peste

peste

nom, féminin, /pɛstə/

Définitions

  1. Maladie infectieuse grave et très contagieuse, provoquée par une bactérie.

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  2. Chose ou personne considérée comme extrêmement nuisible ou dangereuse.

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  3. Personne malicieuse et turbulente, notamment un enfant.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (9 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Il se dit, en général, de graves maladies contagieuses ou épidémiques. La fièvre jaune est une peste originaire d'Amérique. Peste d'Athènes, maladie fébrile très grave qui sévit à Athènes d'une manière effroyable pendant la guerre du Péloponnèse, dans le Ve siècle avant l'ère chrétienne ; elle était caractérisée par une éruption. Peste antonine, maladie fébrile qui sévit dans l'empire romain, et particulièrement à Rome, sous l'empire d'Antonin ; les ravages en furent affreux. Peste bovine, maladie très contagieuse qui attaque l'espèce bovine et qui cause de très grands ravages. Par extension.

    Le Seigneur envoya la peste dans Israël, depuis le matin de ce jour-là jusqu'au temps arrêté ; et depuis Dan jusqu'à Bersabée il mourut du peuple soixante et dix mille personnes — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Vois combien de serpents, à mon commandement, D'Afrique jusqu'ici n'ont tardé qu'un moment, Et, contraints d'obéir à mes clameurs funestes, Ont, sur ce don fatal, vomi toutes leurs pestes — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Particulièrement, en termes de médecine, maladie fébrile, généralement contagieuse, endémique dans le Levant, souvent épidémique, caractérisée par des bubons et des anthrax. Peste noire, la plus formidable épidémie dont l'histoire ait conservé le souvenir, et qui régna dans le milieu du XIVe siècle ; c'était une vraie peste. Fuir quelqu'un ou quelque chose comme la peste, s'en écarter le plus possible. Fig. et familièrement. Dire peste et rage de quelqu'un, en dire tout le mal possible.

    M. Musnier, de Gênes, m'a écrit que la peste a été si grande à Naples, qu'il y est mort, outre une infinité de monde, quarante-quatre médecins — Gui Patin (1601-1672)

    Un mal qui répand la terreur, Mal que le ciel en sa fureur Inventa pour punir les crimes de la terre, La peste (puisqu'il faut l'appeler par son nom) — La Fontaine (1621-1695)

  3. Fig. Chose pernicieuse, funeste, qui corrompt le cœur ou l'esprit.

    La Discorde aux crins de couleuvre, Peste fatale aux potentats — Malherbe (1555-1628)

    Tous les livres semblables [à ceux d'Escobar, de Sanchez, etc.] que Nos seigneurs les évêques appellent la peste des consciences — Pascal (1623-1662)

  4. Il se dit aussi des personnes qui peuvent faire beaucoup de mal. Il se dit aussi des animaux nuisibles ou incommodes. Les loirs sont la peste des jardins. Familièrement et par exagération. C'est une méchante peste, se dit d'un méchant petit garçon, d'une jeune fille très malicieuse. Des pestes de.... des gens très désagréables.

    Il ne manquait pas de flatteurs, peste fatale qui renverse plus d'États que les armes des ennemis — Vaugelas (1585-1650)

    Quelques gens d'Israël qui étaient des hommes couverts d'iniquité, et comme des pestes publiques — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

  5. Adj. C'est un petit peste, se dit d'un petit garçon qui est malicieux. Il est un peu peste, elle est un peu peste, se dit d'un homme, d'une femme qui a de la malice, de la malignité. L'emploi de peste comme adjectif a vieilli.

    Qui se sent prude et précieuse, Pour toujours est en sûreté ; Et fût-elle peste et rieuse, Les rieurs sont de son côté — Mlle DE LA VIGNE

  6. Par imprécation. La peste soit le.... Peste soit le.... La peste soit fait le.... La peste m'étouffe !

    La peste du.... Peste soit du.... La peste Soit du causeur ! — Molière (1622-1673)

    Peste soit des carognes qui me laissent dans l'inquiétude ! — Molière (1622-1673)

  7. Par exclamation, peste ou la peste !

    Peste ! où prend mon esprit toutes ces gentillesses ? — Molière (1622-1673)

    Peste ! comme l'utilité vous a bientôt rapproché les distances ! — Beaumarchais (1732-1799)

Étymologie : Wallon, pest ; du latin pestis, fléau en général, et, particulièrement, maladie dangereuse et commune à beaucoup. Corssen, Beitr. p. 396, pense que pestis est pour perdtis, de perdere, perdre, ruiner.

Historique : XVIe s. Il se leva à Rome une peste si violente, que les hommes en mouroient tout subitement Il s'alla accointer de Curio, l'amitié et acointance duquel luy fut une peste La peste n'est pas tousjours d'une mesme sorte : qui a esté cause que l'on lui a donné divers noms, à sçavoir fieuvre pestilente, caquesangue, coqueluche, suette, trousse-galant, bosse, charbon, pourpre et autres Remede contre.la peste par art : fuir tost et loing, retourner tard

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Maladie épidémique, contagieuse, qui produit des bubons, des exanthèmes, etc., et qui cause une grande mortalité. être frappé de la peste. Mourir de la peste. Avoir la peste. Gagner la peste. Communiquer la peste. En temps de peste. Sérum contre la peste. La peste se mit dans l’armée.

  2. La peste noire, Terrible épidémie qui sévit sur une grande partie du monde, vers le milieu du quatorzième siècle.

  3. Fig. et fam., On le fuit comme la peste, On l’évite avec un grand soin, on fait tout ce qu’on peut pour l’éviter.

  4. Peste bovine, Maladie infectieuse et contagieuse qui sévit sur les bêtes à cornes.

  5. PESTE se dit, figurément, de Certaines choses pernicieuses et funestes qui corrompent les coeurs ou les esprits. Cette doctrine est une peste dont on doit prévenir les ravages. La discorde est la peste des états.

  6. Il se dit aussi des Personnes dont le rôle est funeste, dont la fréquentation est pernicieuse. Cet homme est une peste. Cette femme est une peste. C’est une méchante peste. Les flatteurs, peste fatale aux rois et aux peuples. Peste de cour.

  7. Fam., C’est une petite peste, se dit d’un Enfant terrible, fille ou garçon.

  8. PESTE se dit quelquefois par une sorte d’imprécation. Peste de l’étourdi! La peste soit de l’ignorant!

  9. PESTE est aussi une sorte d’interjection familière. Peste! Peste, que cela est beau! Peste, qu’il fait froid! Dans ces deux dernières acceptions, il vieillit et n’est plus guère employé que par affectation d’archaïsme.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • pestes — pluriel — /pɛstə/
  • peste — singulier — /pɛstə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée peste#46702.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.