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patrie

patrie

nom, féminin · /patʁi/

Usage : fréquent (26 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Pays auquel on appartient par la naissance ou la nationalité et envers lequel on éprouve un attachement particulier.

    Il est mort loin de sa patrie.

    Synonyme : pays.

    « Une reine fugitive qui ne trouve aucune retraite dans trois royaumes, et à qui sa propre patrie n'est plus qu'un triste lieu d'exil »Bossuet (1627-1704)

    « Reine du monde, ô France, ô ma patrie, Soulève enfin ton front cicatrisé ; Sans qu'à tes yeux leur gloire en soit flétrie, De tes enfants l'étendard s'est brisé »Béranger (1780-1857)

  2. Par extension, région d'origine ou séjour naturel d'une espèce animale ou végétale : les régions arctiques sont la patrie de l'ours blanc.

    L'Amazonie est la patrie de nombreuses espèces de singes.

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : aux grands hommes la patrie reconnaissante · la patrie est en danger · mère patrie

Grammaire et formes (2)
  • patries : pluriel · /patʁi/
  • patrie : singulier · /patʁi/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 7 sens

s. f.

  1. Pays où l'on a pris naissance. Fig.

    Mourir pour sa patrie est un sort plein d'appas Pour quiconque à des fers préfère le trépasPierre Corneille (1606-1684)

    Chacun songe comment il s'acquittera de sa condition ; mais, pour le choix de la condition et de la patrie, le sort nous le donnePascal (1623-1662)

  2. Particulièrement. Province, ville où l'on est né. Marseille est sa patrie. La petite patrie, la localité où l'on est né, et aussi la famille.

    Comme si ce n'était point par la petite patrie, qui est la famille, que le cœur s'attache à la grandeJean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  3. Fig. La nation dont on fait partie, la société politique dont on est membre. Patrie commune, l'État dans lequel on possède des droits politiques.

    J'aurais mauvaise grâce de chercher de la gloire et des avantages par des choses qui ne sont pas de ma profession ; mais je suis Français très affectionné à ma patrie....Vauban (1633-1707)

    Il n'y a point de patrie dans le despotique ; d'autres choses y suppléent, l'intérêt, la gloire, le service du princeLa Bruyère (1645-1696)

  4. La mère patrie, voy. MÈRE, n° 25.

  5. Par extension, contrée, climat propre à certains animaux. Les régions arctiques sont la patrie de l'ours blanc. La patrie des palmiers.

  6. Fig. Il se dit des contrées, des villes où fleurissent, où sont en abondance certaines espèces d'hommes ou de choses. Athènes fut la patrie des philosophes. Ce pays est la patrie des sciences et des lettres.

  7. La céleste patrie, le ciel, le séjour des bienheureux.

Étymologie : Wallon, patreie ; du lat. patria, patrie, de pater, père. Ménage dit que patrie n'était pas usité du temps de Henri II, vu que Charles Fontaine le reproche comme un néologisme à du Bellay : « Qui a païs, n'a que faire de patrie ....le nom de patrie est obliquement entré et venu en France nouvellement et les autres corruptions italiques, » Quintil Horatian, p. 185. D'un autre côté on a dit que patrie datait de François Ier. François Ier était un roi vraiment national ; c'est sous son règne, c'est au XVIe siècle que le mot patrie fut transporté de la langue latine dans la nôtre, A. DE ST-PRIEST,

Historique : XVe s. Suivant le proverbe qui porte qu'il est licite à un chacun et louable de combatre pour sa patrie XVIe s. Le devoir en quoi je suis obligé à la patrie Qui me faict supplier V. M. de me honorer d'un aultre departement et bien esloigné de ma patrie [de la province où je suis né] Pour la patrie, c'est un beau mot

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 7 sens

n. f.

  1. La terre des ancêtres, le pays où l’on est né, la nation dont on fait partie, la société politique dont on est membre. La France est notre patrie. Solon donna des lois à sa patrie. Cicéron fut appelé le Père de la patrie. Bien mériter de la patrie. Porter les armes contre sa patrie. Mourir pour la patrie.

  2. La mère patrie, Nation à laquelle se rattache une colonie. Synonyme de MÉTROPOLE.

  3. Un sans-patrie, les sans-patrie, Ceux qui légalement n’ont pas de patrie; Ceux qui renient toute patrie.

  4. PATRIE désigne, dans un sens plus particulier, la Province, la ville où l’on est né. Marseille est sa patrie. On dit plutôt La petite patrie pour désigner le Lieu où l’on est né et auquel on est attaché par ses liens de famille et ses souvenirs d’enfance.

  5. Il se dit quelquefois, par extension, du Climat, de la contrée propre à certains animaux, ou même à certains végétaux. La patrie des palmiers. La Laponie est la patrie du renne.

  6. Fig., Athènes fut la patrie de la philosophie signifie que La philosophie trouva dans Athènes un lieu particulièrement favorable à son développement.

  7. La céleste Patrie, Le Ciel, considéré comme le séjour des bienheureux.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée patrie#46057.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.