pincé · pince

pincé

adjectif, /pɛ̃se/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Serré entre les doigts ou autrement. Cet enfant pincé par un perroquet. Doigt pincé dans une porte.

  2. Qu'on fait vibrer avec les doigts, en parlant des cordes d'un instrument de musique. La corde pincée rendit un son. Fig.

    Ce qui toucha le plus le roi d'Espagne, ce fut la corde de ses grands droits en France adroitement pincée par Stanhope, qui produisit le plus doux son à ses oreilles — Saint-Simon (1675-1755)

  3. Fig. Qui a subi quelque dommage à la suite d'une imprudence. Pincé au jeu.

    Les jésuites ainsi pincés sur leur morale d'Europe et d'Asie — Saint-Simon (1675-1755)

  4. Rendu plus mince en serrant. Une taille pincée. Fig. Lèvres pincées, lèvres minces et tenues serrées l'une contre l'autre, ce qui donne à la physionomie quelque chose de sec ou de hautain. On dit aussi : bec pincé. Terme de marine. Bâtiment pincé, bâtiment très mince dans ses parties basses.

    Être à la fois et Midas et Narcisse, Enflé d'orgueil et pincé d'avarice — Voltaire (1694-1778)

    Durant les contrariétés que j'éprouvais, Mme Geoffrin était mal à son aise ; elle m'en parlait quelquefois du bout de ses lèvres pincées — Marmontel (1723-1799)

  5. Fig. Qui a dans les manières quelque chose de ce qu'expriment les lèvres pincées. Il se dit aussi de l'air, du style, etc. Substantivement.

    C'était un petit homme bourru et chagrin, qui ne manquait pas d'esprit, mais qui était pincé dans la conversation, ricaneur et assez mauvais plaisant — Voltaire (1694-1778)

    Je sais que Léonor aime un certain Valère, Un fat, un freluquet, qui n'a l'heur de lui plaire Que par son air pincé — Regnard (1655-1709)

  6. S. m. Terme de musique. Le pincé, sorte d'agrément du genre trille, qui était propre à quelques instruments et particulièrement au clavecin. Synonyme de pizzicato.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • pincées — pluriel féminin — /pɛ̃se/
  • pincés — pluriel masculin — /pɛ̃se/
  • pincée — singulier féminin — /pɛ̃se/
  • pincé — singulier masculin — /pɛ̃se/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pincé#47395.

pince

nom, féminin, /pɛ̃sə/

Définitions

  1. Outil composé de deux branches articulées, servant à saisir ou à serrer.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Grosse patte préhensile de certains crustacés.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Pli cousu dans un vêtement pour l'ajuster à la forme du corps.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (13 sens) — Académie 1935 (10 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de pincer, de saisir avec force. Avoir bonne pince, la pince forte, la pince rude, avoir un poignet vigoureux. Populairement. Craindre la pince, être menacé de la pince, craindre, risquer d'être arrêté. Cet argent est sujet à la pince, il est sujet à être pris. L'argent des communautés est ordinairement sujet à la pince. Être sujet à la pince, se dit d'une personne qui a l'habitude de chercher à faire des gains illicites. Mesurer pince à pince, mesurer juste.

    Du doigt les serre, il avait bonne pince — La Fontaine (1621-1695)

    L'ouvrage se doit faire pince à pince, c'est-à-dire bois à bois, justement, sans pouce ni évent,

  2. Longues tenailles qui servent à remuer les bûches dans une cheminée.

    Et comme ces pinces fidèles, Qui des tisons de mon ardent foyer, De temps en temps, pour m'égayer, Font pétiller les vives étincelles — Jacques Delille (1738-1813)

  3. Tenailles servant à différents usages, dans les métiers. Terme de relieur. Petite tenaille dont on se sert pour pincer comme il faut, c'est-à-dire pour accommoder les nerfs des livres.

  4. En anatomie et en chirurgie, instruments dont on se sert dans diverses opérations pour saisir, attirer ou fixer certaines parties. Pince à pansement, ou pince à anneaux, instrument composé de deux branches semblables à celles des ciseaux ; au lieu d'être tranchantes sur la partie opposée aux anneaux, elles sont opposées l'une à l'autre et aplaties ; le bec est taillé d'engrenures superficielles. Pince à dissection, à artère, à ligature, pince formée par deux lames soudées à l'une de leurs extrémités, s'écartant par leur propre ressort à l'autre bout, et ne pouvant se fermer que par la pression des doigts. Pince de chirurgien, coquille univalve.

