passé · passe

passé

adjectif, /pase/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (17 sens)

Littré (1873) — entrée 1

part. passé

  1. Traversé. Une rivière passée à la nage.

  2. Percé.

    Leurs habitants passés au fil de l'épée — Bossuet (1627-1704)

  3. Qui a été porté au delà de.... Les morts passés de l'autre côté du Styx par Charon.

  4. Qu'on a fait cheminer, aller. La main passée sur le dos du chat.

    Une lame de fer ou d'acier passée sur l'aimant en reçoit une certaine mesure de vertu magnétique.... — Buffon (1707-1788)

  5. Introduit, ajusté. Un anneau passé au doigt. Un habit passé à la hâte. Terme de coutellerie. À jonction passée, se dit de pièces qui sont fixées à demeure l'une avec l'autre et ne peuvent se démonter.

    C'est Ajax, fils d'Oïlée, le bras gauche passé dans son bouclier — Diderot (1713-1784)

  6. Terme de blason. Épées passées en sautoir, épées croisées. Queue de lion passée en sautoir, queue de lion fourchue, dont les fourches se croisent.

  7. Filtré. Une liqueur passée avec beaucoup de soin.

  8. Qui s'est écoulé, en parlant du temps.

    Trois ans déjà passés, théâtre de la guerre, J'exerce de deux chefs les funestes combats — Malherbe (1555-1628)

    Ce peu d'heures saintement passées dans les plus rudes épreuves — Bossuet (1627-1704)

  9. Qui vient de passer (par ellipse ; on sous-entend dernièrement). Je suis allé à Saint-Cloud la semaine passée.

    Et je sais que de moi tu médis l'an passé — La Fontaine (1621-1695)

  10. Qui a été autrefois et qui n'est plus. Participe passé, voy. PARTICIPE.

    Et l'ordre du destin qui gêne nos pensées N'est pas toujours écrit dans les choses passées — Pierre Corneille (1606-1684)

    Ce sont des feux bientôt passés Que ceux qui ne sont point dans leur cours traversés — La Fontaine (1621-1695)

  11. Qui a perdu sa fraîcheur ; qui est flétri. Des étoffes passées. Une viande passée.

    On voit des poires mûrir, quand d'autres sont passées — Fénelon (1651-1715)

    Oui, elle est fort passée, mais je pense qu'elle a été assez jolie — Marivaux (1688-1763)

  12. Qui a traversé les conditions légales, les formalités voulues. La loi passée à une grande majorité. Être maître passé, être très habile (locution qui provient de passer maître). On dit dans le même sens : passé maître.

    Il m'envoie un pouvoir passé devant notaire — Thomas Corneille (1625-1709)

    Et je demeurerais tranquille, Moi maîtresse passée en tout enchantement ! — GHERARDI

  13. Conclu.

    Le public est garant d'une convention passée en sa présence — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)

  14. Passé en habitude, devenu habituel.

    La victoire chez vous passée en habitude Met jusque dans ses murs Rome en inquiétude — Pierre Corneille (1606-1684)

  15. Apprêté d'une certaine façon, en parlant du cuir, des étoffes, etc. (parce qu'en effet dans ces préparations on passe l'objet par certaines substances, certains instruments).

    La chair de cet animal [le renne] est très bonne à manger ; son poil fait une excellente fourrure, et la peau passée devient un cuir très souple et très durable — Buffon (1707-1788)

  16. Passé, prép. Au delà. Après. Passé le mois de juin, le rossignol ne chante plus.

    Passé l'équateur, l'homme n'est ni Anglais, ni Hollandais, ni Français, ni Espagnol, ni Portugais — Raynal (1713-1796)

    Ma fille, passé aujourd'hui, je vous promets de ne plus écrire qu'un mot — Mme de Sévigné (1626-1696)

