paradis
nom, masculin, /paʁadi/
Définitions
Lieu où, selon certaines religions, les âmes des justes séjournent après la mort dans un bonheur éternel.
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Lieu ou situation offrant un agrément et un bonheur extrêmes.
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Dans un théâtre, galerie la plus haute et la moins coûteuse.
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Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (13 sens) — Académie 1935 (12 sens)
Littré (1873)
s. m.
Terme d'antiquité. Grands parcs chez les anciens Perses ; jardins délicieux.
Un vieux mot, paradis, que l'hébreu, comme toutes les langues de l'Orient, avait emprunté à la Perse, et qui désigna d'abord les parcs des rois achéménides — RENAN
Le paradis terrestre, ou, simplement, le paradis, jardin où Dieu mit Adam dès qu'il l'eut créé.
Le Seigneur Dieu prit donc l'homme, et le mit dans le paradis de délices, afin qu'il le cultivât et qu'il le gardât — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Son innocence tout ensemble et sa félicité dans le paradis — Bossuet (1627-1704)
Fig. et familièrement. Séjour délicieux. Ce pays est un paradis.
Et Tours, que l'on appelait le jardin de la France, se doit à cette heure nommer le paradis de la terre — Voiture (1597-1648)
Il n'y a rien de plus agréable que La Haye, quand le soleil daigne s'y montrer ; on ne voit ici que des prairies, des canaux et des arbres verts ; c'est un paradis terrestre depuis La Haye jusqu'à Amsterdam — Voltaire (1694-1778)
Lieu où résident les âmes des justes et les anges, jouissant d'un bonheur éternel. Les joies du paradis. Il est maintenant en paradis. Portier du paradis, saint Pierre. Fig. Se recommander à tous les saints et saintes du paradis, être en grand danger, implorer la protection de tout le monde. Fig. Être en paradis, se croire en paradis, dans le paradis, c'est-à-dire être dans une extrême joie, ou se trouver délivré d'une vive douleur, d'une grande inquiétude. Fig. Entendre les joies du paradis, c'est quand on voit ou entend les autres prendre des plaisirs, sans qu'on y ait part. On dit des riches qui prennent toutes leurs aises et qui goûtent tous les plaisirs, qu'ils ont leur paradis en ce monde. Vous ne l'emporterez pas en paradis, c'est-à-dire vous me le revaudrez avant de mourir, je me vengerai tôt ou tard. Il a heurté à la porte du paradis, se dit d'un homme qui a été à l'agonie. Fig. Mettre en paradis, glorifier. Fig. Aller par delà paradis, faire au delà de son devoir, de ce qui est exigé. Titre de poëmes consacrés au paradis chrétien. Le Paradis, une des trois parties du poëme de Dante. Le Paradis perdu, de Milton.
On ne sait ce qui en arrivera [du sermon hardi d'un moine] ; tout au pis aller, un moine n'a rien à perdre ; il n'y a pas plus loin en paradis de la Bastille que de son couvent — Gui Patin (1601-1672)
Elle a principalement dans la tête de vouloir aller en paradis — Mme de Sévigné (1626-1696)
Le paradis de Mahomet, lieu où les fidèles musulmans jouiront, après leur mort, de toutes sortes de plaisirs.
On déclame tous les jours contre le paradis sensuel de Mahomet ; mais l'antiquité n'en avait jamais connu d'autres — Voltaire (1694-1778)
Fig. État le plus agréable et le plus heureux dont on puisse jouir. Un bon ménage est le paradis sur terre.
En me tirant d'erreur m'ôte du paradis — Boileau (1636-1711)
Je serai en paradis quand mes oreilles entendront mes vers embellis par votre musique — Voltaire (1694-1778)
Ancien terme de marine. Nom donné, dans le XVIe et le XVIIe siècle, à une retraite pratiquée dans un port, pour mettre les navires à l'abri des accidents de la mer et du vent.
La France n'avait avant le règne de Votre Majesté aucun havre qui fût capable de recevoir une flotte royale.... c'est par la prudence et les ordres de Votre Majesté que le paradis de Calais, le bassin du Havre de Grâce, la chambre de Brest.... ont été bâtis — P. FOURNIER
Terme de théâtre. Amphithéâtre placé au plus haut rang des loges.
