pénitence
nom, féminin, /penitɑ̃sə/ ou /pɛnitɑ̃sə/
Définitions
Sacrement par lequel un prêtre catholique remet ses péchés à celui qui les confesse avec repentir.
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Peine ou privation que l'on s'impose, ou qu'on impose à quelqu'un, pour expier une faute.
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Punition ou réprimande infligée à un enfant pour corriger un comportement jugé fautif.
Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — ébauche — en attente de relecture · méthode.
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (14 sens)
Littré (1873)
s. f.
Retour du pécheur à Dieu, avec une ferme résolution de ne plus pécher à l'avenir. Ordre de la pénitence de la Madeleine, congrégation de femmes repentantes.
Dieu absout aussitôt qu'il voit la pénitence dans le cœur ; l'Église, quand elle la voit dans les œuvres — Pascal (1623-1662)
La pénitence n'est autre chose qu'une sainte indignation contre soi-même — Bossuet (1627-1704)
Le sacrement de la pénitence, ou, simplement, la pénitence, l'un des sept sacrements de l'Église, institué par Jésus-christ lorsqu'il donna à ses apôtres le pouvoir de lier et de délier, et celui de remettre les péchés, et par lequel le prêtre remet les péchés à ceux qui les confessent. Le tribunal de la pénitence, le prêtre qui confesse ; le lieu où il confesse.
Le sacrement de la pénitence est un échange mystérieux qui se fait, par la bonté de Dieu, de la peine éternelle en une temporelle — Bossuet (1627-1704)
Elle demande d'elle-même les sacrements de l'Église, la pénitence avec componction, l'eucharistie avec crainte.... — Bossuet (1627-1704)
Tout ce que le prêtre impose, en expiation des péchés. Pénitence publique, sorte d'expiation que l'Église imposait autrefois aux grands criminels, retenus dans l'état d'excommunication. Lettres de pénitence, se disait des lettres que recevaient de leurs évêques les pénitents auxquels des pèlerinages étaient imposés. Libelle de pénitence, libelle renfermant divers articles de pénitence que des individus coupables d'hérésie ou de prévarication s'engageaient à observer
Les pénitences extérieures disposent à l'intérieur, comme les humiliations à l'humilité — Pascal (1623-1662)
À mesure que l'iniquité s'est accrue, la pénitence s'est mitigée — Bourdaloue (1632-1704)
Il se dit des jeûnes, des prières, des macérations, en un mot de toutes les austérités qu'on s'impose en expiation de ses péchés. Fig. Faire pénitence de sa mauvaise conduite, en être puni par quelque malheur. Fig. et familièrement. Faire pénitence, faire mauvaise chère. Vous venez dîner avec nous sans nous avertir, vous ferez pénitence.
Faites pénitence, parce que le royaume des cieux est proche — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Un beau château, un bel air, de belles terrasses, une trop bonne chère : cette vie est trop douce, et les jours s'écoulent trop tôt, et l'on ne fait point de pénitence — Mme de Sévigné (1626-1696)
Les psaumes de la pénitence, voy. PSAUME.
Punition, châtiment d'une faute. Voilà une rude pénitence pour une faute bien légère. Mettre un enfant en pénitence. Des pénitences d'enfant.
Adèle ne viendra point avec nous chez Nicolle ; elle est en pénitence aujourd'hui — Mme de Genlis (1746-1830)
Il se dit, à certains jeux de société, des punitions infligées à ceux qui ont manqué aux règles. Votre pénitence sera de dire une chanson.
Pour pénitence, en pénitence, pour votre pénitence, loc. adv. En punition, pour peine ; se dit surtout par plaisanterie.
Voyons, lui dit le confesseur : C'est le plaisir qui fait l'offense ; Que donnait-on ? - Le Déserteur. - Vous le lirez pour pénitence, — Alexis Piron (1689-1773)
Mortifiez vos goûts et vos plaisirs ; Et, si parfois vous avez des désirs, Demandez Gluck pour votre pénitence,
Étymologie : Bourg. pegnitance ; provenç. penitencia, penedensa, pentenza ; esp. penitencia ; ital. penitenzia ; du lat. poenitentiam, dérivé de poenitens. L'ancien français avait deux formes : penitence, calqué sur le latin, et peneance qui avait subi l'empreinte française. Peneance s'était contracté aussi en penance.
Historique : XIe s. Par penitence [il] les comande à ferir [frapper] XIIe s. Tant [je] fais pour lui [elle] greveuse penitance.... XIIIe s. Pour faire penitance chascuns outremer va Et si est ague [la crosse] par desous, pour çou que li prelas doit donner penitenche poignante as pecheours Et si soffrit la peneance ; Ice affiert [convient] à telle enfance Après te doins [donne] en penitence, Que nuit et jor sans repentence En bien amer soit ton penser XVIe s. Une satiété si lourde, qu'elle equipolle à penitence [repentir]
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Repentir suivi d’expiation, regret d’avoir offensé Dieu. La pénitence est une vertu chrétienne. Une pénitence tardive. Les fruits de la pénitence.
Sacrement de pénitence ou Sacrement de la pénitence, Celui des sept sacrements de l’église par lequel le prêtre remet les péchés à ceux qui s’en confessent à lui et qui en ont le repentir.
Le tribunal de la pénitence se dit du Prêtre qui confesse et du Lieu où il confesse. Aller porter ses péchés au tribunal de la pénitence.
PÉNITENCE se dit aussi de Tout ce que le prêtre ordonne en satisfaction des péchés qu’on lui a confessés. Son confesseur lui a donné pour pénitence un Pater et un Avé à réciter. Accomplir sa pénitence, satisfaire à sa pénitence, faire sa pénitence. Les pénitences publiques ne sont plus en usage dans l’église.
Il se dit également des Austérités qu’on s’impose volontairement pour l’expiation de ses péchés. Faire pénitence de ses péchés. Vivre dans la pénitence, dans une pénitence continuelle, dans les exercices de la pénitence. Il faut faire pénitence, si l’on veut être sauvé. Le carême est un temps de pénitence.
Les Psaumes de la pénitence. Voyez
PSAUME.
Fig., Faire pénitence de ses excès, de ses torts, de sa mauvaise conduite, En être puni par quelque maladie, par quelque infirmité, par quelque malheur. Il fait pénitence du passé. Il s’est abandonné à la débauche dans sa jeunesse, il en fait maintenant pénitence. Il s’est perdu par son indiscrétion, et il a maintenant tout le loisir d’en faire pénitence.
Fig. et fam., Faire pénitence, Faire mauvaise chère. Si vous voulez demeurer à dîner avec nous, vous ferez pénitence.
PÉNITENCE se dit encore d’une Punition imposée pour quelque faute. Voilà une rude pénitence pour une faute bien légère. Faire subir une pénitence. Mettre un enfant en pénitence.
Il désigne, à certains Jeux de société, la Peine qu’on impose à ceux qui ont manqué aux règles, aux conventions, ou qui n’ont pas deviné quelque chose, qui ont mal répondu.
POUR PÉNITENCE, POUR VOTRE PÉNITENCE, EN PÉNITENCE DE CELA
loc. adverbiales
En punition, pour peine. Pour pénitence, pour votre pénitence, en pénitence de votre retard, vous ferez un mauvais dîner.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- pénitences — pluriel — /penitɑ̃sə/ ou /pɛnitɑ̃sə/
- pénitence — singulier — /penitɑ̃sə/ ou /pɛnitɑ̃sə/
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