philosophie
nom, féminin, /filɔzɔfi/ ou /filozofi/
Définitions
Discipline qui étudie, par la réflexion rationnelle, les questions fondamentales de l'existence, de la connaissance et de la morale.
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Doctrine, système de pensée propre à un auteur, une école ou une époque.
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Ensemble des idées générales, des principes qui sous-tendent un domaine, une œuvre ou un projet.
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Attitude de recul et de sérénité avec laquelle on accepte les événements de la vie.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens) — Académie 1935 (10 sens)
Littré (1873)
s. f.
Étude des principes et des causes, ou système des notions générales sur l'ensemble des choses. Philosophie première, s'est dit, dans l'école péripatéticienne, de la partie qui depuis a été appelée métaphysique.
Je ne dirai rien de la philosophie, sinon que, voyant qu'elle a été cultivée par les plus excellents esprits qui aient vécu depuis plusieurs siècles, et que néanmoins il ne s'y trouve encore aucune chose dont on ne dispute et par conséquent qui ne soit douteuse, je n'avais point assez de présomption pour espérer d'y rencontrer mieux que les autres — Descartes (1596-1650)
Ces neuf années s'écoulèrent avant que j'eusse pris aucun parti touchant les difficultés qui ont coutume d'être disputées entre les doctes, ni commencé à chercher les fondements d'aucune philosophie plus certaine que la vulgaire — Descartes (1596-1650)
Système particulier de philosophie.
Jamais philosophie ne fut moins entendue et plus calomniée que celle d'Épicure — Diderot (1713-1784)
Le défaut de la philosophie d'Aristote était d'employer comme causes tous les effets particuliers ; celui de Descartes est de ne vouloir employer comme causes qu'un petit nombre d'effets généraux, en donnant l'exclusion à tout le reste ; il me semble que la philosophie sans défaut serait celle où l'on n'emploierait pour causes que des effets généraux, mais où l'on chercherait en même temps à en augmenter le nombre, en tâchant de généraliser les effets particuliers — Buffon (1707-1788)
Philosophie naturelle, par opposition à philosophie morale, ensemble des sciences astronomique, physique, chimique et biologique. Philosophie corpusculaire, synonyme de philosophie mécanique (voy. MÉCANIQUE, n° 2).
Il faut dire en gros : cela se fait par figure et mouvement.... mais de dire quels.... cela est ridicule... et, quand cela serait vrai, nous n'estimons que toute la philosophie vaille une heure de peine — Pascal (1623-1662)
La mort de Tycho mit Kepler en possession de la collection précieuse de ses observations ; et il en fit l'emploi le plus utile, en fondant sur elles trois des plus importantes découvertes que l'on ait faites dans la philosophie naturelle — LA PLACE
Système des idées générales qui appartiennent à une science, à un art. La philosophie de la chimie, de l'art de la guerre. Philosophie de l'histoire, théorie des faits historiques telle qu'elle fasse saisir l'enchaînement des phases de la civilisation et des époques du genre humain. Nom donné à des ouvrages composés sur la philosophie d'une science (avec une majuscule). La Philosophie de la botanique.
Nous tâchâmes, dans un discours préliminaire [à l'Essai sur les mœurs] qu'on intitula philosophie de l'histoire, de démêler comment naquirent les principales opinions qui unirent des sociétés, qui ensuite les divisèrent, qui en armèrent plusieurs les unes contre les autres ; nous cherchâmes toutes ces origines dans la nature, elles ne pouvaient être ailleurs — Voltaire (1694-1778)
La philosophie de l'histoire néglige les changements eux-mêmes, et ne voit que le fait général de la mobilité humaine dont ils sont la manifestation ; elle cherche la cause et la loi de cette mobilité — JOUFFROY
Cours de philosophie qui se fait dans les colléges. Professeur de philosophie. La classe où l'on enseigne la philosophie. Faire sa philosophie.
Quand il fut en philosophie, il prit peu de goût pour celle qu'on lui enseignait ; il n'y trouvait point la nature qu'il se plaisait tant à observer, mais des idées vagues et abstraites, qui se jettent, pour ainsi dire, à côté des choses, et n'y touchent point — Fontenelle (1657-1757)
Nom donné aux doctrines d'un certain nombre de penseurs du XVIIIe siècle qui attaquaient les opinions traditionnelles en religion et en politique.
Une affreuse philosophie se répand en secret — Massillon (1663-1742)
La superstition met le monde en flammes ; la philosophie les éteint — Voltaire (1694-1778)
Étude de la société et de la morale.
Un ministre.... étant appelé au gouvernement en ces temps fâcheux.... doit passer de la philosophie des paroles à celle des actions — Guez de Balzac (1597-1654)
Écoutons donc la philosophie qui prêche dans le désert une petite troupe d'auditeurs qu'elle a choisis, parce qu'ils savaient déjà une bonne partie de ce qu'elle peut leur apprendre — Fontenelle (1657-1757)
Fermeté et élévation d'esprit par laquelle on se met au-dessus des événements et des préjugés. Philosophie païenne ou naturelle, philosophie fondée sur les lumières naturelles. Philosophie chrétienne, philosophie fondée sur les croyances du christianisme. Philosophie naturelle, se dit aussi d'un certain caractère naturel de raison, de modération et de force d'âme.