  17. S. m. Sorte de broderie dans laquelle la soie embrasse autant d'étoffe en dessus qu'en dessous.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • passées — pluriel féminin — /pase/
  • passés — pluriel masculin — /pase/
  • passée — singulier féminin — /pase/
  • passé — singulier masculin — /pase/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée passé#45882.

passé

préposition

Grammaire et formes (1)
  • passé — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée passé#152933.

passé

adverbe

Grammaire et formes (1)
  • passé — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée passé#101111.

passe

nom, féminin, /pasə/

Définitions

  1. Action d'envoyer le ballon ou la balle à un partenaire au cours d'un jeu.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Passage resserré permettant la navigation entre des obstacles.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Situation momentanée, favorable ou difficile, que traverse une personne.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Mouvement exécuté devant ou autour de quelque chose, notamment en tauromachie ou en prestidigitation.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (22 sens) · 1873 (1 sens) — Académie 1935 (12 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Action de passer, en parlant des oiseaux voyageurs qui changent de contrée. Une passe de pigeons ramiers.

    On a vu de jeunes cailles élevées dans des cages presque depuis leur naissance.... éprouver régulièrement deux fois par an une inquiétude et des agitations singulières dans les temps ordinaires de la passe, savoir au mois d'avril et au mois de septembre — Buffon (1707-1788)

    Dans le Béarn il y a deux passes d'ortolans et par conséquent deux chasses — Buffon (1707-1788)

  2. Terme d'escrime. Action par laquelle on avance sur l'adversaire, en passant le pied gauche au-devant du pied droit. Faire des passes et des voltes avec adresse. Mesure de la passe, se dit d'une position où les deux faibles de l'épée peuvent se toucher. Être, se placer à la mesure de la passe. Passes au collet, passes qui consistent à se saisir d'une manière prompte et adroite du corps de son ennemi, pour en tirer l'avantage.

    Je gagerai contre toi que de douze passes tu n'en feras pas trois à Hamlet ; tu combattras avec lui devant toute la cour — Voltaire (1694-1778)

  3. Action d'aller l'un contre l'autre dans une joute.

    Mais un troisième [chevalier] ne daigna pas se servir de sa lance [contre Itobad] ; en lui faisant faire une passe, il le prit par la jambe droite.... — Voltaire (1694-1778)

  4. Se dit des mouvements qu'un magnétiseur fait avec les mains, soit en touchant légèrement le corps du magnétisé, soit à distance.

  5. Terme de jeu de mail. Petit fer rond en forme d'arc, qui est à chaque bout du mail. Terme de l'ancien jeu de billard. Petite arcade de fer par laquelle il faut que la bille passe. Au jeu de mail, être en passe, se mettre en passe, venir en passe, être, se mettre, venir vis-à-vis de la passe. À l'ancien billard, être en passe, venir en passe, être dans un lieu du billard d'où l'on peut, sans bricole et en traversant la passe, toucher la bille opposée. Avoir la passe pleine, se dit lorsqu'on est tout vis-à-vis le milieu de la passe. Avoir de la passe, être de côté, en sorte pourtant qu'on puisse passer. Flatter la passe, tomber délicatement dessus avec sa bille. Prendre la passe, passer par dedans. Fig. et familièrement. Être en passe de, être dans une situation favorable pour. Être en belle passe, dans une belle passe, être dans une position qui promet beaucoup d'avancement. On dit aussi : n'être pas dans une belle passe ; être dans une mauvaise passe. Mettre en passe de, mettre dans une position favorable pour. Absolument. Mettre en passe, mettre dans une position favorable. Fig. La passe, les passes, la condition où l'on est.

