ouï · oui

ouï

adjectif

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Qu'on a entendu.

    Qu'importe que partout mes plaintes soient ouïes ? — Thomas Corneille (1625-1709)

    Il fut condamné sans être ouï — Bossuet (1627-1704)

  2. En termes de procédure, ouï le rapport d'un tel. En cet emploi, il est invariable. Ouï les témoins. Ouï les parties dans leur réplique. Mais on dirait : un jugement rendu parties ouïes. Ouïes séparément, ces personnes auraient peut-être dit autre chose.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • ouïes — pluriel féminin
  • ouïs — pluriel masculin
  • ouïe — singulier féminin
  • ouï — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ouï#101885.

oui

adverbe, /wi/

Voir aussi : variante yeah · variante vivi · variante voui · variante vi

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens)

Littré (1873)

  1. Il affirme et est opposé à non. Il ne dit ni oui, ni non, il ne veut pas s'expliquer sur la chose dont il s'agit. On dit dans le même sens : il ne m'a répondu ni oui ni non. Dire oui, consentir, surtout en parlant du mariage.

    J'y vois des bergères qui ne savent que oui et non — Guez de Balzac (1597-1654)

    Ils rapportent les raisons de ceux qui disent que oui — Pascal (1623-1662)

  2. Oui est souvent la réponse à une interrogation, et alors il équivaut à une phrase entière : Avez-vous fait cela. - Oui, c'est-à-dire j'ai fait cela.

    Ariste : Et son cœur est épris des grâces d'Henriette. - Chrysale : Quoi ? de ma fille ? - Ariste : Oui ; Clitandre en est charmé — Molière (1622-1673)

    Henriette : Moi, ma mère ? - Philaminte : Oui, vous ; faites la sotte un peu — Molière (1622-1673)

  3. Quelquefois il est simplement affirmatif, sans opposition à non, et en ce cas il se met au commencement du membre de phrase. Dans les phrases familières, il se met quelquefois à la fin. Redoublé, il augmente la force de l'affirmation. Oui, oui, je le ferai.

    Oui, c'est Agamemnon, c'est ton roi qui t'éveille — Jean Racine (1639-1699)

    Oui, monsieur, j'aime mieux le Tartufe et le Misanthrope que les comédies nouvelles ; oui, j'ose préférer Racine à mes drames, et j'aime mieux Roland et Armide que certains opéras — Voltaire (1694-1778)

  4. Oui marquant la surprise. Il a dit telle chose, oui ? c'est-à-dire est-ce vrai qu'il ait dit telle chose ?

  5. Oui-da, certainement. Vraiment. Oui-da est quelquefois ironique. Le croyez-vous ?- Oui-da, je n'en crois rien.

    Direz-vous par exemple qu'un homme ait, la nuit et sans aucune lumière, le pouvoir prochain de voir ? - Oui-da, il l'aurait selon nous, s'il n'est pas aveugle — Pascal (1623-1662)

    Carin : Byrrhie, instruit d'un mal que j'ai peine à vous taire, Vous peut de mes malheurs découvrir le mystère. -Byrrhie : Oui-da, je le ferai très volontiers — Michel Baron (1653-1729)

  6. Oui, joint à des adverbes. Oui vraiment. Vraiment oui. Eh mais oui. Oui bien, se dit et surtout se disait par opposition à une affirmation pour affirmer autre chose.

    Prononcez, messieurs, un arrêt digne de vous, qui fasse voir à toute l'Europe que le Cid n'est point le chef-d'œuvre du plus grand homme de France, mais oui bien la moins judicieuse pièce de M. Corneille — SCUDÉRY

    Philis : Si vous nommez ma flamme un bien commun à tous, Je n'aime, pour le moins, personne plus que vous ; Cela vous doit suffire. - Cléandre : Oui bien à des volages Qui peuvent en un jour adorer cent visages — Pierre Corneille (1606-1684)

  7. S. m. Un oui, une affirmation par oui. Savoir le oui ou le non de quelque chose, savoir si une chose se fera ou ne se fera pas. Dire le grand oui, se marier. C'est demain qu'elle dit le grand oui. Fig. Pour un oui, pour un non, pour la cause la plus légère.

