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part

part

nom, féminin · /paʁ/

Usage : très fréquent (313 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Portion d'un tout attribuée ou destinée à quelqu'un lors d'un partage.

    Chacun a reçu sa part du gâteau.

    Synonyme : portion.

    « César trouvait le moyen d'avoir la meilleure part »Bossuet (1627-1704)

    « Je lui promets un quart de part dans toutes les pièces qu'on jouera dorénavant de moi, où l'on ne sifflera pas »Dancourt (1661-1725)

  2. Participation d'une personne à une action, une affaire ou un profit commun.

    Il a eu sa part de responsabilité dans cet échec.

    « En mettant Caméron de part dans toutes les bonnes parties »Antoine Hamilton (1646-1720)

    « Il n'eut point de part avec les hypocrites »Fléchier (1632-1710)

  3. Lieu indéterminé, employé dans des locutions adverbiales marquant une direction ou une provenance.

    Les appels arrivaient de toutes parts.

    « Si jamais, entraîné d'une ardeur étrangère, Ou d'un vil intérêt reconnaissant la loi, Je cherche mon bonheur autre part que chez moi »Boileau (1636-1711)

    « Quelque part et quelque loin que l'on ait pénétré depuis la perfection de l'art de la navigation, l'homme a trouvé partout des hommes »Buffon (1707-1788)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Expressions : à part entière · avoir sa part du gâteau · de part en part · faire la part belle à quelqu'un · faire la part des choses · la part du lion · se tailler la part du lion

Grammaire et formes (2)
  • parts : pluriel · /paʁ/
  • part : singulier · /paʁ/

Témoignages historiques

Littré (1873), entrée 2 · 12 sens

s. f.

  1. Partie, portion d'un tout quelconque.

    Le reste.... Se couche contre terre, et, sans faire aucun bruit, Passe une bonne part d'une si belle nuitPierre Corneille (1606-1684)

    Pour causer avec elle une part de la nuitPierre Corneille (1606-1684)

  2. Particulièrement, portion d'une chose divisée, lot. On a fait trois parts du bien de la succession. La plus forte part. La moindre part. Les parts d'un gâteau. Par extension. Fig. Quote-part, voy. QUOTE. J'y retiens part, se dit quand on est avec quelqu'un qui trouve quelque chose et qu'on veut partager sa trouvaille. Part à deux, se dit dans le même sens. Faire la part au plus jeune, partager inégalement et injustement (le plus jeune étant traité sans façon). Terme d'ancienne législation. Part avantageuse, la portion que l'aîné avait dans les fiefs, outre son préciput. Fig. La part du lion, celle qu'un homme, par abus d'autorité, s'attribue dans un partage ; locution tirée de la fable où le lion, faisant société avec la génisse, la chèvre et la brebis, s'attribue tout le profit. Il n'en jetterait pas sa part aux chiens, se dit de celui qui a des prétentions sur quelque chose. On dit dans le même sens : n'en pas donner sa part, n'en pas quitter sa part. Fig. Avoir part au gâteau, avoir un intérêt secret en quelque affaire. Fig. Avoir sa bonne part d'une chose, avoir beaucoup de quelque chose, et, le plus ordinairement, en un sens péjoratif, beaucoup de quelque chose de pénible. Faire la part du feu, abattre une partie des édifices que le feu menace, afin de sauver le reste ; et fig. sacrifier une portion de ce que l'on possède pour mettre le reste à l'abri. Faire la part des accidents, prévoir ce que les accidents pourront apporter d'obstacles, causer de préjudice dans une affaire. En général, faire la part de, faire entrer en ligne de compte. Cet acteur a peu réussi dans son début, mais il faut faire la part du trouble, de la timidité. Faire la part du diable, tenir compte de la faiblesse humaine. Faire la part de la critique, mêler des critiques aux éloges. Faire la part de la jeunesse, user d'indulgence.

    Eh bien ! prends-en ta part, et me laisse la miennePierre Corneille (1606-1684)

    D'un bien qu'ils ont sauvé je leur dois quelque partPierre Corneille (1606-1684)

  3. Part se dit des quotités qui reviennent à chaque personne participant à une affaire. Entrer en part. Être de part, avoir une part dans les bénéfices d'une affaire. Mettre de part, admettre à la participation des bénéfices. Terme de marine. Être à la part, naviguer à la part, avoir part dans les bénéfices de la campagne. Part de prise, voy. PRISE. Au sens juridique, portion qui, dans un partage, appartient à chacun des copartageants, et, spécialement, portion de la succession qui appartient à chaque cohéritier. Part en nature (Cod. Nap. art. 826), part des biens meubles ou immeubles tels qu'ils sont ; part en argent, portion du prix des biens vendus. Part virile, portion d'un partage égal et opéré par tête ; part héréditaire, la portion, égale ou inégale, qui revient à un cohéritier en vertu de ses droits spéciaux à une succession.

