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patron

patron

nom, masculin · /patʁɔ̃/

Usage : très fréquent (137 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Personne qui dirige une entreprise et emploie du personnel.

    Le patron a réuni tous ses employés ce matin.

    Synonyme : chef.

  2. Saint considéré comme protecteur d'une personne, d'un métier ou d'un lieu.

    Saint Christophe est le patron des voyageurs.

    « C'est le jour de mon saint patron que je vous écris »Bossuet (1627-1704)

    « Le moine Lazare, digne de devenir le patron des peintres »Chateaubriand (1768-1848)

  3. Habillement. Modèle découpé servant de guide pour tailler un vêtement ou une pièce.

    Elle a découpé le tissu en suivant le patron.

  4. Marine. Marin qui commande un bateau de pêche ou une petite embarcation.

    Le patron du chalutier est rentré au port avant la tempête.

    « Votre prédécesseur, mais non pas votre égal, Me fit patron du port et chef de l'arsenal »Casimir Delavigne (1793-1843)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Voir aussi : forme féminine patronne

Grammaire et formes (2)
  • patrons : pluriel · /patʁɔ̃/
  • patron : singulier · /patʁɔ̃/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 1 · 14 sens

s. m. et f.

  1. Terme d'antiquité. Chez les Romains, le maître à l'égard de l'affranchi, le protecteur à l'égard du client. S'est dit, sous les empereurs romains, des citoyens qui faisaient métier de plaider devant les tribunaux.

    Sous les noms séduisants de patrons et de pères Ils [les patriciens de Rome] affectent des rois les démarches altièresVoltaire (1694-1778)

    Cette admirable institution des patrons et des clients fut un chef-d'œuvre de politique et d'humanitéJean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  2. Celui, celle qui sert de protection, d'appui ; celui, celle qui s'intéresse à notre fortune et qui cherche à la pousser.

    La cour fit une peur épouvantable à Mme de Montbazon, qu'on savait être la patronne de la BoulayeCardinal de Retz (1613-1679)

    Il s'était porté pour patron des Irlandais opprimésAntoine Hamilton (1646-1720)

  3. Saint, sainte, dont on porte le nom. Saint, sainte, à qui une église est dédiée ou qui protège particulièrement une ville, un pays, etc. Notre-Dame de Bon Secours, patronne des mariniers. Saint Denis, patron de la France. Sainte Geneviève, la patronne de Paris. Fig. Personnage sous qui on se met, bien qu'il ne soit pas un saint. Fig. Il se dit aussi de celui qui donne crédit, autorité à quelque chose.

    C'est le jour de mon saint patron que je vous écrisBossuet (1627-1704)

    Quel moyen de s'appeler Pierre, Jean, Jacques, comme le marchand ou le laboureur ?... qu'elle [la multitude] s'approprie les douze apôtres, leurs disciples, les premiers martyrs (telles gens, tels patrons).... pour nous autres grands, ayons retours aux noms profanes....La Bruyère (1645-1696)

  4. Familièrement. Le maître d'une maison. On dit dans le même sens : le patron de la case ; ce qui s'applique aussi à un homme qui, sans être le maître d'une maison, y a tout pouvoir.

    Où est le patron ? La fortune cruelle A ramené des champs le patron de la belleMolière (1622-1673)

    Le Génois, qui devint à son tour le patron de la caseLesage (1668-1747)

  5. Dans l'industrie, nom que les ouvriers donnent au maître de l'établissement. Le patron est sorti. Querelles des ouvriers avec les patrons.

  6. Patron se dit aussi, par manière de qualification amicale, à un homme d'un rang inférieur. Bonjour, patron.

  7. Terme de marine. Patron d'une chaloupe, quartier-maître ou contre-maître chargé du commandement d'une embarcation. Anciennement, patron de galère, homme pratique qui conduisait la galère et en était le capitaine marin, sous l'autorité du capitaine militaire. Dans l'ancienne Venise, patron du port, plébéien qui dirigeait les affaires du port. Fig. Il est le patron de la barque, c'est-à-dire c'est lui qui a le plus de crédit dans une société, dans une affaire, etc.

