parage

parage

nom, masculin, /paʁaʒə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens) · 1873 (3 sens) · 1873 (2 sens) — Académie 1935 (1 sens)

Littré (1873) — entrée 1

s. m.

  1. Terme de marine. Espace de mer, étendue de côtes accessible à la navigation. Ces parages sont habités par des sauvages.

    Le prince de Conti faisait un triste et humiliant personnage, n'osant mettre pied à terre dans un parage ennemi qui lui refusait des vivres — Saint-Simon (1675-1755)

    Les côtes du Brésil, les Barbades et plusieurs autres parages — Dortous de Mairan (1678-1771)

  2. Fig. et familièrement. Au plur. Tout endroit sur la terre où des personnes se rencontrent. Que venez-vous faire dans nos parages ?

Étymologie : Origine incertaine. Paregium est dans un texte de la fin du XIIIe siècle, et est la traduction d'un mot français parei ou paroi ou parege ; on peut donc conjecturer que parege s'est confondu par assimilation avec parage 2, et qu'il est une dérivation du latin paries, paroi : le parage serait la paroi de la mer.

Historique : XVIe s. On alumast du feu, afin que les vaisseaulx du pays eussent congnoissance que de nuit on les attendoit sur le parroy ou rive de la mer

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 3

s. m.

  1. Terme de marine. Poli que les charpentiers donnent aux surfaces de la membrure d'un vaisseau, avant de le border.

  2. Terme rural. Labour donné aux vignes avant l'hiver.

  3. Une des opérations de l'ajustage des pièces métalliques, qui a pour but de redresser les surfaces.

Étymologie : Parer.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 2

s. m.

  1. Extraction, qualité.

    Un rat.... raillait le marcher un peu lent De la bête de haut parage [un éléphant] — La Fontaine (1621-1695)

    Caumartin avait beaucoup d'amis, et de haut parage — Saint-Simon (1675-1755)

  2. Terme de féodalité. Droit en vertu duquel une petite partie du fief était possédée par les puînés.

Étymologie : Provenç. paratge ; esp. parage ; ital. paraggio ; d'un bas-latin paraticum, de par, égal (voy. PAIR) : le parage est proprement l'égalité de naissance, de rang.

Historique : XIIe s. Nos somes andui [tous deux] d'un parage Des citehains de Londres fui nez en cel estage, En lur visnez [voisinage] senz plainte mestrent [mirent, passèrent] tut lur eage, Ne furent, cum tu diz, d'einsi très bas parage XIIIe s. Se j'avoie mon jouvent [jeunesse] tout usé, Si sui-je riche et de moult haut parage, Qu'on m'aimeroit à petit de beauté Vous i avés menti comme faus traitres que vous iestes ; et bien devés dire teles paroles, car vous iestes dou parage Guenelon XVe s. En nom Dieu, nous vous croirons, car vous estes un homme de parage et pour qui on doit moult faire XVIe s. Nul au…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Extraction, qualité. Il est vieux et n’est plus guère usité que dans l’expression De haut parage, De grande naissance, de haut rang. Gens, dame, demoiselle, personne de haut parage.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • parages — pluriel — /paʁaʒə/
  • parage — singulier — /paʁaʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée parage#45378.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.