    Je lui promets un quart de part dans toutes les pièces qu'on jouera dorénavant de moi, où l'on ne sifflera pasDancourt (1661-1725)

    Je fais des vœux et je crains pour M. de Richelieu ; quoiqu'il ait refusé un malheureux quart de part à Lekain, je l'aime toujoursVoltaire (1694-1778)

  4. Participation. Avoir part à, participer à. Avoir la première part à quelque chose, y jouer le principal rôle. Avoir part en, être complice de. Avoir part en, se dit aussi pour avoir sa part de, participer à l'avantage de. Faire part de quelque chose à quelqu'un, l'y faire participer, l'en faire entrer en partage. On dit dans un sens analogue : donner part. Prendre part à, entrer en participation de, se mêler de.

    Nos malheurs jusqu'ici vous touchent faiblement ; Vous n'avez point encor de part à nos misèresPierre Corneille (1606-1684)

    Mais, comme vous aviez votre part aux offenses, Je vous ai réservé votre part aux vengeancesPierre Corneille (1606-1684)

  5. Portion morale, c'est-à-dire part d'affection, d'amour, etc. Prendre part à quelque chose, s'y intéresser. Prendre part en, prendre intérêt à. Prendre, interpréter, expliquer une chose en bonne, en mauvaise part, la prendre en bien, en mal, lui donner un sens favorable, un sens fâcheux ou malin.

    Nous avons en son cœur, vous et moi, peu de partPierre Corneille (1606-1684)

    Ah, reine, en votre cœur il garde trop de partPierre Corneille (1606-1684)

  6. Communication, renseignement. Faire part de quelque chose à quelqu'un, l'en informer. On dit aussi donner part. En diplomatie, donner part, faire une communication officielle. Il y a déjà longtemps que la nouvelle en est arrivée ; mais l'ambassadeur n'en a pas encore donné part. Billets de faire part, ou, elliptiquement, billets de part, et quelquefois un faire part, billets, circulaires, par lesquels on fait part d'un mariage, d'un décès, d'une naissance, etc.

    Avant que de partir, il faudra sur le tard De vos heureux succès lui faire quelque partPierre Corneille (1606-1684)

    Achevez, je vous prie, Et souffrez qu'à ce mot ma curiosité Vous demande sa part de cette nouveautéPierre Corneille (1606-1684)

  7. De la part de, se dit de la personne de qui vient quelque chose. De quelle part viennent ces avis ? Je sais cela d'autre part que vous. De quelque part qu'il vienne, il sera bien reçu. De bonne part, d'une personne qui mérite confiance. Familièrement. Je prends cela de la part d'où il vient, c'est-à-dire je ne fais pas assez de cas de cet homme pour m'offenser de ce qu'il peut dire contre moi. De ma part, de sa part, de mon côté, de son côté. Pour ma part, pour sa part, quant à moi, quant à lui. Pour ma part, j'ai fait tout ce que j'ai pu. De ma part, de sa part, locution qui a le même sens que pour ma part, pour sa part, mais qui a un peu vieilli.

    Rodrigue de ma part n'a rien à redouterPierre Corneille (1606-1684)

    Voyez-la de ma part, tâchez de la gagnerPierre Corneille (1606-1684)

  8. Endroit, lieu. Voilà un homme que j'ai vu quelque part. Nulle part, en aucun lieu. De toute part, de toutes parts, loc. adv. De tout côté. De part et d'autre, de côté et d'autre. J'ai couru de part et d'autre. Fig. De part et d'autre, réciproquement. Ils se sont bien traités de part et d'autre. De part et d'autre, d'une et d'autre part, à l'un et à l'autre point de vue. D'une part il considérait que.... d'autre part il envisageait.... D'une et d'autre part je vois de grands avantages. Dans les contrats, dans les procès, d'une part..., d'autre part.... se dit des parties contractantes, plaidantes. Transaction entre un tel d'une part et un tel d'autre part. Dans les mémoires, dans les livres de compte, en l'autre part, de l'autre part, de l'autre côté de la feuille. Des deux parts, chez l'un comme chez l'autre. Sottise des deux parts.

