l’un sur l’autre et unis par des points formant des dessins; Tissu dont la trame imite ces dessins. Un gilet de piqué.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée piqué#47491.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.