paillasse
nom, /pajasə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) · 1873 (2 sens) — Académie 1935 (3 sens)
Littré (1873) — entrée 1
s. f.
Amas de paille enfermée dans une toile, dont on garnit les lits. Mettre sur la paillasse, mettre un moribond sur la paillasse tirée du lit ; ce qui était autrefois une habitude en signe d'humilité. Serviteur à la paillasse, s'est dit autrefois pour signifier qu'on quittait le service militaire où il fallait coucher sur la paillasse. Être de paillasse, s'est dit pour être de garde.
Ses réflexions sur cette mort [de l'amiral Bing] sont bien justes et bien belles ; je crois, comme vous, qu'il est fort égal de mourir sur un échafaud ou sur une paillasse, pourvu que ce soit à quatre-vingt-dix ans — Voltaire (1694-1778)
Il fut mis sur la paillasse avec toute la contenance d'un mort — Mme de Sévigné (1626-1696)
La toile elle-même qui contient cette paille. Cette paillasse est trop petite. Fig. et populairement. Crever la paillasse à quelqu'un, le tuer d'un coup d'arme tranchante dans le ventre.
Tout massif établi sur un plancher pour recevoir les eaux qu'on pourrait répandre. Massif sur lequel les distillateurs élèvent leurs fourneaux. Dans une cuisine, construction peu élevée qui sert à recevoir du charbon allumé pour faire griller les viandes et chauffer les chaudières ; le dessus d'un fourneau.
Étymologie : Paille ; prov. palhassa, chaume, litière ; port. palhaça ; ital. pagliaccia.
Historique : XVIe s. Quand il entr'oyoit quelque bruit Des rats qui rongeoient ma paillasse.... L'aultre qu'on avoit couché, sur le point de rendre sa vie, le long du foyer sur une paillasse
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Bateleur qui contrefait gauchement les tours de force qu'il voit faire. Fig. et familièrement. Ce n'est qu'un paillasse, c'est un homme sans consistance. Fig. À ton tour, paillasse, se dit quand on voit un homme prêt à faire quelque jonglerie, quelque bassesse à la suite des autres, surtout dans la carrière politique.
Elle [Mme Favart, à l'agonie, ayant auprès d'elle un voisin dans un accoutrement grotesque] se mit à sourire et dit qu'elle avait cru voir le paillasse de la mort — Melchior Grimm (1723-1807)
Pierrots et paillasses Charment sur les places Le peuple ébahi — Béranger (1780-1857)
Fig. Il se dit des hommes politiques qui donnent la comédie par leurs changements d'opinions.
Saute pas à demi, Paillasse, mon ami, Saute pour tout le monde — Béranger (1780-1857)
Étymologie : Paillasse 1 ; ces bateleurs étant ordinairement habillés d'une toile à paillasse ou à matelas.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Grande enveloppe de toile, ordinairement remplie de paille, dont on garnit un lit. Coucher sur une paillasse. Il faut vider cette paillasse et y mettre d’autre paille.
Il s’emploie comme nom masculin pour désigner une Sorte de bateleur, de saltimbanque, d’acteur bouffon.
Fig. et fam., C’est un paillasse, C’est un homme sans consistance, un bouffon.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- paillasses — pluriel — /pajasə/
- paillasse — singulier — /pajasə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée paillasse#44844.