pension

pension

nom, féminin, /pɑ̃sjɔ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (7 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Tribut, péage (vieilli en ce sens).

    Viviers et réservoirs lui [au cormoran] payaient pension — La Fontaine (1621-1695)

  2. Gages en général.

    M. d'Elbœuf avait été douze ou quinze ans en Flandre, à la pension d'Espagne — Cardinal de Retz (1613-1679)

    Il donne pension à un homme qui n'a point d'autre ministère que de siffler des serins au flageolet, et de faire couver des canaries — La Bruyère (1645-1696)

  3. Somme annuelle que paye un État, un souverain, un particulier à quelqu'un comme récompense ou libéralité. Pension sur l'État. Pension viagère. Pension de retraite. Pension alimentaire, celle qu'on donne à une personne pour assurer sa subsistance.

    Ci gît, oui gît, par la morbleu, Le cardinal de Richelieu, Et ce qui cause mon ennui, Ma pension avecque lui — BENSERADE

    Les pensions que l'on donne en France ne valent jamais rien qu'un an ou deux, d'autant qu'elles ne sont point assurées — Gui Patin (1601-1672)

  4. En matière bénéficiale, somme à prendre annuellement sur les fruits d'un bénéfice.

    Un bénéficier peut [disent les casuites] désirer la mort de celui qui a une pension sur son bénéfice — Pascal (1623-1662)

  5. Somme que l'on donne pour être logé et nourri. Demi-pension, ce que donne celui qui ne fait que prendre ses repas, sans coucher au lieu où il est en pension. Lieu où l'on est logé et nourri pour un certain prix. Demi-pension, maison où l'on reçoit des demi-pensionnaires. Populairement. Être en pension, se dit d'une chose engagée. On dit aussi : tenir, mettre des chevaux, des chiens en pension.

    Le roi me conta, il y a deux jours, qu'il payait la pension de trois filles dans un couvent : il en est mort une il y a cinq ans, et ces bonnes filles reçoivent la pension de trois — Mme de Maintenon (1635-1719)

    De pauvres personnes qui ont des affaires à Paris, et trop peu de bien pour donner de grosses pensions dans des couvents — Mme de Maintenon (1635-1719)

  6. Maison d'éducation où les élèves sont nourris et couchés. Maître de pension. Tous les élèves d'une pension. Une pension nombreuse. Être en demi-pension, se dit d'un élève qui est externe, mais qui prend ses repas avec les pensionnaires. Demi-pension, maison où l'on reçoit des demi-pensionnaires. Demi-pension, ce que paye un demi-pensionnaire.

Étymologie : Provenç. pensio ; espagn. pension ; ital. pensione ; du lat. pensionem, payement, qui vient de pensum, supin de pendere (2ème e bref), payer, peser (voy. POIDS).

Historique : XIVe s. Il y en avoit plusieurs [cardinaux] qui estoient à luy [Charles V] et de sa pension À mestre Jehan le mie [mire, médecin] pour se [sa] pension de le demie année, x livres XVe s. On ne le tient pas [Charles VI] en estat ni en forme de roi, car il ne peut faire du sien sa volonté ; on l'a mis à pension et la roine aussi Et le roy luy eust donné à sa vie certaine pension XVIe s. Le gouverneur d'un elephant desrobboit à touts les repas la moitié de la pension qu'on luy avoit ordonnée À maistre Mathée Dalnassar, de Veronne, graveur dudit seigneur [le roi] la somme de 615 livres tournois par…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Somme d’argent que l’on donne pour être logé, nourri. Payer pension. Il a payé les deux premiers trimestres de sa pension.

  2. Il se dit aussi du Lieu où l’on est nourri et logé pour un certain prix. être en pension. Se mettre en pension. Prendre quelqu’un en pension. Pension de famille. J’ai trouvé une pension assez commode. On dit de même Tenir, mettre des chevaux en pension.

  3. Demi-pension, Ce que paie celui qui ne couche pas, qui n’habite pas au lieu où il est en pension, mais qui y prend généralement le déjeuner. Il ne paie qu’une demi-pension, que demi-pension. Il est en demi-pension.

  4. PENSION se dit particulièrement d’une Maison où des enfants sont logés, nourris et instruits, moyennant une certaine somme qui se paie ordinairement par trimestre. Il est maître de pension. Il tient pension. On l’a mis en pension chez un tel. L’éducation est bonne dans cette pension.

  5. Il se dit aussi de la Réunion des enfants que renferme une pension. Une pension nombreuse. Toute la pension est en promenade.

  6. Il se dit encore de Ce qu’un souverain, un état, une institution, un particulier, etc., donne annuellement à quelqu’un, pour récompense de ses services, de ses travaux, ou par munificence, par libéralité. Il a une pension de douze mille francs. Une pension de l’état. Pension de retraite. Pension viagère. Pension réversible. Il vient de toucher le premier trimestre de sa pension. Il a fait une pension à l’ancien précepteur de ses enfants. Liquider une pension.

  7. Pension alimentaire, Celle qu’on donne à une personne pour lui procurer des aliments, pour assurer sa subsistance. Il a légué à son ancien domestique une pension alimentaire et insaisissable.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • pensions — pluriel — /pɑ̃sjɔ̃/
  • pension — singulier — /pɑ̃sjɔ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pension#46364.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.