passe-port

passe-port

nom, masculin

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Permission de passer en des lieux où autrement on ne pourrait aller.

    On le fouille et l'on trouve enfin le passe-port — Jean Mairet (1604-1686)

  2. Permission donnée par l'autorité, et garantissant la liberté et la sûreté de ceux qui voyagent. Demander ses passe-ports, se dit d'un ambassadeur déclarant qu'il veut se retirer ; cela indique son mécontentement ; c'est un commencement de rupture entre les puissances ; pourtant la guerre n'est pas encore déclarée. Fig. Il porte son passe-port avec lui, c'est-à-dire son nom seul, son extérieur seul suffit pour le faire bien accueillir.

    C'était un attentat inouï d'arrêter, sans aucun prétexte, un sujet de Charles-Quint [Servet], qui voyageait sur la foi publique, muni de bons passe-ports — Voltaire (1694-1778)

    M. l'abbé de Bernis a bien voulu m'envoyer, de la part du roi, un passe-port dans lequel Sa Majesté me conserve le titre de son gentilhomme ordinaire — Voltaire (1694-1778)

  3. Terme de marine. Permission donnée par l'État à un bâtiment de commerce, de faire un voyage déterminé. Nom que les marins donnent à leur feuille de congé. Sauf conduit délivré à un bâtiment ennemi pour se rendre dans un port désigné.

    La guerre déclarée avec les Anglais [en 1666] a fait prendre les armes à plusieurs personnes, dont quelques-uns se sont avisés en cette province [Bretagne] d'armer et équiper des vaisseaux sous des passe-ports du sieur duc de Beaufort, sans commission du roi...

  4. Permission que le prince accordait de faire entrer dans ses États, ou d'en faire sortir des meubles, des marchandises, sans payer les droits.

  5. Fig Ce qui fait passer, accepter quelque chose. Au plur. Des passe-ports.

    Ceux qui reçoivent toutes sortes d'extravagances sous le passe-port des nouveautés — Gabriel Naudé (1600-1653)

    Il [Villebrune] se loue fort de vos honnêtetés ; je crois qu'il avait un bon passe-port, en parlant de moi — Mme de Sévigné (1626-1696)

Étymologie : Passer, port, au sens de passage, issue.

Historique : XVe s. Un batellier tenant en sa main une passeporte XVIe s. Je suis parti en poste de la ville de Paris, garny d'un brevet de passe-port, signé Dumas, controlleur general des postes Ainsi cette armée se garantit sous le passe-port des rivieres Le mot de passe port, qui nous a esté si familier pendant nos derniers troubles, est une abreviation de passe par tout, qui est un buletin que nous obtenons des gouvernemens, afin qu'il nous soit loisible de passer partout sans prix

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée PASSE-PORT.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.