pavé

pavé

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873) — entrée 1

part. passé

  1. Garni de pavés. Fig. Gosier pavé, gosier supportant des boissons très fortes ou très chaudes.

    Il n'y a point de ville pavée comme Paris — Voltaire (1694-1778)

  2. Fig. Garni comme de pavés. Les rues en sont pavées, se dit en parlant de certaines gens qui affluent dans une ville. L'enfer est pavé de bonnes intentions (voy. INTENTION).

    Quoi, s'écria Babouc, ces peuples enterrent leurs morts dans les mêmes lieux où ils adorent la divinité ? quoi, leurs temples sont pavés de cadavres ? — Voltaire (1694-1778)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • pavées — pluriel féminin
  • pavés — pluriel masculin
  • pavée — singulier féminin
  • pavé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pavé#101814.

pavé

nom, masculin, /pave/

Définitions

  1. Bloc de pierre dure utilisé pour revêtir le sol d'une voie.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Revêtement d'une rue fait de ces blocs, ou la rue elle-même.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Ouvrage écrit particulièrement long et jugé indigeste.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens) — Académie 1935 (14 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Morceau de grès, de pierre dure dont on se sert pour paver. Gros pavé, celui dont on se sert pour les rues et les grands chemins. Petit pavé, celui qu'on emploie pour paver les cours, les cuisines, etc. Pavé refendu, celui dont on pave les cours, les écuries, etc. qui est aussi de grès, mais qui n'a d'épaisseur que la moitié de celle de l'autre. Pavés d'échantillon, ceux qui sont des grandeurs réglées par la coutume. Pavé bâtard, pavé qui n'a pas la dimension requise. Pavé de deux, chacune des parties d'un pavé d'échantillon refendu en deux ; on dit pareillement : pavé de trois. Pavé de démolition, celui qui provient de la suppression d'un pavage quelconque. Fig. Quel pavé lui est tombé sur la tête ! quel événement fâcheux et étourdissant lui est arrivé (par allusion au pavé que l'ours lança à la tête de son ami le vieillard, dans la fable de la Fontaine). Par la même allusion, pavé se dit aussi d'un éloge maladroit. On dit encore : c'est le pavé de l'ours.

    Le fidèle émoucheur Vous empoigne un pavé, le lance avec roideur — La Fontaine (1621-1695)

    [Sur le ruisseau d'une rue] Un ais sur deux pavés forme un étroit passage — Boileau (1636-1711)

  2. Assemblage de pavés qui couvent une aire, une surface. Le pavé d'une cour, d'une rue.

    Tu le vois tous les jours [le roi Louis XIV], devant toi prosterné, Humilier ce front de splendeur couronné, Et, confondant l'orgueil par d'augustes exemples, Baiser avec respect le pavé de tes temples — Jean Racine (1639-1699)

    En voyant l'étranger, d'un pied silencieux, Fouler avec respect le pavé de ces lieux — Lamartine (1790-1869)

  3. Il se dit de la voie publique, en tant que garnie de pavés. Le pavé est glissant. Entretenir le pavé. Suivre le pavé. Se promener sur le pavé de Paris, se promener dans les rues de Paris. Disputer le pavé, disputer le pas dans une rue. Fig. Faire quitter le pavé à quelqu'un, le faire retirer, faire qu'il n'ose plus se montrer. Fig. Abandonner le pavé à quelqu'un, lui laisser le champ libre. Fig. Brûler le pavé, aller très vite à cheval ou en voiture. Être sur le pavé, n'avoir point de domicile. Fig. Être sur le pavé, n'avoir point de condition, d'emploi. On l'a mis sur le pavé, on l'a fait sortir de son logement, et il n'en a pas d'autre. On a mis ses meubles sur le pavé, on les a mis dans la rue. Fig. Il est tombé sur le pavé, il a le nez sur le pavé, sa fortune est mauvaise et renversée. Je suis sur le pavé du roi, c'est-à-dire vous n'avez pas le droit de me faire sortir de cette rue ou place publique. Ironiquement, c'est tout pavé, pour dire : c'est très loin d'ici, mais la route est si bonne ! Bride en main sur le pavé, c'est-à-dire il est dangereux de galoper sur le pavé ; et fig. il ne faut rien précipiter dans les affaires délicates. Fig. Être le maître du pavé, dominer, n'être plus gêné en rien. Battre le pavé, aller et venir sans but, sans occupation. Un batteur de pavé, un fainéant, un vagabond, qui n'a d'autre emploi que de se promener. Fig. Tâter le pavé, agir avec circonspection. Fig. Le pavé est chaud, les circonstances sont difficiles, imminentes. Ce médecin, ce maître de musique, etc. gagne beaucoup sur le pavé de Paris, c'est-à-dire les rues de Paris qui sont pavées lui valent beaucoup : il a beaucoup de pratiques, d'écoliers, etc.