    Nous songeons tous les jours à lui dans ce mail, et avec quelle bonne grâce il irait en passe en deux coups et demi — Mme de Sévigné (1626-1696)

    De voir un homme haï de moi, En passe de devenir roi — Scarron (1610-1660)

  6. Terme de danse. Mouvement du corps particulier à quelques figures. Entrelacement des bras dans la valse.

  7. Terme de marine. Canal entre deux terres, entre deux écueils. Par analogie.

    Le rapport de ces deux officiers fut très favorable ; ils avaient sondé la passe et l'intérieur de la baie — LA PÉROUSE

    On tend les trappes pour les loups à l'entrée des passes, au débouché d'un fourré — Chateaubriand (1768-1848)

  8. Lettres de passe, lettres accordées pour passer d'un emploi à un autre.

  9. Mise au jeu de quelques jetons ou fiches à chaque nouveau coup. On a oublié la passe. La passe est double.

  10. La petite somme qu'il faut ajouter à des pièces de monnaie pour compléter un compte. Vous me devez 62 francs ; vous ne me donnez que trois pièces de 20 francs ; vous me devez encore deux francs pour la passe. S'est dit au pluriel pour dépenses extraordinaires.

    On lui avait donné à Monsieur (vers 1620) un acquit patent de 50 mille écus pour les passes de sa maison

  11. La petite somme qui ramène à leur valeur primitive les pièces de monnaie que le gouvernement a réduites. Voilà un écu de six francs, et quatre sous pour la passe. La passe du sac, ce qu'on paye pour le sac qui contient l'argent que l'on reçoit.

    À deux cent six mille six cents livres à cause de la passe des écus — Dancourt (1661-1725)

  12. Passe algérienne, tribut annuel qui était payé par les nations maritimes de l'Europe pour se racheter de la piraterie des navires barbaresques.

  13. Aumône qu'on donne aux pauvres passants pour les aider à passer chemin et à se rendre où ils ont dessein d'aller.

  14. Terme d'imprimerie. Main de passe ou chaperon, main de papier en sus de chaque rame, destinée à servir à la mise en train et à remplacer les feuilles qui seraient gâtées ou qui manqueraient dans la rame. La main de passe est réglée à un dixième en sus du tirage ; par exemple, cent exemplaires sur mille. On ne paye pas les droits d'auteur sur les volumes de passe.

  15. Partie d'un chapeau de femme qui entoure le visage.

    La jolie blonde porta la main à sa coiffure comme pour faire rentrer sous la passe de son chapeau les boucles soyeuses — Charles de Bernard (1804-1850)

  16. Bâton qui, dans un jeu de longue paume, soutient la planche percée, au bas du toit.

  17. À la roulette, tout numéro au-dessus de 18. Jouer la passe.

  18. Tirer sa passe, à certains jeux de cartes, faire la vole. Voler la passe, à la bouillotte, se dit d'un joueur qui, ayant un mauvais jeu, propose une somme assez forte qu'il croit qu'on ne tiendra pas, afin de faire fuir les autres joueurs et de leur prendre la passe.

  19. Terme de marine. Bout que l'on introduit dans les intervalles des torons, pour exécuter les épissures. La passe d'un cordage est le tour qu'il fait sur une poulie, autour d'un point d'appui, dans un nœud ou dans un amarrage quelconque. Nœud de passe, terme générique désignant les sortes de nœuds dans lesquels les torons du cordage sont décommis. Passe du monde sur le bord ! commandement du maître d'équipage à deux matelots en grande tenue de se placer de chaque côté de l'échelle de commandement, au passage d'un officier qui va monter ou descendre du bord.

  20. Rouleau de bois à l'usage du teinturier sur soie.

Étymologie : Voy. PASSER.

Historique : XIVe s. Icellui Philippot prist un baston à terre, qui ilec estoit gisant, et faisoit criée et passe de leur jeu XVe s. Ung jeu appellé la passe, au quel jeu on joue avecques javelines Se aucun veult faire drap, entre drap et demi drap, il sera tenu mettre au bout du demi drap une boutiere ou passe

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. f.

  1. Nom vulgaire de la fauvette d'hiver, dite aussi passe privée, passe sourde, passe buissonnière, passe de haie. Passe de saule, le moineau friquet.