    Je suis empereur, lui dit-il [Théophile à sa femme Théodora], et vous me faites patron de galèreMontesquieu (1689-1755)

    Votre prédécesseur, mais non pas votre égal, Me fit patron du port et chef de l'arsenalCasimir Delavigne (1793-1843)

  8. Galère patronne, ou, simplement, la patronne, galère que, dans l'escadre des navires de son espèce, montait le lieutenant général ou celui qui avait le commandement après le chef d'escadre ; elle avait le second rang, la réale ayant le premier ; elle tenait entre les galères le même rang que le vice-amiral entre les vaisseaux de haut bord. La patronne n'était que la troisième galère des États maritimes qui avaient une capitane, outre la réale.

  9. Titre d'une dignité princière, dans quelques villes, au moyen âge. Patron de Salonique.

  10. Dans le Levant, le maître à l'égard de l'esclave. Réduit en esclavage, il eut le bonheur d'avoir pour patron un homme compatissant.

  11. Autrefois, le prélat ou le seigneur laïque qui nommait à un bénéfice. Patron d'une église, celui qui avait bâti, fondé ou doté une église.

    Le roi est patron de toutes les églises cathédrales et collégiales, des abbayes et des monastères, s'il n'y a point de titre au contraireFEVET

  12. Cardinal patron s'est dit, à la cour de Rome, du cardinal qui gouvernait comme premier ministre.

  13. Nom qu'on a d'abord donné à la giberne. On disait aussi la patronne (c'est de là que cartouche se dit en allemand Patrone).

  14. Patron des maréchaux et des charbonniers, la mésange charbonnière.

Étymologie : Provenç. patron, patro, et aussi pairon, pairo ; catal. padró, patró ; espagn. patron ; ital. padrone ; du lat. patronus, patron, protecteur, dérivé de pater, père.

Historique : XIIIe s. .... E ne seit patrun à cele iglise se reis nun Uns patrons franchi son serf, porce qu'il remaindroit à lui servir, et cil par male tricherie ne le vost [voulut] servir XIVe s. Or ont il leur patron, or ont il leur seigneur C'est l'estoile qui par mer me conduist ; C'est la nasselle Forte, seüre et plaine de deduit ; C'est li patrons qui me gouverne et duit ; C'est l'aviron qui de mer fent le bruit Les bestes ont ce sens de parfaictement amer et estre privées de leurs patrons et bienfaisans XVe s. Maistre Alphonse Vietat, souverain patron et maistre de toutes les navires et gallées de…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Littré (1873), entrée 2 · 8 sens

s. m.

  1. Modèle sur lequel travaillent certains artisans, comme les brodeurs, les tapissiers et autres. Dentelle d'un beau patron, dentelle faite sur un beau patron.

    Malheureusement Mlle Catherine Vadé, qui en a trouvé le manuscrit, ne sachant pas ce que c'était, en a fait des patrons de manchettes, et ne nous a donné que le discours aux VelchesVoltaire (1694-1778)

  2. Morceau de papier découpé de manière à figurer certaines parties des vêtements d'homme ou de femme, et sur lequel on taille l'étoffe. Le patron d'une chemise, d'un bonnet, d'une veste. Tailler un patron.

  3. Terme de luthier. Il se dit de certaines pièces de bois qui ont la forme des différentes parties d'un instrument tel que violon, basse, etc. et d'après lesquelles on taille le bois dont ces instruments doivent être faits. Violon d'un grand patron, d'un petit patron. Les stradivarius sont d'un grand patron, les amatis sont en général d'un petit patron.

  4. Papier ou carton découpé qu'on applique sur une surface quelconque pour peindre les parties que ces découpures laissent à découvert. Les cartes à jouer s'impriment avec des patrons. Sorte de peinture faite avec des patrons découpés.

  5. Dans les manufactures d'or, d'argent et de soies figurées, dessin fait par le peintre et rehaussé de couleurs, qui sert à monter le métier, et à représenter sur l'ouvrage les différentes figures de fleurs, d'animaux et de grotesques, dont le fabricant veut l'embellir.

  6. Patron ou table à patron, table de bois blanchie sur laquelle les vitriers tracent les figures d'après lesquelles ils veulent couper leurs pièces.

  7. Modèle en bois dont on se sert pour former le creuset et les étalages d'un fourneau.

  8. Fig. Modèle. Cet homme s'est formé sur un bon, sur un mauvais patron, il s'est formé sur un bon, sur un mauvais modèle.