    Est-ce qu'on me fera attendre toute la journée sur le pavé, et qu'on ne me fera point venir mon carrosse ? — Molière (1622-1673)

    Nous avons eu ici des glaces et des neiges insupportables ; les rues étaient de grands chemins rompus d'ornières ; nous commençons depuis quelques jours à revoir le pavé.... — Mme de Sévigné (1626-1696)

  4. Le haut du pavé, la partie du pavé qui est du côté des murailles, parce qu'autrefois les rues étaient pavées en chaussée fendue, c'est-à-dire avec le ruisseau au milieu. Fig. et familièrement. Tenir le haut du pavé, avoir la prépondérance. On dit dans le même sens : Personne ici ne peut lui disputer le haut du pavé ; Il a pris le haut du pavé sur toutes les personnes de sa profession.

    Je fus tout étonné de voir que cette compagnie ne se mettait guère en peine de vous céder le haut du pavé — Chaulieu (1639-1720)

    La marche des carrosses et le haut du pavé ont été encore des témoignages de grandeur, des sources de prétentions, de disputes et de combats, pendant un siècle entier — Voltaire (1694-1778)

  5. Pavé de mosaïque, pavé fait de plusieurs petits cubes de pierre ou de marbre diversement colorés, qui, joints ensemble, représentent plusieurs figures.

  6. Grosse pièce de pain d'épice.

  7. Pavé des géants, amas prodigieux de colonnes basaltiques en Irlande.

  8. Pavé d'Italie ou natte d'Italie, cône mosaïque, coquille. Du pavé sèc et bois mouillé libera nos, domine, c'est-à-dire que l'un et l'autre sont dangereux et incommodes.

Étymologie : Pavé 1 ; wallon, pavaie, s. f.

Historique : XIVe s. Si avant que le pavé d'une maison est, c'est à dire de la salle, de la chambre, la porte, les huys et le colombier, sont heritages XVIe s. Si c'estoit une habitude de vertu, et non une saillie, elle rendroit un homme pareillement resolu à touts accidents.... car, quoy qu'on dise, il n'y a pas aultre vaillance sur le pavé, et aultre au camp

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Morceau de grès, de pierre dure, de bois, etc., dont on se sert pour paver. Le grès de Fontainebleau fait de bons pavés. Soulever un pavé. Un cent de pavés. Un tas de pavés de bois.

  2. Gros pavé, Celui dont on se sert pour les rues et les routes. Petit pavé, Celui que l’on emploie pour paver les cours, les cuisines, etc.

  3. Pavé refendu, Pavé qui n’a que la moitié de l’épaisseur du pavé ordinaire et dont on se sert pour les lieux où les voitures ne circulent pas.

  4. PAVÉ se dit aussi de l’Ensemble des pavés qui couvrent une surface, une rue, une route. On a refait le pavé de cette rue. Pavé à compartiments de diverses couleurs. Pavé de mosaïque. Pavé uni, raboteux. Le pavé de l’église est tout de marbre. Le pavé d’une cour, d’une cuisine, d’une écurie, d’une antichambre, d’une salle à manger, d’une salle de bains.

  5. Il se dit particulièrement en parlant d’un Chemin, d’une rue, etc. Ne quittez pas le pavé. Suivez le pavé. Entretenir le pavé. Le pavé est mauvais, est glissant.

  6. Sur le pavé de Paris, Dans Paris, en tout Paris. Vous ne trouverez pas la pareille sur le pavé de Paris.

  7. Fig. et fam., être sur le pavé se dit d’une Personne qui n’a point de domicile, qui ne trouve pas où loger. Il signifie aussi être sans place, sans condition, sans emploi.

  8. On l’a mis sur le pavé, On l’a fait sortir de son logement, sans qu’il sache où en trouver un autre. Il signifie encore : On lui a ôté sa place, ses moyens d’existence. On a mis ses meubles sur le pavé, On les a mis dans la rue.

  9. Fam., Battre le pavé, Aller par les rues, courir par la ville pour se dépenser en démarches qui restent sans résultat. Depuis qu’il a perdu son emploi, il ne fait que battre le pavé.

  10. Le haut du pavé, La partie du pavé qui est du côté des maisons, et qui était considérée comme la meilleure, à l’époque où le milieu de la rue était occupé par le ruisseau. Prendre, céder, disputer le haut du pavé.

  11. Fig. et fam., Tenir le haut du pavé, être au premier rang, jouir d’une grande considération dans une ville, dans une compagnie. On dit de même figurément Disputer le haut du pavé.

  12. Fig. et fam., Brûler le pavé, Aller très vite à cheval ou en voiture.

  13. Fig. et fam., Le pavé de l’ours, Acte, geste bien intentionné, mais lourd et maladroit, par allusion à la fable de La Fontaine. C’est le pavé de l’ours.

  14. PAVÉ se dit encore, par analogie, d’un Bloc carré qui a l’apparence d’un pavé. Un pavé de pain d’épices.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • pavés — pluriel — /pave/
  • pavé — singulier — /pave/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pavé#46153.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.