pasquin

pasquin

nom, masculin, /paskɛ̃/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Nom d'une statue mutilée, en marbre, qui est au coin du palais des Ursins, à Rome, et à laquelle on attache des satires et des railleries, en vers ou en prose. Marforio est le nom d'une statue antique placée en face de celle de Pasquin ; quand on voulait attribuer à Pasquin un mot satirique, on le préparait par une question placée dans la bouche de Marforio.

    Ces maraudailles de Paris disent que Marfore demande à Pasquin pour quoi on prend en une même année Philisbourg et Maëstricht, et que Pasquin répond que c'est parce que M. de Turenne est à Saint-Denis et monsieur le Prince à Chantilly — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. Méchant bouffon, satirique trivial ; on met une majuscule. Cet homme est un Pasquin, n'est qu'un Pasquin.

  3. Écrit satirique (on met une minuscule en ce sens). Faire courir un pasquin.

    Je n'eusse pas cru qu'il pût arriver que je vous donnasse jamais quelque sujet de plainte, ni que l'on dût faire un jour des pasquins contre moi dans Madrid — Voiture (1597-1648)

    Un écrit scandaleux sous votre nom se donne ; D'un pasquin qu'on a fait, au Louvre on vous soupçonne — Boileau (1636-1711)

  4. Valet de comédie. Le Pasquin de la troupe.

Étymologie : D'après Castelvetro, cité dans Ménage, ce mot vient d'un tailleur de Rome nommé Pasquino, chez qui on faisait des médisances. Les Italiens ont dit pasquillo, pour écrit satirique, que Diez tire de pasquino, par un diminutif, pasquinolo, comme corolla, de corona. Ce pasquillo avait donné pasquil ou pasquille en français : Le Pasquil de la cour, 1561 ; la Pasquille d'Allemagne, 1546 ; et dans Rabelais Pasquillus. C'est de pasquille, au féminin, que vient le wallon pasquèie, pasquée, pasquaye, paskèie, et aussi pasqueille, chanson en dialogue, élogieuse ou satirique.

Historique : XVIe s. Du temps du feu roy Charles IX fut fait un pasquin à Fontainebleau, fort vilain et scandaleux, où il n'espargnoit pas les princesses et les plus grandes dames ny autres ; que si l'on eust sceu au vray l'autheur, il s'en fust trouvé très mal Pasquilli doctoris marmorei, de capreolis cum cardoneta comedendis

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Nom d’une vieille statue mutilée qui se trouvait à Rome et à laquelle on avait coutume d’attacher de petits écrits satiriques. On désigne quelquefois par ce nom un Méchant diseur de bons mots, un satirique dans le genre bas et bouffon. Cet homme est un pasquin, n’est qu’un pasquin.

  2. Il se dit aussi d’un écrit satirique. Faire courir un pasquin.

  3. PASQUIN est encore le Nom d’un valet de comédie.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • pasquins — pluriel — /paskɛ̃/
  • pasquin — singulier — /paskɛ̃/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pasquin#45815.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.