pan
interjection
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)
Littré (1873) — entrée 3
Onomatopée qui exprime soit le bruit occasionné par un corps qui tombe subitement ou frappe sur un autre corps, soit le bruit de quelque chose qui éclate.
Lorsque le champagne fait, en s'échappant, Pan ! pan ! — DESAUGIERS
Pan ! pan ! est-ce ma brune, Pan ! pan ! qui frappe en bas ? — Béranger (1780-1857)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (1)
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pan#101641.
pan
nom, masculin, /pɑ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (7 sens) · 1873 (2 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873) — entrée 4
s. m.
Abréviation de empan, mesure de longueur usitée dans le Midi, et qui est de 24 centimètres.
Étymologie : Voy. EMPAN.
Historique : XVIe s. Si n'avoit pas les cheveulx plus longs deux pans qui luy recerceloient tout autour du chapellet
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 1
s. m.
Partie considérable d'un vêtement, robe, manteau, habit. On dit aussi un pan de tapisserie. Pan de cuirasse, partie qui couvrait le haut des reins.
D'un des pans de sa robe il couvre son visage, à son mauvais destin en aveugle obéit — Pierre Corneille (1606-1684)
De ses bras elle se dérobe, Lui laissant un pan de sa robe — Scarron (1610-1660)
Terme de chasse. Sorte de filet que l'on tend autour d'un bois. Pan de rets, ceux avec lesquels on prend les grosses bêtes.
Par comparaison avec un pan de vêtement, partie d'un mur. Par analogie.
Quand on y était parvenu [sous la muraille, par la mine, dans les siéges anciens], on étayait et on soutenait les murailles par de gros pieux de bois, auxquels ensuite les mineurs mettaient le feu et se retiraient ; et bientôt l'on voyait tomber de longs pans de muraille — Rollin (1661-1741)
En tournant de là vers la gauche, fabriques ruinées, colonnes qui tombent de vétusté, et grand pan de vieux mur — Diderot (1713-1784)
Chacun des côtés d'un ouvrage de maçonnerie, de menuiserie, d'orfévrerie, etc. Pan de comble, un des côtés de la couverture d'un comble. Long pan, le plus long côté d'un comble, d'une lucarne.
Il fit [Salomon] à l'entrée de l'oracle deux petites portes de bois d'olivier, et des poteaux qui étaient à cinq pans — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Prismes éblouissants, dont les pans azurés, Défiant le soleil dont ils sont colorés, Peignent de pourpre et d'or leur éclatante masse — Jacques Delille (1738-1813)
Pan de bois, clôture de charpenterie qui sert à séparer des chambres. Terme de menuiserie. On appelle pans les quatre pièces de bois ou traverses qui forment la couchette. Pan de canon, partie aplatie d'un canon, d'un fusil ou d'une carabine. Dans une lame de sabre ou d'épée, les pans creux sont des évidements assez larges relativement à leur profondeur, ménagés le long de la lame pour l'alléger. Terme de marine. Face d'une pièce de bois dans le sens de sa longueur.
Pan coupé, figure dont les angles sont coupés. Pan coupé, surface qui remplace l'angle à la rencontre de deux pans de mur.
À pan, tout à pan, locution usitée dans quelques provinces et signifiant en plein, à même. Mettre quelqu'un à pan d'un panier de fruits. Vendanger tout à pan.
Étymologie : Prov. pan ; esp. paño ; port. pano, panno ; ital. panno ; du lat. pannus ; grec, πῆνος, morceau d'étoffe. Le sens est passé, de morceau d'étoffe, à une pièce d'étendue quelconque : pan de muraille, et, dans l'ancienne langue, pan de terre.
Historique : XIe s. De son haubert [il] lui a rompu les pans En ses granz plaies les pans [les morceaux de son vêtement] [il] li a boutet Je vous durrai [donnerai] un pan de mon pays XIIe s. La couele et l'estamine out desuz cel [là-dessous, sous ce vêtement] li ber, Mais de pans e de mances les out fait escurter ; Car ne voleit al siecle sa vie demustrer Et riches trez [tentes] de soie à girons et à pans À tant David vers le rei s'apreschad, e tut privéement un pan de sun afublail colpad. De sous la boucle li perce le blazon ; El cors li met le pan del confanon, Tant con tint l'anste ; l'abat mort el sabl…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Terme de polythéisme gréco-latin. Le dieu des bergers, compagnon de Bacchus dans son expédition de l'Inde. Flûte de Pan, instrument composé de morceaux de roseaux de grandeurs inégales.
Mais souvent dans le style [l'églogue] un rimeur aux abois Jette là, de dépit, la flûte et le haubois.... De peur de l'écouter Pan fuit dans les roseaux, Et les nymphes d'effroi se cachent dans les eaux — Boileau (1636-1711)
De chasser les Tritons de l'empire des eaux, D'ôter à Pan sa flûte, aux Parques leurs ciseaux.... — Boileau (1636-1711)
Le grand Pan, personnage mythologique, dont un récit, apocryphe d'ailleurs, fait raconter la mort qui excita de longs gémissements. Le grand Pan, nom sous lequel les panthéistes ont désigné la nature. Fig. Le grand Pan, surnom donné à différents personnages du XVIIe siècle, Richelieu, Saumaise, et que Mme de Sévigné appliqua à Bourdaloue.
Prophéties : le grand Pan est mort — Pascal (1623-1662)
Le dieu qu'adore Harold est cet agent suprême, Ce Pan mystérieux, insoluble problème, Grand, borné, bon, mauvais, que ce vaste univers Révèle à ses regards sous mille aspects divers — Lamartine (1790-1869)
Étymologie : Lat. Pan, du grec Πᾶν, mot dont l'origine est inconnue, mais auquel on a attribué, par erreur, le même sens que πᾶν, παντὸς, d'où le grand Pan, avec l'acception panthéistique.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Partie tombante ou flottante d’un vêtement d’une certaine ampleur. Un pan de robe, de manteau. César, à l’instant d’être assassiné, se couvrit le visage avec un pan de sa toge.
Il se dit également d’une Partie d’un mur. Un pan de mur. Un pan de muraille.
Pan de bois, Assemblage de charpente dont on remplit les vides de maçonnerie et qu’on recouvre d’un enduit sur lattes. Une cloison en pan de bois.
Il se dit aussi d’Un des côtés, d’une des faces d’un ouvrage de maçonnerie, de menuiserie, d’orfèvrerie, etc., qui a plusieurs angles. Une tour à pans, à six pans, à huit pans. Une table à pans. Une salière à pans.
Pan coupé, Surface plane qui remplace l’angle à la rencontre de deux pans de mur. Faire un pan coupé à l’angle d’une rue. Un salon à pans coupés.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- pans — pluriel — /pɑ̃/
- pan — singulier — /pɑ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée pan#45072.