s. f.
Assemblage de mots formant un sens complet, distingué de la proposition en ce que la phrase est surtout considérée grammaticalement, et la proposition, logiquement. Phrase faite, façon de parler consacrée par l'usage. Un commis à la phrase, censeur. Fig. Varier la phrase, ne pas faire exactement la même chose.
On proposa une distribution des meilleurs auteurs à tous les académiciens, pour en tirer les phrases et les élégances de la langue — Pellisson (1624-1693)
De quel front aujourd'hui vient-il, sur nos brisées, Se revêtir encor de nos phrases usées ? — Boileau (1636-1711)
Particulièrement, des phrases, de grandes phrases, des paroles emphatiques, affectées. Un faiseur de phrases. Faire des phrases, signifie aussi : parler beaucoup et ne rien faire d'effectif.
Un discours ferme et serré, sans aucun lieu commun, sans épithète, sans ce que nous appelons des phrases — Voltaire (1694-1778)
Vous savez penser ; les autres font des phrases ; ils sont tous les élèves du père Nicodème, qui disait à Jeannot : Fais des phrases, Jeannot, ma douleur t'en conjure — Voltaire (1694-1778)
Se dit de la tournure d'écrire particulière à une langue. La phrase grecque a de l'harmonie, la phrase latine a de la majesté.
Phrase botanique, description d'une plante qui en présente tous les caractères dans une phrase très courte.
Par analogie, phrase musicale, suite de sons musicaux avec un arrêt ou repos après le dernier, présentant à l'oreille un rhythme semblable à celui d'une phrase parlée. La phrase est plus courte que la mélodie.
Phrase, fragment de mélodie qui a ordinairement pour fragment correspondant une autre phrase d'un nombre égal de mesures, de même rhythme et de même caractère, — François-Joseph Fétis (1784-1871)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).