patrimoine
nom, masculin, /patʁimwanə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Bien d'héritage qui descend, suivant les lois, des pères et mères à leurs enfants. Patrimoine paternel, les biens qui viennent du côté du père ; patrimoine maternel, les biens qui viennent du côté de la mère. En général, biens de famille, par opposition à acquêts. Il n'a jamais voulu toucher à son patrimoine, il n'a disposé que de ses acquêts. Séparation des patrimoines, opération judiciaire qui a pour objet d'empêcher que les biens composant une succession ne se confondent avec ceux de l'héritier qui l'a recueillie, et que les créanciers personnels de cet héritier ne soient payés sur les biens de la succession au préjudice des créanciers et légataires du défunt.
Quelles peines n'eut-on pas à persuader à M. le Tellier d'étendre un peu en faveur de sa dignité les limites de son patrimoine ! — Fléchier (1632-1710)
Moins appliqués à dissiper ou à grossir leur patrimoine qu'à le maintenir, ils [nos ancêtres] le laissaient entier à leurs héritiers — La Bruyère (1645-1696)
Par extension, il se dit des trônes, des charges, des prérogatives qui se transmettent héréditairement comme un patrimoine.
La Castille devient patrimoine d'un fils de France — Massillon (1663-1742)
Fig. Ce qui est considéré comme une propriété patrimoniale. Chaque découverte dans les sciences est le patrimoine de toutes les nations.
Le patrimoine de saint Pierre, ou la province du Patrimoine, une partie du domaine que le pape possède en Italie et dont Viterbe est la capitale. Se disait des biens-fonds de chaque église.
La comtesse Mathilde possédait.... presque tout ce qui est appelé aujourd'hui le patrimoine de saint Pierre, de Viterbe jusqu'à Orviète, avec une partie de la marche d'Ancône — Voltaire (1694-1778)
Étymologie : Provenç patremoni, patrimoni ; espagn. et ital. patrimonio ; du lat. patrimonium, de pater, père.
Historique : XIIIe s. Plusor ont gasté lor patrimoine par doner folement Clercs qui ne marceandent pas, ançois se cevissent [se suffisent] de lor patremongne ou de lor benefices Diex veut que vous l'alez vengier, Sanz controver nul autre essoine, Ou vous lessiez le patremoine Qui est du sanc au crucefi Laiens vendent, je vous afi, Le patrimoinne au crucefi, à boins deniers sés [secs] et contans XVe s. Ainsi passerent ces gens d'armes, le duc d'Anjou.... et le comte de Savoie.... en costiant la marche d'Ancone et la terre du patrimoine
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Le bien qui vient du père et de la mère, qu’on a hérité de son père et de sa mère. Ses parents lui ont laissé un riche patrimoine. Il a dissipé, mangé son patrimoine.
Patrimoine paternel, Les biens qui viennent du côté du père. Patrimoine maternel, Les biens qui viennent du côté de la mère.
PATRIMOINE se dit aussi, plus généralement, des Biens de famille, pour les distinguer des acquêts. Il n’a jamais voulu toucher à son patrimoine, il n’a disposé que de ses acquêts.
Il se dit, figurément, d’une Chose qui est le revenu ordinaire et naturel d’un homme ou d’une classe d’hommes. Les biens donnés à l’église sont le patrimoine des pauvres.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- patrimoines — pluriel — /patʁimwanə/
- patrimoine — singulier — /patʁimwanə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée patrimoine#46060.