physique

physique

adjectif, /fizikə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (11 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Qui se rapporte aux conditions, aux lois de la nature. Phénomènes physiques, ceux qui ont lieu entre les corps visibles, à des distances appréciables, et qui n'en changent pas les caractères. Propriétés physiques, qualités naturelles des corps qui sont perceptibles aux sens, telles que l'état solide, liquide ou gazeux, la forme, la couleur, l'odeur, la saveur, la densité, etc. Sciences physiques, celles qui étudient les caractères naturels des corps, les forces qui agissent sur eux et les phénomènes qui en résultent. Loi physique d'un phénomène, détermination exacte des conditions de son accomplissement. Point physique, se dit par opposition à point mathématique (voy. POINT).

    L'aveuglement de ceux qui apportent la seule autorité pour preuve dans les matières physiques, au lieu du raisonnement ou des expériences — Pascal (1623-1662)

  2. Qui ne s'élève pas au-dessus des conditions matérielles de l'organisation. Plaisirs physiques, plaisirs de l'union des sexes. En ce sens, Maupertuis a intitulé Vénus physique un livre sur la génération (1745).

    Le sacrifice humain dut s'abolir le premier, parce qu'il appartenait à l'état de nature, où l'homme est presque tout physique — Chateaubriand (1768-1848)

  3. Qui est effectif, réel, par opposition à moral. J'en ai la certitude morale, mais non la certitude physique. L'impossibilité physique.

  4. S. f. Dans un sens général et ancien, la physique, connaissance de toute la nature matérielle ; c'est le sens de Descartes et de ses élèves Rohault et Régis.

    Comme dans la physique les expériences ont bien plus de force pour persuader que les raisonnements — Pascal (1623-1662)

    Je sais combien il y a de différence entre écrire un mot à l'aventure.... et apercevoir dans ce mot une suite admirable de conséquences.... et en faire le principe ferme et soutenu d'une physique entière, comme Descartes a prétendu le faire — Pascal (1623-1662)

  5. Physique, dans le sens spécial, c'est-à-dire séparée de la chimie, science du mouvement et des actions réciproques des corps, en tant que ces actions ne sont pas de composition et de décomposition, ce qui est le propre de la chimie. Physique moléculaire, celle qui s'occupe de la cohésion et des rapports de situation et de mouvement des atomes.

    Ce livre [les Principes mathématiques], où la plus profonde géométrie sert de base à une physique toute nouvelle.... — Fontenelle (1657-1757)

    Comme l'alliance de la géométrie et de la physique fait la plus grande utilité de la géométrie et toute la solidité de la physique — Fontenelle (1657-1757)

  6. Physique, traité de physique (avec majuscule). La Physique de Nollet.

  7. Classe où l'on enseigne la physique. Il fait sa physique.

  8. Conditions physiques qui président à l'existence des végétaux et des animaux.

    Une connaissance approfondie de la physique des végétaux doit être la première étude d'un philosophe qui aspire à rendre les végétaux plus utiles — Condorcet (1743-1794)

  9. S. m. Le physique, l'ensemble de l'apparence extérieure de l'homme. Un beau physique. Par analogie, il se dit d'autres objets que l'homme. Ensemble des dispositions anatomiques intérieures, par opposition au moral, qui exprime l'ensemble des actions de l'âme. Le physique influe beaucoup sur le moral.

    Ces lois doivent être relatives au physique du pays — Montesquieu (1689-1755)

    Si le physique va trop bien, le moral se corrompt — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  10. Ce qu'il y a de physique, de matériel.

    Considérons-nous nous-mêmes, et analysons un peu le physique de nos actions — Buffon (1707-1788)

    Les anciens n'ont peint de l'amour que le physique — Marmontel (1723-1799)

  11. Dans le moyen âge, la physique, la médecine.

Étymologie : Provenç. phesic, phesica ; esp. et ital. fisico ; du lat. physicus ; grec, φυσιϰὸς, de φύσις, nature, φύειν, produire, radical φυ, latin fu qui est dans fui, je fus ; sanscrit, bhū.

Historique : XIIIe s. Phisique est une science par le [la] quele on connoist toutes les manieres du cors de l'homme, et par le quele on garde le [la] santé du cors et remue les maladies Vos savez tant de la fuisie [médecine], Bien me guerriez d'idropisie XIVe s. Apprens physique, et voy encores Le livre generacion Et celuy de corruption

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • physiques — pluriel — /fizikə/
  • physique — singulier — /fizikə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée physique#47119.

physique

nom, /fizikə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (8 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Science qui observe et groupe les phénomènes du monde matériel, en vue de dégager les lois qui les régissent. Les recherches sur la constitution de l’atome appartiennent à la fois à la physique et à la chimie. Physique mathématique. Physique expérimentale. Faire des expériences de physique. Suivre un cours de physique.

  2. Il se dit aussi de Certains ouvrages qui traitent de cette science. La Physique de Nollet. La Physique de Biot.

  3. Il se dit, dans un sens plus général, de l’étude de la nature. La physique d’Aristote. La physique d’Albert le Grand.

  4. PHYSIQUE est aussi adjectif des deux genres et signifie Qui est de l’ordre de la nature, qui appartient à la matière. Mouvement physique. Cause physique. Effet physique. Phénomènes physiques. Propriétés physiques. Le monde physique. La géographie physique.

  5. Sciences physiques, Celles qui étudient la nature et les propriétés des corps.

  6. PHYSIQUE s’emploie quelquefois par opposition à Moral et signifie Matériel. J’en ai la certitude morale, mais non la certitude physique. Il y a impossibilité morale et impossibilité physique à ce qu’un pareil événement ait eu lieu.

  7. Il signifie aussi Qui se rapporte au corps de l’homme. Exercices physiques. Qualités physiques. Substantivement, Le physique influe beaucoup sur le moral.

  8. Il se dit encore de la Figure, de l’apparence extérieure de l’homme. Un physique agréable. Il a le physique de l’emploi se dit, au Théâtre, d’un Acteur qui a une figure, un extérieur convenable à son rôle. Il se dit aussi familièrement d’un Homme dont l’extérieur répond bien aux fonctions qu’il exerce.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • physiques — pluriel — /fizikə/
  • physique — singulier — /fizikə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée physique#47118.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.