s. f.
Ouvrage, en prose ou en vers, où l'on tourne en raillerie d'autres ouvrages, en se servant de leurs expressions et de leurs idées dans un sens ridicule ou malin. Fig.
La parodie est la fille de la rhapsodie [c'est-à-dire elle commença chez les Grecs à propos des rhapsodies d'Homère] — SCALIGER
On trouve dans les dernières éditions des œuvres de Boileau une parodie ingénieuse de quelques scènes du Cid ; on peut voir aussi, dans les poésies de Mme Deshoulières, une parodie d'une scène de la même tragédie — Dumarsais (1676-1756)
Particulièrement. Pièce de théâtre d'un genre burlesque, où l'on travestit une pièce d'un genre noble. Dominique et Legrand ont fait dans leur Agnès de Chaillot une spirituelle parodie de l'Inès de Castro de Lamotte-Houdard.
Fig. Peinture fausse, exagérée, travestissement moqueur.
Tout est [à Paris] colifichet, pompon et parodie : Le monde, comme il est, me plaît à la folie — Gresset (1709-1777)
Couplet, strophe lyrique composée tout exprès pour être chantée sur un air, sur une mélodie faite à l'avance. S'est dit, au XVIIIe siècle, de tous les vaudevilles faits sur les airs d'opéra de Lulli et de Rameau.
Louis XIV faisait sur-le-champ de petites parodies sur les airs qui étaient en vogue — Voltaire (1694-1778)
Dans une musique bien faite, le chant est fait sur les paroles ; et, dans la parodie, les paroles sont faites sur le chant — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
On a enfin donné le nom de parodie à des pièces qui, n'ayant plus aucune ressemblance avec l'original, l'analysent ou le résument en ridicule. Désaugiers a composé une amusante parodie de l'opéra de la Vestale de Spontini.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).