Pourquoi a-t-on appelé paradis le rang des troisièmes loges à la comédie et à l'opéra ? est-ce parce que, ces places étant moins chères que les autres, on a cru qu'elles étaient faites pour les pauvres, et qu'on prétend que dans l'autre paradis il y a beaucoup plus de pauvres que de riches ? est-ce parce que, ces loges étant fort hautes, on leur a donné un nom qui signifie aussi le ciel ? — Voltaire (1694-1778)
Nom donné anciennement à des cours devant une église. Se disait des autels provisoires élevés dans les rues les jours de procession solennelle. On dit maintenant reposoir.
Pourquoi a-t-on donné le nom de paradis à des cours carrées au devant d'une église ? — Voltaire (1694-1778)
Oiseau de paradis, oiseau des Indes à longues plumes effilées, genre paradisaea, Linné, passereaux conirostres. Oiseau de paradis, se dit aussi des plumes de cet oiseau que les femmes portent dans leur coiffure. Son oiseau de paradis lui coûte fort cher.
Pommier de paradis, ou, simplement, paradis, espèce de pommier nain. Pomme de paradis, ou, simplement, paradis, espèce de pomme rouge qui se mange en été.
Fleurs de paradis, bel arbre du Pérou. Paradis des jardiniers, le saule pleureur.
Nom spécifique d'un polynème, poisson.
Étymologie : Bourg. pairaidi ; prov. paradis ; espagn. paraiso ; ital. paradiso ; du lat. paradisus, de παράδεισος, jardin. Παράδεισος est un mot persan : zend, pairidaeza, enclos, de pairi, entour (le grec περὶ), et daeza, rempart, sanscrit dēha, équivalent au grec τεῖχος. Le paradis des théâtres vient des mystères, qui représentaient le paradis en haut, la terre au-dessous, l'enfer au niveau du sol.
Historique : XIe s. Sieges aurez al greignor [au plus grand] pareïs XIIe s. Lors dit Ansiaux de Chartres : par Deu de paradis.... Quant Deus ot fait Adam e mis en paradis XIIIe s. Diex ! dist Renart, sainte Marie ! Où fu trovez icist biax estres ? Je cuit c'est paradis terrestres Et il [Louis IX] demanda se il avoit nulles nouvelles du conte d'Artois son frere ; et il dit que il en savoit bien nouvelles ; car estoit certein que son frere le conte d'Artois estoit en paradis XVe s. Lequel ils affirmoient, sur leur part de paradis et sur le peril de leurs ames, que celui estoit droict et vrai pape Vous regard…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Jardin de délices. Il n’est d’usage en ce sens que dans cette expression : Le paradis terrestre, Le jardin où Dieu mit Adam aussitôt qu’il l’eut créé. Dieu chassa Adam et ève du paradis terrestre, ou simplement du paradis.
Il se dit, figurément et familièrement, d’un Lieu, d’un séjour délicieux, charmant, orné par la nature ou par l’art. Cette campagne, cette vallée, ce jardin est un paradis terrestre, est un vrai paradis, un petit paradis, un paradis.
Oiseau de paradis. Voyez
OISEAU.
PARADIS désigne aussi le Séjour des bienheureux, le lieu de délices où les âmes des justes voient Dieu et jouissent d’un bonheur éternel. Les joies du paradis. Mériter le paradis par ses bonnes oeuvres.
Fig. et fam., être en paradis, croire être en paradis, dans le paradis, être dans une extrême joie ou Se trouver délivré de quelque grande douleur, de quelque grande peine d’esprit.
Fig. et fam., Se recommander à tous les saints du paradis, Implorer l’assistance, la protection de tout le monde.
Fig., Faire son paradis en ce monde, Se livrer à toute sorte de plaisirs.
Fam., et par manière de menace, Vous ne l’emporterez pas en paradis, Je me vengerai de vous tôt ou tard.
Le paradis de Mahomet, Lieu où Mahomet a fait espérer aux sectateurs de sa loi qu’après leur mort ils jouiront de tous les plaisirs des sens.
PARADIS se dit figurément de l’état le plus heureux dont on puisse jouir et du Lieu où l’on en jouit. Un bon ménage est le paradis sur la terre. Cette plage est le paradis des enfants.
PARADIS, dans les Théâtres, se dit, par extension, de l’étage le plus élevé d’une salle de spectacle.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (1)
- paradis — forme de base — /paʁadi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée paradis#45356.