    Quand seule en une part il [un homme de grand cœur] a fait une fauteMalherbe (1555-1628)

    Les conditions furent : que toutes les villes grecques, en quelque part qu'elles fussent, seraient maintenues en leurs libertés, lois et privilégesMalherbe (1555-1628)

  9. De part en part, loc. adv. D'un côté à l'autre, tout à travers. Fig. À part, loc. adv. Séparément. Mettez cela à part. Faire lit à part, se dit d'un mari et d'une femme qui couchent séparément. Fig. Mettre à part, laisser de côté. Laisser à part, même sens. À part, en particulier. Fig. Avoir un but à part, avoir un but particulier. Fig. À part, exceptionnel, particulier. C'est un fait à part. C'est un homme à part. C'est un esprit à part. Telle chose à part, en mettant de côté telle chose, en faisant abstraction de telle chose. Terme de théâtre. Dire quelque chose à part, le dire en quelque sorte à soi-même, de manière à être entendu des spectateurs, mais de telle façon qu'ils puissent croire que l'autre acteur ne l'ait pas entendu. Voy. APARTÉ.

    Qu'un homme.... Qu'on a de deux grands coups percé de part en part, Soit dès le lendemain si frais et si gaillardPierre Corneille (1606-1684)

    Elle eût de part en part Percé son cœurLa Fontaine (1621-1695)

  10. À part, loc. prép. Excepté (à part en ce sens se met en tête de la phrase). À part sa vivacité, on ne peut qu'être satisfait de son caractère.

  11. À part moi, à part soi, loc. adv. Seul. En moi-même, en soi-même, tacitement.

    Quand je suis à part moi, souvent je m'étudieMathurin Régnier (1573-1613)

    Je disais à part moi : las ! mon Dieu ! qu'est ceci ?Mathurin Régnier (1573-1613)

  12. La plupart, voy. PLUPART.

Étymologie : Prov. part ; espagn. et ital. parte ; du lat. partem, qui, d'après Corssen (Beitr. p. 76), viendrait du radical sanscr par, prĭ, donner, achever. À part paraît venir du latin scolastique : a parte rei, indépendamment du réel : an res universales sint a parte rei, id est secundum se, si les choses universelles sont indépendamment du réel, c'est-à-dire par elles-mêmes, RÉMUSAT.

Historique : IXe s. Et Karlus meos sendra [mon seigneur], de suo part, non lo stanit [ne le tienne pas, un serment]... XIe s. De meie part ma moillier [femme] saluez Itels vint mille [chevaliers] [il] en mist à une part [à part] De toutes parz est Montjoie escriée Quel part qu'il alt [aille].... Ne orgueillus n'home de male part Sainz Gabriel qui de part Deu le garde XIIe s. Grant part de son barné [de sa baronie] Cil prist Aude, une part [à part] la mena Et d'ambes parz [des deux parts] très bien jurer et fiancer, Que ne feront jamais guerre recommencier Vaillanz [il] fut et prudhom et de moult bone part …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Littré (1873), entrée 1 · 2 sens

s. m.

  1. Terme de jurisprudence. L'enfant dont une femme vient d'accoucher. Exposition de part, l'action de déposer et de délaisser un enfant. Suppression de part, l'action de soustraire et de cacher un enfant immédiatement après sa naissance, et de le priver ainsi, non pas de la vie, mais de son état civil. Supposition de part, l'action de présenter un enfant comme né de telle femme, bien que cette femme ne soit pas accouchée. Substitution de part, l'action de remplacer un enfant mort-né, ou un enfant dont le sexe ne répond point aux vues que l'on peut avoir, par un enfant vivant ou un enfant d'un sexe différent. Il n'a point de pluriel.

  2. La mise bas des animaux.

    Le lait du quatrième jour qui suit le part peut entrer dans le commerceMme de Genlis (1746-1830)

Étymologie : Lat. partus, de parere, enfanter ; Berry, cette vache a bien fait son part.

Historique : XVe s. Laquelle fille, tous jours desnia qu'elle fut grosse, jusques au penultieme jour de janvier, qui estoit le temps de son part et enfantement XVIe s. Elles accoucherent chacune d'un part monstrueux

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 1 sens

n. m.

  1. T. de Jurisprudence — L’enfant dont une femme vient d’accoucher. Il n’a point de pluriel et il n’est guère usité que dans ces locutions : Supposition de part, suppression de part, confusion de pari.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée part#45698.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.