    À des offres d'hymen répondre par des larmes, Et tarder tant à dire un oui si plein de charmes — Molière (1622-1673)

    Et, loin qu'un pareil oui me donnât de la peine, Croyez que j'en dirais bien vite une douzaine — Molière (1622-1673)

  8. Langue d'oui, voy. OÏL.

Étymologie : La forme primitive est oïl, toujours dissyllabe, et formée du latin hoc illud, oui cela (hoc ayant pris le sens de oui : Ne dit ne o ne non, R. de Cambrai 264) ; oïl est donc fait comme nennil, qui représente non illud, non cela. Picard, awi ; Berry, voui ; wallon, awoi, dans lequel Grandgagnage regarde l'a comme prosthétique ; bourguig. vouei ; différents dialectes cités par Grandgagnage ai, âï, oï. On trouve dans les anciens textes, quoique rarement, des formes singulières de ce mot : oal, ouail, ol, odil.

Historique : XIe s. Et cil respont : oïl, sire, assez bien XIIe s. Oïl, par Dieu, ne puet estre autrement XIIIe s. Sire, fait-ele, oil, mon cuer [je] lui ai donné Ert-il o [avec] vos ?-ouïl sanz faille Il me demanda, se je voulois estre honorez en ce siecle et avoir paradis à la mort, et je li diz : oyl XIVe s. Auil, dient ly aultre, n'en serez escondiz Et dist ly connestablez : auwy, certainement XVe s. Par ma foi, respondit le duc de Lancastre, ouil XVIe s. Et tant qu'ouy et nenny se dira, Par l'univers le monde me lira Je ne suis pas marry que.... mais oui bien de quoy nous soyons si.... Quand j'imagine…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (1)
  • oui — forme de base — /wi/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée oui#44578.

oui

nom, masculin

Grammaire et formes (1)
  • oui — forme de base

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée oui#101237.

oui

particule

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (6 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

Particule affirmative

  1. opposée à Non. On l’obligera de répondre par oui ou par non. Il faut opiner par oui ou par non. Je crois que oui. Dire oui. Répondre que oui.

  2. Fam. Il ne dit ni oui ni non, Il ne veut pas s’expliquer sur la chose dont il s’agit. On dit dans le même sens : Il ne m’a répondu ni oui ni non.

  3. Il s’emploie dans le discours direct en réponse à une interrogation. Il est alors seul ou joint à des adverbes qui renforcent l’affirmation comme certes, vraiment, etc. Avez-vous fait cela? Oui. Cela est-il vrai? Oui, certes. Il se redouble quelquefois pour marquer davantage l’affirmation. Oui, oui, je le ferai.

  4. Il s’emploie encore au début d’une phrase qui ne répond pas à une question exprimée ou au cours d’une phrase, pour marquer ou accentuer le caractère affirmatif de cette phrase. Oui, je veux que tout le monde sache ce que j’en pense. Oui, puisque vous me promettez votre secours, j’ai confiance dans le succès. Je suis content, oui, très content d’avoir fait cela pour lui.

  5. OUI s’emploie quelquefois substantivement, et alors l’article défini ne s’élide pas devant lui et l’n de un ne se lie pas avec lui. Le oui et le non. Il a dit ce oui à regret. Il a dit ce oui-là de bon coeur. Il ne faut pas tant de discours, on ne vous demande qu’un oui ou un non. Dites un bon oui. Se quereller pour un oui ou pour un non.

  6. Fam., Oui-da, Interjection qui corrige le oui par une intention d’ironie, de doute, d’étonnement.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Source de l'entrée : Dictionnaire de l'Académie française, 8e édition (1932-1935), licence public-domain — entrée OUI.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.