Il affirme et est opposé à non. Il ne dit ni oui, ni non, il ne veut pas s'expliquer sur la chose dont il s'agit. On dit dans le même sens : il ne m'a répondu ni oui ni non. Dire oui, consentir, surtout en parlant du mariage.
J'y vois des bergères qui ne savent que oui et non — Guez de Balzac (1597-1654)
Ils rapportent les raisons de ceux qui disent que oui — Pascal (1623-1662)
Oui est souvent la réponse à une interrogation, et alors il équivaut à une phrase entière : Avez-vous fait cela. - Oui, c'est-à-dire j'ai fait cela.
Ariste : Et son cœur est épris des grâces d'Henriette. - Chrysale : Quoi ? de ma fille ? - Ariste : Oui ; Clitandre en est charmé — Molière (1622-1673)
Henriette : Moi, ma mère ? - Philaminte : Oui, vous ; faites la sotte un peu — Molière (1622-1673)
Quelquefois il est simplement affirmatif, sans opposition à non, et en ce cas il se met au commencement du membre de phrase. Dans les phrases familières, il se met quelquefois à la fin. Redoublé, il augmente la force de l'affirmation. Oui, oui, je le ferai.
Oui, c'est Agamemnon, c'est ton roi qui t'éveille — Jean Racine (1639-1699)
Oui, monsieur, j'aime mieux le Tartufe et le Misanthrope que les comédies nouvelles ; oui, j'ose préférer Racine à mes drames, et j'aime mieux Roland et Armide que certains opéras — Voltaire (1694-1778)
Oui marquant la surprise. Il a dit telle chose, oui ? c'est-à-dire est-ce vrai qu'il ait dit telle chose ?
Oui-da, certainement. Vraiment. Oui-da est quelquefois ironique. Le croyez-vous ?- Oui-da, je n'en crois rien.
Direz-vous par exemple qu'un homme ait, la nuit et sans aucune lumière, le pouvoir prochain de voir ? - Oui-da, il l'aurait selon nous, s'il n'est pas aveugle — Pascal (1623-1662)
Carin : Byrrhie, instruit d'un mal que j'ai peine à vous taire, Vous peut de mes malheurs découvrir le mystère. -Byrrhie : Oui-da, je le ferai très volontiers — Michel Baron (1653-1729)
Oui, joint à des adverbes. Oui vraiment. Vraiment oui. Eh mais oui. Oui bien, se dit et surtout se disait par opposition à une affirmation pour affirmer autre chose.
Prononcez, messieurs, un arrêt digne de vous, qui fasse voir à toute l'Europe que le Cid n'est point le chef-d'œuvre du plus grand homme de France, mais oui bien la moins judicieuse pièce de M. Corneille — SCUDÉRY
Philis : Si vous nommez ma flamme un bien commun à tous, Je n'aime, pour le moins, personne plus que vous ; Cela vous doit suffire. - Cléandre : Oui bien à des volages Qui peuvent en un jour adorer cent visages — Pierre Corneille (1606-1684)
S. m. Un oui, une affirmation par oui. Savoir le oui ou le non de quelque chose, savoir si une chose se fera ou ne se fera pas. Dire le grand oui, se marier. C'est demain qu'elle dit le grand oui. Fig. Pour un oui, pour un non, pour la cause la plus légère.
À des offres d'hymen répondre par des larmes, Et tarder tant à dire un oui si plein de charmes — Molière (1622-1673)
Et, loin qu'un pareil oui me donnât de la peine, Croyez que j'en dirais bien vite une douzaine — Molière (1622-1673)
Langue d'oui, voy. OÏL.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).