pertuis

pertuis

nom, masculin, /pɛʁtɥi/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Trou, vide qu'on fait en perçant, forant.

    Dans le pertuis mettant un long cornet — La Fontaine (1621-1695)

  2. Trou d'une filière. Terme de serrurier. L'ouverture qui est au panneton d'une clef.

  3. Trou par où se perd l'eau d'un bassin, d'une fontaine, d'un réservoir.

  4. Ouverture pratiquée à une digue pour le passage des bateaux. Ouverture par laquelle l'eau passe d'une écluse dans un coursier, pour faire mouvoir une roue.

  5. Terme de géographie. Détroit resserré entre une île et la terre ferme, ou entre deux îles. Le pertuis de Maumusson. Dans le Jura, passage d'un versant à l'autre.

  6. Nom donné sur la Seine aux rapides. Nom donné, dans une rivière navigable par éclusées, à un endroit resserré où l'on établit le barrage mobile de planches pour retenir l'eau.

    Au passage des pertuis (c'est ainsi qu'on appelle sur la Seine les rapides formés par les hauts-fonds), la navigation était quelquefois arrêtée pendant des jours entiers — E. GRANGEZ

Étymologie : Picard, pertuis, chas d'une aiguille ; Berry, partus, pertus ; bourguig. polu ; provenç. pertus, pertuis ; ital. pertuso, pertugio ; du lat. pertusus, participe de pertundere, percer, de per, et tundere, battre.

Historique : XIIe s. De tote vertut fait à guarnir li entreie del cuer, ke li aguaitant anemi ne la trespercent parmi lo pertuihs de le neglicie pense [pensée négligée] XIIIe s. Moult a soris povre secors, Qui n'a c'ung partuis à refuge Levés tost sus, et si bouchiés Tous les partuis de ceste haie XVIe s. Le premier bonjour qu'eut son maistre, fut que son hilairet avoit fait un pertuis en l'eau [un trou à la lune], et au deçu de chacun avoit gagné pays Les pores et petits pertuis invisibles de tout le corps À tel pertuis telle cheville

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Trou, ouverture. Il se dit plus particulièrement des Ouvertures pratiquées à une digue pour le passage des bateaux, ou de celles par lesquelles l’eau passe d’une écluse dans un coursier pour faire mouvoir une roue.

  2. PERTUIS, en termes de Géographie, se dit de Certains détroits resserrés entre une île et la terre ferme, ou entre deux îles. Le pertuis de Maumusson. Le pertuis d’Antioche.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (1)
  • pertuis — forme de base — /pɛʁtɥi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pertuis#46655.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.