outragé · outrage

outragé

adjectif, /utʁaʒe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Qui a subi un outrage. Substantivement.

    N'importe, elle se sent comme vous outragée — Jean Racine (1639-1699)

    Les théologiens commencent trop souvent par dire que Dieu est outragé, quand on n'est pas de leur avis — Voltaire (1694-1778)

  2. Qui a subi une atteinte odieuse.

    La gloire du Seigneur, si publiquement outragée par les scandales et la licence des pécheurs — Massillon (1663-1742)

    Parlez-lui, mais songez Que les lois, les autels, l'honneur, sont outragés — Voltaire (1694-1778)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • outragées — pluriel féminin — /utʁaʒe/
  • outragés — pluriel masculin — /utʁaʒe/
  • outragée — singulier féminin — /utʁaʒe/
  • outragé — singulier masculin — /utʁaʒe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée outragé#44629.

outrage

nom, masculin, /utʁaʒə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (3 sens) — Académie 1935 (5 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Ce qui outre-passe les bornes en fait d'offense, d'injure. Faire outrage, offenser. Fig. Faire outrage à la raison, à la morale, faire ou dire quelque chose qui y soit fort contraire. On dit de même : faire outrage à la grammaire, au bon sens, au droit, dire ou écrire quelque chose grossièrement contraire à la grammaire, au bon sens, au droit. Le dernier outrage, se dit quelquefois pour exprimer l'infidélité qu'une femme fait à son mari. Le dernier outrage signifie aussi l'attentat à la pudeur.

    J'admire l'humilité de ceux qui veulent bien les porter [les grands noms] ; il les refuseraient, s'ils avaient l'esprit de faire réflexion à ce que leur coûte l'explication de ces beaux noms, et comme elle tombe tout en outrage sur leurs pauvres petits noms ; à quoi l'on ne penserait pas, s'ils n'avaient point voulu prendre les plumes du paon — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Je ne sais point en lâche essuyer les outrages D'un faquin orgueilleux qui vous tient à ses gages — Boileau (1636-1711)

  2. Fig. et dans le style élevé. Dommage apporté par les choses inanimées, que l'on compare à une offense.

    Esprits du dernier ordre.... Croyez-vous que vos dents impriment leurs outrages Sur tant de beaux ouvrages ? — La Fontaine (1621-1695)

    Tout ce que peuvent donner de plus glorieux la naissance et la grandeur accumulé sur une tête, qui ensuite est exposée à tous les outrages de la fortune — Bossuet (1627-1704)

  3. En termes de jurisprudence, outrage à la religion, à la morale publique, offense commise par la voie de la presse contre la religion, la morale publique.

    On ne l'accusait pas seulement [Courier], dans le principe, d'outrage à la morale publique ; d'autres textes avaient été essayés.... l'outrage à la morale publique est resté seul, parce que le sens de ces termes, fixé, à la vérité, aux yeux des jurisconsultes, offre pourtant, aux personnes qui n'ont pas étudié la législation, une sorte de latitude et d'arbitraire dont l'accusation peut profiter — BERVILLE

Étymologie : Bourguig. otraige ; provenç. oltratge ; catal. ultratge ; espagn. ultraje ; ital. oltraggio ; d'une forme non latine ultraticum, de ultra, outre (voy. OUTRE 2). Palsgrave écrit oultraige et prononce outraige, p. 63.

Historique : XIe s. Respunt Rolans : ne dites tel ultrage XIIe s. Et Gilemers l'Escot dit outrage et folie Mais de Charle leur pese, qu'il lor demande outrage [chose excessive] De grant outrage faire nuls hom ne monteplie XIIIe s. Mout i avoit de ceus del conseil l'empereour.... qui tindrent à mout grant outrage le mandement que cil de Constantinoble avoient fait Ciertes, dist freres Garins, vous demandés outrage et cose qui avenir ne puet Et cis outrages [excès] doit estre restrains par le juge à la requeste des autres hoirs Je aime miex que l'outrage de grans despens que je faiz soit fait en aumosnes pou…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Injure grave de fait ou de parole. Faire un outrage, faire outrage à quelqu’un. On lui a fait outrage en sa personne, en son honneur. Recevoir un outrage. Souffrir un outrage. Cruel, sanglant outrage.

  2. Faire subir à une femme les derniers outrages, Lui faire violence.

  3. Outrage à la morale publique, outrage aux moeurs, outrage à la pudeur, Sortes de délits qualifiés par le code.

  4. Fig., Faire outrage à la raison, à la morale, Faire ou dire quelque chose qui y soit nettement contraire. Dans le même sens, Faire outrage au bon sens, à la grammaire, Dire ou écrire quelque chose qui offense grossièrement le bon sens, la grammaire.

  5. Poétiq., L’outrage des ans, les outrages du temps, Le dommage que la durée du temps cause à la solidité, à la beauté des choses ou des personnes. Cet édifice se ressent des outrages du temps. Cette femme fait de vains efforts pour réparer l’outrage des ans.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • outrages — pluriel — /utʁaʒə/
  • outrage — singulier — /utʁaʒə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée outrage#44624.

outragé

nom, masculin

Voir aussi : forme féminine outragée

Grammaire et formes (2)
  • outragés — pluriel
  • outragé — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée outragé#102445.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.