    Chaque mère à sa bru l'alléguait pour patronLa Fontaine (1621-1695)

    Fais toutes choses selon le patron qui t'a été montréPascal (1623-1662)

Étymologie : Prov. patron, modèle ; bas-lat. patronus, patrunus, modèle ; angl. pattern, Du sens de protecteur, on a passé à celui de guide et, finalement, de modèle.

Historique : XVe s. Ung patron à la grandeur d'un couvre-chief, auquel patron a plusieurs divises faictes à l'eguille Pour plusieurs patrons qu'ils avoient fait faire en papier et parchemin pour aucuns ouvraiges que Monseigneur veult et a intention de faire faire en sa chapelle à Dijon Pour avoir paint, en patron, la situation de la ville de Calais et icelle presentée à Monseigneur Ou [au] quel patron de cire n'y avoit que l'esprainte et enseigne du tuel [tuyau] de la serrure Et que des maistres vienne le patron et l'exemple, sur quoi leurs aides et leurs apprentis doivent ouvrer Et se peut voir par les to…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 5 sens

n. m.

  1. Modèle sur lequel on fabrique certains objets. On dit plutôt dans ce sens MODÈLE.

  2. Il désigne aussi un Morceau de papier, de toile, que les tailleurs, les lingères, les couturières, etc., découpent de manière à figurer les différentes parties de leurs ouvrages et sur lequel ils taillent l’étoffe dont ces ouvrages doivent être faits. Le patron d’un veston, d’un gilet. Le patron d’une chemise, d’un corsage, d’une robe.

  3. En termes de Lutherie, il se dit de Certaines pièces de bois qui ont la forme des différentes parties d’un instrument, tel que violon, basse, guitare, etc., et d’après lesquelles on taille le bois dont ces instruments doivent être faits. Violon d’un grand patron, d’un petit patron.

  4. Il se dit également d’un Papier ou carton découpé, qu’on applique sur une surface quelconque, pour peindre les parties que ces découpures laissent à découvert. Les peintres en décor font souvent usage de patrons. Les cartes à jouer s’impriment avec des patrons. Colorier au patron. Voyez

  5. POCHOIR.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 8 sens

n.

  1. Protecteur, protectrice. Il se dit du Saint, de la sainte dont on porte le nom, de celui, de celle sous l’invocation de qui une église est placée, et de celui, de celle qu’un pays, une ville, une confrérie, une communauté réclame comme son protecteur. Saint Jean est mon patron. Saint Denis est un des patrons de la France. Sainte Geneviève est la patronne de Paris. Saint Fiacre est le patron des jardiniers; saint éloi celui des orfèvres, etc.

  2. PATRON se dit aussi d’un Homme puissant sous la protection de qui l’on se met pour faire sa fortune, pour avoir de l’appui; d’un Homme dont on obtient le secours dans une affaire, dans une circonstance difficile. Chez les Romains, les plébéiens s’attachaient, sous le nom de clients, à quelque patricien qu’ils appelaient leur patron. Il a eu ce ministre pour patron. Il a été mon patron dans cette affaire. Il est le patron de ma candidature.

  3. Il se dit aussi du Chef d’une entreprise, d’une usine, d’une manufacture, d’un établissement commercial. Les ouvriers réclamèrent de leurs patrons une augmentation de salaire.

  4. Il se dit, par extension et familièrement, du Maître d’une maison. Où est le patron? Je voudrais saluer le patron.

  5. Il se dit en outre de Celui qui commande aux matelots d’un canot, d’une chaloupe ou d’un très petit bâtiment. Le patron de la barque, du bateau.

  6. Il se disait, chez les Romains, du Maître à l’égard de son affranchi. L’affranchi devait respect à son patron.

  7. Il se dit encore du Prélat ou de l’autorité laïque qui a le droit de nommer à un bénéfice ecclésiastique.

  8. Dès patron-minet, Dès l’aube, de très bonne heure. Se réveiller, se lever dès patron-minet. Il est familier.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée patron#46078.

patron

adjectif

Grammaire et formes (4)
  • patronnes : pluriel féminin
  • patrons : pluriel masculin
  • patronne : singulier féminin
  • patron : singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée patron#152993.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.