physionomie

physionomie

nom, féminin, /fizjɔnɔmi/ ou /fizjonomi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. L'air, les traits du visage. Physionomie heureuse, résultat de tous les traits d'une personne, qui prévient en faveur de son caractère. Mauvaise physionomie, physionomie qui annonce la méchanceté.

    On ne peut faire une bonne physionomie qu'en accordant toutes nos contrariétés — Pascal (1623-1662)

    S'il [un jeune homme de bonne figure disant des sottises] m'eût donne des coups de massue sur la tête, il ne m'aurait pas plus affligée ; je jurai de ne me plus fier aux physionomies — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Absolument. Certain air de vivacité et d'agrément répandu habituellement sur le visage. Il se dit aussi des animaux.

    Jamais aucun visage de femme n'a tant mérité que le sien, qu'on se servît de ce terme de physionomie pour le définir et pour exprimer tout ce qu'on en pensait en bien — Marivaux (1688-1763)

    On croit que la physionomie n'est qu'un simple développement de traits déjà marqués par la nature ; pour moi, je penserais qu'outre ce développement, les traits du visage d'un homme viennent insensiblement à se former et à prendre de la physionomie par l'impression fréquente et habituelle de certaines affections de l'âme — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Aspect particulier qui, pour chaque être vivant, résulte de l'ensemble de ses parties tant intérieures qu'extérieures.

    Ce qu'on peut appeler la physionomie dans tous les êtres vivants, dépend de l'aspect que leur tête présente lorsqu'on les regarde de face — Buffon (1707-1788)

  4. Fig. Caractère qui distingue certaines choses de toutes les autres. Ce pays a une physionomie particulière.

  5. Art de juger, par les traits du visage, quel est le caractère d'une personne.

    Ou toutes les règles de la métoposcopie et de la physionomie sont fausses, ou il devait être pendu — Hauteroche (1617-1707)

Étymologie : Altération de physiognomonie ; prov. phizonomia ; esp. et ital. fisonomia.

Historique : XIIIe s. Il ont moult de sages d'un art que l'on appelle phisonomie : c'est de cognoistre les personnes, de quelle maniere et de quelle qualité elles sont XIVe s. Celle [une devineresse] perceut sa chiere [la face de Bertrand] et ses mains regarda, La maniere de lui, et très bien l'avisa, Et sa phizonomie très bien considera XIVe s. Or, me plaist de viser, et raison m'y instruit, la phinozomie et personne du susdit noble sage prince Si veit [elle vit] que sa philozomie donnoit à cognoistre que.... XVIe s. Bon cueur, bon corps, bonne phizionomie, Boire matin, fuïr noise et tanson

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Les traits, l’expression du visage. Il a une belle physionomie, une physionomie ouverte. Physionomie avantageuse, heureuse, agréable, prévenante, spirituelle. Physionomie noble. Avoir la physionomie d’un honnête homme. Les physionomies sont trompeuses. Sa physionomie s’est tout à coup rembrunie. Sa physionomie est mobile.

  2. Il se dit quelquefois absolument d’un Certain air de vivacité et d’agrément répandu habituellement sur le visage et indépendant de la forme des traits. Cette femme n’a pas une beauté régulière, mais elle a de la physionomie.

  3. Il s’emploie figurément et se dit du Caractère de certaines choses, de ce qui les distingue des autres choses de même nature. Chaque peuple a sa physionomie. Les événements de ce siècle ont une physionomie particulière.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • physionomies — pluriel — /fizjɔnɔmi/ ou /fizjonomi/
  • physionomie — singulier — /fizjɔnɔmi/ ou /fizjonomi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée physionomie#47108.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.