peur

peur

nom, féminin, /pœʁ/

Définitions

  1. Émotion ressentie face à un danger réel ou supposé.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (14 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Passion pénible qu'excite en nous ce qui paraît dangereux, menaçant, surnaturel. N'avoir que la peur, en être quitte pour la peur, n'éprouver pas le mal que l'on redoutait. Je lui ferai la moitié de la peur, c'est-à-dire je ne le crains pas, je lui rends menace pour menace. Avoir peur de son ombre, être très craintif, très poltron. Par exagération. Mourir de peur, craindre extrêmement. Je mourais de peur que cela n'arrivât.

    Nos prières sont ouïes, Tout est réconcilié ; Nos peurs sont évanouies — Malherbe (1555-1628)

    Es-tu si las de vivre ? - As-tu peur de mourir ? — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Divinité qui avait des autels en Grèce et à Rome (avec une majuscule en ce sens).

    Il [Alexandre] immola secrètement des victimes à la Peur : il invoqua Jupiter, Minerve et la Victoire — CONDIL.

  3. Peur se dit, par exagération, en des cas où il s'agit non de péril, mais de ce qui nuit, de ce qui est désagréable, de ce qui inquiète, etc. J'ai eu peur de vous déranger. Faire peur de quelqu'un, faire croire que quelqu'un peut nous nuire, nous faire du mal. Faire peur de quelque chose, menacer de quelque chose. Faire peur, se dit de quelqu'un dont la physionomie s'est beaucoup altérée. Elle est changée à faire peur. Familièrement. Être mis à faire peur, être vêtu d'une manière bizarre et ridicule. Faire peur, se dit d'une personne très laide. Faire peur aux petits enfants, se dit de celui qui excite de vaines terreurs. Faire peur à quelqu'un, lui causer une peur, en sortant subitement d'une cachette, ou de toute autre façon. Faire plus de peur que de mal, se dit de ceux qui sont plus redoutables en apparence qu'en réalité. Absolument. Avoir peur, éprouver une certaine peur, une certaine inquiétude.

    Julie, on nous renferme, on a peur de nos larmes — Pierre Corneille (1606-1684)

    Est-ce là tout ? dit-il, vous m'avez fait peur — Pascal (1623-1662)

  4. De peur, loc. adv. Par l'effet de la peur. Il a consenti de peur.

  5. De peur de, loc. prép. En craignant que. Molière a dit elliptiquement peur, ce qui était blâmé par Vaugelas :

    Je me vaincrai pourtant, non de peur d'aucun blâme, Mais pour ne troubler pas une si belle flamme — Pierre Corneille (1606-1684)

    Il faut rire avant que d'être heureux, de peur de mourir sans avoir ri — La Bruyère (1645-1696)

  6. De peur que, loc. conj. avec le subjonctif, en craignant que.

    [Chez les Perses] on y marquait [sur un registre] les services que chacun avait rendus, de peur qu'à la honte du prince et au grand malheur de l'Etat ils ne demeurassent sans récompense — Bossuet (1627-1704)

Étymologie : Wallon, pawou ; bourg. pô ; provenç. pavor, paor ; anc. catal. paor ; cat. mod. por, pavor ; espagn. et portug. pavor ; du lat. pavorem. Dans l'ancienne langue, paor, peor, pour est toujours dissyllabique.

Historique : XIe s. Nen ont poür ne de murir doutance XIIe s. En amer [aimer] gist hardemenz et paors Plus ont poor de mort que n'aient de prison ....L'enfant jesu.... Que li angles del ciel fist en Egipte aler, Pur la poür d'Erode XIIIe s. Quant li empereres Kyrsac oï que ses fils estoit pris et Morchufles couronnés, si ot grant peour de lui, et li prist une maladie dont il morut Il n'i ot si hardi qui i osast aler, pour paour de sa vie Certes, fet-il, je me gabai ; Ce fis-ge por vos peor fere Poor est tremblement de pensée por cause de perill qui est present ou qui est à venir XIVe s. Aucuns maulx sont l…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Crainte, frayeur, émotion pénible produite par l’idée ou la vue d’un danger. Avoir peur. Il eut grand-peur. Il eut une belle peur. Faire peur à quelqu’un. Je lui en ai fait la peur. Il lui fit peur des suites qu’aurait son action. Il n’en a eu que la peur. Quitte pour la peur. Il a eu plus de peur que de mal. La peur de la mort. Il a peur de tout. Il n’a peur de rien. C’est un homme qui ne connaît pas la peur. Les anciens avaient élevé des autels à la Peur.

  2. Fig. et fam., Une peur bleue, Une grande peur.

  3. Fig. et par exagération, Mourir de peur, Craindre beaucoup. Je meurs de peur qu’il ne lui arrive quelque accident.

  4. Fig., Il a peur de son ombre, Les moindres choses lui font peur.

  5. Fig. et fam., être laid à faire peur, être excessivement laid. être habillé, mis à faire peur, être vêtu d’une manière bizarre et ridicule.

  6. Prov., La peur grossit les objets, On s’exagère ce qu’on craint.

  7. Prov., On ne guérit pas de la peur, Les impressions que fait la crainte sur une personne timide ne peuvent s’effacer, quelque vaine qu’en soit la cause.

  8. PEUR s’emploie avec un sens très atténué dans un grand nombre de phrases où il est clair qu’il ne s’agit pas d’une peur véritable. J’ai peur de vous ennuyer. Il a eu peur de vous déplaire, etc.

  9. DE PEUR DE

  10. loc. prép.

  11. Par crainte de. Il ne sort jamais la nuit, de peur des voleurs, de peur d’être attaqué.

  12. DE PEUR QUE

  13. loc. conj.

  14. Dans la crainte que, pour éviter que. Cachez-lui votre dessein, de peur qu’il n’y mette obstacle.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • peurs — pluriel — /pœʁ/
  • peur — singulier — /pœʁ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée peur#46741.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.