pesanteur
nom, féminin, /pəzɑ̃tœʁ/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)
Littré (1873)
s. f.
Qualité de ce qui est pesant.
La pesanteur naturelle du corps ne nous pousse pas si naturellement vers la terre que le péché dans l'enfer — Bossuet (1627-1704)
Les anciens avaient soupçonné la pesanteur de l'air ; Torricelli et Pascal l'ont démontrée — Marmontel (1723-1799)
Terme de physique. La tendance de tous les corps à tomber vers le centre de la terre. Pesanteur universelle ou attraction, tendance de tous les corps planétaires les uns vers les autres. Pesanteur spécifique, voy. SPÉCIFIQUE.
On ne sait point en quoi consiste la pesanteur, et M. Newton lui-même l'a ignoré — Fontenelle (1657-1757)
Newton découvrit cette vérité si admirable et si inconnue jusqu'à lui, que la même force qui opère la pesanteur sur la terre fait tourner les globes célestes dans leurs orbites — Voltaire (1694-1778)
Impression que fait un corps grave par sa chute ou par son choc. Il resta étourdi de la pesanteur de sa chute.
La pesanteur du coup souvent nous étourdit — Pierre Corneille (1606-1684)
C'était vous-même, Seigneur, qui.... faisiez sentir.... à votre fils unique la pesanteur de votre bras — Bourdaloue (1632-1704)
Malaise en quelque partie du corps, comparé à une sorte de poids. Pesanteur de tête, d'estomac.
Je me sentis même une assez grande difficulté de respirer, enfin des pesanteurs et un accablement total — Marivaux (1688-1763)
Cependant il [Socrate] continuait à se promener [après avoir pris la ciguë] ; dès qu'il sentit de la pesanteur dans ses jambes, il se mit sur son lit, et s'enveloppa de son manteau — Jean-Jacques Barthélemy (1716-1795)
Lenteur, défaut d'activité et de célérité. Fig.
Quand l'âme se trouve dans les pesanteurs et dans les assoupissements — Guez de Balzac (1597-1654)
Mon cher oncle avait quatre-vingts ans ; il était accablé de la pesanteur de cet âge — Mme de Sévigné (1626-1696)
Fig. Défaut de légèreté, de vivacité, de pénétration. La pesanteur du style. La pesanteur d'esprit.
Pour la triste ville où je suis, C'est le séjour de l'ignorance, De la pesanteur, des ennuis, De la stupide indifférence — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Pesant.
Historique : XIIe s. La terre od [avec] sa grant pesantur, [Dieu] Funda de lung et de laece [largeur] XIIIe s. Li firmamenz court de orient en occident si roidement, que sa pesantor et sa grandor feroient tout tressaillir, se ne fussent les sept planetes La premiere sentence est de grignor [plus grande] pesantor [poids, importance] XVe s. Et aussi la grande pesanteur des gens d'armes.... les faisoit ployer et rompre XVIe s. La pesanteur des maulx dont il se sentoit accablé Ayant assez longtemps apprehendé la pesanteur de l'histoire et redouté ce labeur.... L'empereur, par quelque pesanteur que les Allemans…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Qualité de ce qui a du poids. La pesanteur des corps. Le baromètre fait connaître la pesanteur de l’air. L’accélération de la pesanteur.
Il signifie aussi Caractère de ce qui a un grand poids. La pesanteur de ce manteau me fatigue. Il est accablé par la pesanteur de son fardeau.
Fig., Il lui a fait sentir la pesanteur de son bras, Il lui a donné un coup violent.
PESANTEUR se dit encore de Certains malaises qui font sentir comme un poids dans quelque partie du corps. Avoir une grande pesanteur de tête. Une pesanteur d’estomac. Il sent une grande pesanteur dans le bras. Il sent de la pesanteur par tout le corps, par tous les membres.
Il signifie quelquefois Lenteur, défaut d’activité et de célérité. Cet homme, que j’ai vu si agile, est aujourd’hui d’une incroyable pesanteur. La pesanteur de sa marche. Ce cheval a trop de pesanteur pour être employé comme cheval de selle.
Il se dit figurément en parlant de l’Esprit et signifie Lenteur, défaut de pénétration, de vivacité, de légèreté, de grâce. Avoir une grande pesanteur d’esprit, de la pesanteur dans l’esprit. La pesanteur de son esprit l’empêche de saisir promptement ce qu’on lui dit.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- pesanteurs — pluriel — /pəzɑ̃tœʁ/
- pesanteur — singulier — /pəzɑ̃tœʁ/
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