perdition
nom, féminin, /pɛʁdisjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de perdre, de ruiner. La perdition du Rhône, le lieu où le Rhône se perd. Terme de marine. Être en perdition, être en danger de se jeter à la côte, en danger de naufrage.
Que ceux qui tyrannisent votre peuple, tombent dans la perdition ! — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Les coups de canon me firent frémir ; je ne pouvais douter qu'ils ne fussent les signaux de détresse d'un vaisseau en perdition — Bernardin de Saint-Pierre (1737-1814)
Action de perdre, de dissiper. Tout son bien s'en va en perdition.
État d'une personne qui est hors de la croyance de l'Église et de la voie du salut. Dans l'Écriture sainte, le fils de perdition, Judas ; l'enfant de perdition, l'Antechrist. Fig. Enfant de perdition, homme qui se perd et perd les autres. Fig. et familièrement. Lieu de perdition, lieu où l'on ne peut vivre, où tout va mal.
Il conduit l'homme dans la voie de perdition — Pascal (1623-1662)
Dans le chemin large et spacieux qui mène à la perdition — Bourdaloue (1632-1704)
Étymologie : Provenç. perdicio ; espagn. perdicion ; ital. perdizione ; du lat. perditionem, de perditum, supin de perdere, perdre.
Historique : XIe s. Guene est turnet à perdiciun grant XIIIe s. Prelaz, li tiens estas est de perfecion ; Venial vice en toi te sunt perdicion XIVe s. Ahi ! Gaufrois, dist-il, quelle perdition T'avient à che jourd'hui, et grant confusion ! XVe s. Temps sans cremeur [crainte], temps de perdicion, Aage tricheur, tout va desloiaument Les capitaines ne vouloient hazarder ceste compagnie, craignant que, s'ils la perdoient, ce ne fut la perdition du roy XVIe s. La langue est aucunes fois vulnerée, avecques perdition de substance
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Dégât, dissipation. Tout son bien s’en va en perdition. Dans ce sens, il est populaire et il a vieilli.
En termes de Marine, Vaisseau en perdition, Vaisseau qui est en danger de périr.
PERDITION s’emploie surtout dans le langage de la Dévotion et désigne l’état d’une personne qui perd son âme. Il est dans la voie de perdition, dans un état de perdition. Toute cette intrigue est une oeuvre de perdition, un ouvrage de perdition.
Il s’emploie aussi comme synonyme de Perte, de ruine morale. Cette femme va à sa perdition. Un lieu de perdition.
Dans l’écriture sainte, Le fils de perdition, Judas; et L’enfant de perdition, L’antéchrist.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- perditions — pluriel — /pɛʁdisjɔ̃/
- perdition — singulier — /pɛʁdisjɔ̃/
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