  5. Pinces d'une écrevisse, d'un homard, parties de leurs grosses pattes avec lesquelles ils pincent quand on veut les saisir. Fig.

    On en a vu une [pie] se jeter sur un merle pour le dévorer, une autre enlever une écrevisse qui la prévint en l'étranglant avec ses pinces — Buffon (1707-1788)

    Jean Rousseau.... Vit émousser dans ce pays Le tranchant aigu de sa pince — Voltaire (1694-1778)

  6. Au plur. Les pinces, les dents incisives des animaux herbivores. Ce cheval a mis bas les pinces, il a trois ans.

  7. Extrémité antérieure du pied des animaux ongulés. Terme de vétérinaire. Partie inférieure antérieure du sabot du cheval. Devant d'un fer de cheval.

  8. Terme de chasse. Les pinces des bêtes fauves, l'extrémité de l'ongle.

    J'ai beau lui faire voir toutes les différences Des pinces de mon cerf et de ses connaissances — Molière (1622-1673)

  9. Terme de tailleur et de couturière. Pli large à sa base et se terminant en pointe aiguë, ou bien large au milieu et finissant en pointe en haut et en bas. Les plis qui forment la taille des corsages plats s'appellent pinces.

  10. Pince, se dit du bord inférieur d'une cloche où frappe le battant.

  11. Pince à blaireau, espèce de piége.

  12. Barre de fer aplatie par un bout qui sert de levier. En marine, levier de fer pointu par un bout et coudé par l'autre bout, qui est aplati et fendu comme le pied fourchu d'une chèvre.

  13. Genre d'arachnides.

Étymologie : Voy. PINCER ; espagn. pinzas ; vénit. pizza, piqûre.

Historique : XVe s. ....Tous boutent dedens [le plat] Leurs mains jusqu'aux pinces des doys XVIe s. Car vostre argent, très debonnaire prince, Sans point de faute est sujet à la pince [à être volé] Des pieds de devant ilz [les chevaux] ne pouvoient toucher en terre qu'un petit de la pinse du pied tant seulement Une longue barre de fer, d'un costé en pince et l'autre en pointe ronde Si, avec le grand pied, il [le cerf] a les pinces grosses et larges, qu'il ait les os longs et creux, la jambe large et bas jointe, c'est signe de vieillesse La medecine est fort sujette à la pince [à prendre]

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Extrémité antérieure du pied des animaux ongulés. Les pinces du cerf, du sanglier. Lorsque les pinces sont usées, c’est signe que la bête est vieille.

  2. Il se dit aussi du Devant d’un fer de cheval. On n’étampe jamais en pince les fers de derrière.

  3. Il désigne encore les Grosses pattes de devant de certains crustacés qui leur servent à saisir. Les pinces d’une écrevisse, d’un homard, etc.

  4. Il se dit en outre, surtout au pluriel, des Dents antérieures et centrales de la mâchoire de certains animaux. Ce cheval a mis bas les pinces, il a trois ans.

  5. Il se dit également, dans plusieurs Arts ou Métiers, de Certaines tenailles, les unes grosses, les autres petites, qui servent à différents usages. Les taillandiers, les serruriers ont de grosses pinces pour tenir leur ouvrage quand ils le mettent au feu. Les tapissiers se servent de fortes et lourdes pinces pour tendre les toiles et les étoffes qu’ils emploient. Les horlogers ont de petites pinces pour prendre et mettre en place des pièces légères.

  6. Il se dit, en termes d’Anatomie et de Chirurgie, d’instruments dont on se sert pour saisir ou fixer certaines choses. Pinces à pansements. Pinces à dissection.

  7. PINCE désigne aussi une Barre de fer aplatie et fendue par un bout, dont on se sert comme d’un levier. Lever une grosse pierre avec une pince.

  8. Pince-monseigneur. Voyez ce mot à son ordre alphabétique.

  9. PINCE se dit encore de l’Action de pincer, de saisir avec force. Cet instrument, cet outil n’a pas de pince, Ne saisit pas bien. Fam., Cet homme a la pince forte, la pince rude, Il tient avec vigueur ce qu’il a dans la main.

  10. En termes de Tailleur et de Couturière, il désigne un Pli qu’on fait à l’étoffe et qui se termine en pointe. Cette veste est trop large, il faut y faire une pince.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • pinces — pluriel — /pɛ̃sə/
  • pince — singulier — /pɛ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pince#47379.

pincé

nom, masculin, /pɛ̃se/

Grammaire et formes (2)
  • pincés — pluriel — /pɛ̃se/
  • pincé — singulier — /pɛ̃se/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pincé#47394.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.