pavois
nom, masculin, /pavwa/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Ancien synonyme de bouclier. Fig. Élever sur le pavois, mettre en grand honneur ou grande renommée. Grand bouclier carré, en usage au XIVe et au XVe siècle ; il couvrait presque entièrement le combattant, qui descendait alors de cheval.
Lorsque les seigneurs avaient élu les rois, ils les élevaient sur un grand pavois et les faisaient porter dans le camp, où le peuple, étant assemblé en armes, confirmait le choix — MÉZERAY
Ils [les Gaulois] n'opposaient que de petits pavois aux épées des Romains, qui étaient lourdes et massives — Rollin (1661-1741)
Se disait pour but d'un tir à l'arc, à l'arbalète ; s'emploie encore en ce sens dans quelques provinces.
Terme d'ancienne marine. Boucliers dont on garnissait le bord supérieur du navire et le tour de la hune, pour faire un rempart à l'abri duquel on combattait. Plus tard, tenture dont on bordait un navire soit pour décoration, soit pour cacher ce qui se passait sur le pont pendant le combat. On appelle encore pavois, les bordages cloués sur les jambettes, ou plus haut que le plat-bord. Il y a aussi les bordages dits pavois de poulaine.
J'ai donné ordre de faire faire cinq cents aunes de pavois pour les trois vaisseaux qui sont à Dunkerque — SEIGNELAY
Genre renfermant des espèces aplaties d'échinides.
Étymologie : Esp. paves ; ital. pavese et palvese. Origine inconnue. On peut voir dans du Cange les autres formes françaises : pavars, pavail, pavoisine, pavesche, pavesme. Les textes les plus anciens sont du XIVe siècle ; cependant on trouve, de la fin du XIIIe (1299), pavensis, qui est la représentation latine correcte du français pavais ou pavois, et de l'italien pavese. Ménage y voyait le latin parma par l'intermédiaire de parmensis. Ferrari le tire de Pavia, à cause que ces grands boucliers auraient été fabriqués d'abord à Pavie ; Diez penche pour cette origine.
Historique : XIVe s. Jehan Bonnet mestre de la net Sainte Marie la Bariande, a recheu.... vint pavois aux armes de Franche, Et pavaix et escus moult noblement oevré XVe s. Il ont lances, vouges, pavast, Et sont une grosse puissance Garniz d'arbalestes et ars Gaignerent une maison, prindrent deux ou trois huys, et s'en servirent de pavoys XVIe s. Ne faut-il pas s'armer et faire pavois de pauvreté à l'encontre de la douleur de privation des biens.... Avezedo fit ouvrir le milieu de son retranchement, qui estoit fait de pavois de navire Il repondit qu'il faisoit pavois de sa conscience contre tous les juges
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Sorte de grand bouclier. On n’emploie guère ce mot qu’en parlant des Usages de l’époque mérovingienne ou dans la poésie. Lorsqu’on élisait un roi, on le hissait sur le pavois.
Fig., élever sur le pavois, Mettre en grand honneur, en grande renommée.
PAVOIS, en termes de Marine, désigne l’Ensemble des pavillons répartis sur de légers cordages hissés aux mâts et vergues d’un navire. Ils servent habituellement aux signaux, et occasionnellement à célébrer un événement heureux.
Grand pavois, Décoration du bateau par l’ensemble de tous les pavillons servant aux signaux. Petit pavois, Décoration du bateau consistant à hisser le pavillon national en tête de chaque mât, en plus du pavillon hissé chaque jour à l’arrière.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- pavois — forme de base — /pavwa/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pavois#46149.