paresse

paresse

nom, féminin, /paʁɛsə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Propension à ne pas travailler. La paresse est un des sept péchés capitaux. Familièrement et fig. Relever quelqu'un du péché de paresse, le remettre vivement à son devoir.

    C'est se tromper que de croire qu'il n'y ait que les violentes passions, comme l'ambition et l'amour, qui puissent triompher des autres ; la paresse, toute languissante qu'elle est, ne laisse pas d'être souvent la maîtresse — LA ROCHEFOUCAULD

    Nous avons plus de paresse dans l'esprit que dans le corps — ID.

  2. Un acte de paresse.

    Je n'ai point reçu de vos lettres.... et quoique... je sois assurée.... que ce désordre vienne d'un laquais et d'une paresse, je n'ai pas laissé d'être toute triste et toute décontenancée — Mme de Sévigné (1626-1696)

  3. Faiblesse de tempérament qui porte à ne pas agir.

    Pendant que la paresse et la timidité nous retiennent dans notre devoir, notre vertu en a souvent tout l'honneur — La Rochefoucauld (1613-1680)

    Vous connaissez l'homme et sa paresse naturelle à soutenir la conversation — Molière (1622-1673)

  4. Amour du repos, humeur paisible. La paresse a ses douceurs.

  5. Lenteur. Fig. Paresse d'esprit, lenteur, nonchalance d'esprit qui empêche de concevoir promptement ou de s'appliquer avec force.

    Vous avez vu l'Espagne et surtout les Gaulois Par des ambassadeurs accuser ma paresse — Jean Racine (1639-1699)

    Où donc est ce grand cœur dont tantôt l'allégresse Semblait du jour trop long accuser la paresse ? — Boileau (1636-1711)

Étymologie : Provenç. pereza, pareza ; cat. peresa ; esp. pereza ; du lat. pigritia. Entre pigritia et paresse, la forme perece fait l'intermédiaire.

Historique : XIe s. Vostre parecce, Rolant, mar [à mal] là [nous] veïsmes XIIIe s. Valor qui leur defent mauvaistié et paresse Toute l'estoire voil porsuivre, Jà peresce ne m'iert [ne me sera] d'escrivre Il ne me sera jà à peresce, Que me face une forteresce Qui les roses clorra entor En toz les cas où ses sires perdroit par sa tricerie ou par sa fole pereche XVIe s. Brief il ne luy mesadvint jamais par sa paresse, ny par se trop arrester et estre subject à son plaisir

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Disposition habituelle à ne pas travailler, nonchalance, négligence des choses qui sont de devoir, d’obligation. Paresse incorrigible. Perdre toutes ses affaires par paresse, par sa paresse. La paresse est un des sept péchés capitaux.

  2. PARESSE se dit familièrement, dans une acception moins stricte, d’une Certaine faiblesse de tempérament qui porte à se dispenser de faire tout ce qui demande un peu d’effort. C’est par paresse qu’il ne va jamais se promener. Le théâtre est à ma porte; si je n’y vais pas, c’est la paresse qui m’en empêche.

  3. Paresse d’esprit, Certaine lenteur, certaine nonchalance d’esprit, qui empêche de concevoir promptement ou de s’appliquer avec force, avec persévérance.

  4. PARESSE se prend quelquefois dans une acception favorable et signifie Amour du repos, du loisir, tranquillité du corps et de l’esprit. Paresse aimable. Une douce paresse. Ce poète a chanté la paresse.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • paresses — pluriel — /paʁɛsə/
  • paresse — singulier — /paʁɛsə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée paresse#45534.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.