Étymologie : Lat. passer, moineau.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de passer.

  2. Mot de passe, Mot convenu qu’il faut connaître et qu’il faut dire pour pouvoir passer dans un endroit gardé. Faute d’avoir le mot de passe, il dut revenir sur ses pas.

  3. PASSE signifie aussi Endroit par où l’on passe.

  4. Il se dit spécialement dans ce sens en termes de Marine pour désigner une Sorte de chenal que les bâtiments peuvent suivre sans échouer. On peut entrer dans ce port par deux passes. Ce pilote connaît bien les passes.

  5. Fig. et fam., être en passe d’avoir quelque emploi, quelque charge, etc., être dans une position favorable pour l’obtenir. Il est en passe de devenir officier.

  6. Fig., être dans une bonne passe, dans une mauvaise passe, être dans une bonne, dans une mauvaise situation.

  7. En termes d’Imprimerie et de Librairie, Passe, main de passe, Main de papier qu’on délivre à l’ouvrier imprimeur en sus de chaque rame, pour servir à la mise en train et pour suppléer aux feuilles qui seraient défectueuses. La passe a produit douze exemplaires de plus que les cinq cents exemplaires demandés. Volumes de passe, Volumes tirés en plus du chiffre prévu.

  8. PASSE désigne, en termes d’Escrime, l’Action par laquelle on avance sur l’adversaire, en faisant passer le pied gauche devant le pied droit. Faire une passe sur quelqu’un.

  9. En termes de Danse, il désigne un Mouvement du corps particulier à quelques figures.

  10. Il se dit aussi des Mouvements qu’un magnétiseur fait avec les mains, soit en touchant légèrement la personne qu’il magnétise, soit à distance d’elle.

  11. Il se dit encore de la Partie d’un chapeau de femme qui est attachée à la calotte et qui abrite le visage.

  12. Maison de passe, Maison servant à des rendez-vous clandestins.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • passes — pluriel — /pasə/
  • passe — singulier — /pasə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée passe#45833.

passé

nom, masculin, /pase/

Voir aussi : forme féminine passée

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Ce qui a été fait ou dit autrefois. J'ai oublié tout le passé.

    Il vous trompait vous-même, et son cœur offensé Prétendait tôt ou tard rappeler le passé — Jean Racine (1639-1699)

    Que peut offrir le passé à un pécheur qui, étendu dans le lit de la mort, commence à ne plus compter sur la vie.... — Massillon (1663-1742)

  2. Le temps passé.

    Quoique vous connaissiez le passé et l'avenir — Voiture (1597-1648)

    Nous rappelons le passé, pour l'arrêter comme trop prompt — Pascal (1623-1662)

  3. Terme de grammaire. Le passé, l'inflexion du verbe par laquelle on marque un temps passé. Le passé défini. Le passé indéfini.

Étymologie : Passé 1.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Le temps écoulé. Le passé, le présent et l’avenir. On rappela tout ce qu’il avait fait par le passé.

  2. Il signifie aussi Ce qui a été fait ou dit autrefois. L’évangile nous recommande d’oublier le passé quand il s’agit de nos ennemis. Ne parlons plus du passé.

  3. En termes de Grammaire, PASSÉ se dit de Plusieurs temps du verbe exprimant une action qui a eu lieu, ou un état qui a existé dans un temps écoulé par rapport au moment ou l’on parle. Passé antérieur. Passé défini. Passé indéfini. Voyez

  4. ANTÉRIEUR , DÉFINI , INDÉFINI. Adjectivement, Participe passé. Voyez PARTICIPE.

  5. PASSÉ se dit aussi d’un Point de broderie où la soie ou le coton passent en dessus et en dessous de l’étoffe. Broderie au passé.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • passés — pluriel — /pase/
  • passé — singulier — /pase/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée passé#45881.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.