pieux
adjectif, /pjø/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
adj.
Qui a de la piété. Substantivement.
Louis XIII rendit au ciel son âme juste et pieuse, et il parut que notre ministre était réservé au roi son fils — Bossuet (1627-1704)
Les trois pieuses Maries étant accourues dès le grand matin pour chercher leur bon maître [Jésus] dans ce lit de mort — Bossuet (1627-1704)
Qui a le caractère de la piété, en parlant des choses. Legs pieux, legs destiné à être employé en œuvres pies. Croyance pieuse, opinion qu'adoptent des personnes pieuses, bien qu'elle ne soit pas prescrite par la foi. Ironiquement, pieuse croyance, opinion peu éclairée. Substantivement. Le pieux, ce qui a le caractère de la piété.
Eh ! merci de ma vie ! il en irait bien mieux, Si tout se gouvernait par ses ordres pieux — Molière (1622-1673)
Ces pieux devoirs que l'on rend à sa mémoire, ces prières, ces expiations, ce sacrifice.... — Fléchier (1632-1710)
Qui tient à un sentiment d'amour filial, de compassion pour les malheureux, etc.
Toi, qui l'as honoré sur cette infâme rive D'une flamme pieuse autant comme chétive, Dis-moi quel bon démon a mis en ton pouvoir De rendre à ce héros ce funèbre devoir — Pierre Corneille (1606-1684)
Il était conduit par l'amour pieux qu'un fils doit à son père — Fénelon (1651-1715)
Étymologie : L'ancienne langue n'a pas pieux, dissyllabe ; elle a pif, piu en variantes, au régime, Sax. XXIV ; pius, au sujet et monosyllabe, Th. le mart. 157. Les autres exemples donnent ce mot toujours monosyllabe ; c'est donc la reproduction du latin pius : au nominatif, pius ou piex, au régime pif ou piu ; pius est traité comme deus, qui donne dieu monosyllabe. Le provençal a pios, pius. Pieux, de la langue moderne, vient ou d'une forme allongée de pie, ou plutôt d'un changement de prononciation dans cet ancien adjectif pius, piex.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
adj.
Qui a de la piété, qui est attaché aux croyances, aux devoirs et aux pratiques de la religion. Un homme pieux. Une femme pieuse. Une âme pieuse.
Il se dit aussi des Choses qui partent d’un esprit touché des sentiments de la religion. Pensée pieuse. Dessein pieux. Pieuse méditation. De pieux établissements. De pieuses largesses.
Legs pieux, Legs que l’on fait, pour être employé en oeuvres pies.
Croyance pieuse, Opinion qu’adoptent des personnes pieuses, quoiqu’elle ne soit pas prescrite par la foi. C’était une croyance pieuse de quelques Pères, qu’Adam était enterré sous la montagne du Calvaire.
Fam. et par ironie, Pieuse croyance, Opinion peu éclairée. Je le laissai dans sa pieuse croyance.
PIEUX se dit, par extension, des Choses qui tiennent à la piété filiale et à certains autres sentiments humains de vénération. Ses soins pieux ont prolongé la vie de son père. On l’entourait avec un pieux respect. J’ai conservé un pieux souvenir de ses vertus, de ses bienfaits.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (3)
- pieux — masculin — /pjø/
- pieuses — pluriel féminin — /pjøzə/
- pieuse — singulier féminin — /pjøzə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pieux#47272.