La philosophie triomphe aisément des maux passés et des maux à venir ; mais les maux présents triomphent d'elle — La Rochefoucauld (1613-1680)
Et, comme vous dites, ma belle, toutes les philosophies ne sont bonnes que quand on n'en a que faire — Mme de Sévigné (1626-1696)
Système particulier qu'on se fait pour la conduite de la vie. Sa philosophie consiste à ne se tourmenter de rien.
Est-il permis de s'abandonner à une philosophie sauvage, de se préférer à tout le reste du genre humain ? — Fénelon (1651-1715)
Il est bon d'être philosophe, mais il est triste d'être toujours oblige de se servir de sa philosophie — Voltaire (1694-1778)
Terme d'imprimerie. Caractère de dix points entre le cicero et le petit romain.
Étymologie : Prov. philosophia ; esp. et ital. filosofia ; du grec φιλοσοφία (voy. PHILOSOPHE).
Historique : XIIIe s. Philosophie est verais encerchemenz des choses naturels et des divines et des humaines, tant comme à homme est pooir d'entendre Ki de cest siecle se consire [se sépare], Il est de l'autre rois et sire ; C'est la vraie phylosophye Elle [la théologie] laisse la droite clergie, Et tourne à la philosophie XIVe s. Car, selonc la philosophie, Gentilleche [noblesse] ne senefie Fors que bien ouvrer et bien faire
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Recherche de la vérité, des principes et des fins des choses; étude de la nature et de la morale. étudier la philosophie. Les principes de la philosophie. Enseigner la philosophie. Agiter des questions de philosophie.
Il se dit aussi d’une Doctrine ou d’un système. La philosophie des platoniciens, des péripatéticiens, des épicuriens, des stoïciens, etc. La philosophie de Platon, d’Aristote. La philosophie de Descartes, de Gassendi, de Newton. La philosophie scolastique. La philosophie du dix-huitième siècle. La philosophie ancienne. La philosophie moderne. Par extension, La philosophie de Molière, de Corneille, d’Alfred de Vigny.
Il se dit également d’un Système de principes que l’on établit ou que l’on suppose pour expliquer un certain ordre d’effets naturels. Philosophie corpusculaire. Philosophie mécanique. D’une manière plus générale, Philosophie naturelle, Celle qui s’applique à l’étude des sciences et à l’observation de la nature. Avoir une philosophie. La philosophie première.
Il se dit encore d’un Système d’idées générales que l’on cherche à dégager de l’étude d’une science, d’un art. Il y a une philosophie de la chimie, une philosophie de la physique. La philosophie de l’histoire, Les faits historiques considérés dans leur généralité et leur enchaînement.
Il se dit en outre d’Ouvrages composés sur quelque science, sur quelque art en particulier, et qui en renferment les vérités premières, les principes fondamentaux. La Philosophie de la botanique. La Philosophie de la chimie. La Philosophie de l’art de la guerre.
PHILOSOPHIE se dit aussi de l’Enseignement que l’on fait sous ce nom dans les collèges. Faire son cours de philosophie. Professeur de philosophie. Traité de philosophie. Questions, interrogations de philosophie.
Il se dit absolument de la Classe où se fait cet enseignement. Faire sa philosophie. être en philosophie.
PHILOSOPHIE se dit aussi d’une Certaine fermeté et élévation d’esprit, par laquelle on se met au-dessus des intérêts individuels, des accidents de la vie et des fausses opinions du vulgaire. Il n’y a point de philosophie à l’épreuve d’un événement si cruel. Il méprise par philosophie les honneurs que recherchent la plupart des hommes. Il apprit avec beaucoup de philosophie la nouvelle de la perte de sa fortune. Voilà de quoi exercer sa philosophie. Il a montré beaucoup de philosophie dans cette circonstance.
Philosophie naturelle se dit aussi d’un Certain caractère naturel de raison, de modération et de force d’âme. Cet homme n’a point reçu d’éducation, mais il est doué d’une sorte de philosophie naturelle.
PHILOSOPHIE se dit aussi du Système particulier qu’on se fait pour la conduite de la vie. Sa philosophie consiste à ne se tourmenter de rien. Jouir du présent sans s’occuper de l’avenir, voilà sa philosophie. Il mène une vie douce et tranquille; c’est le fruit, le résultat de sa philosophie. Savoir se contenter de peu, c’est la bonne philosophie.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- philosophies — pluriel — /filɔzɔfi/ ou /filozofi/
- philosophie — singulier — /filɔzɔfi/ ou /filozofi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée philosophie#46873.