oubli

oubli

nom, masculin, /ubli/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Perte du souvenir. Tomber dans l'oubli, s'effacer de la mémoire des hommes.

    Enchanté par sa passion, et détourné par les affaires, il [David] laissait la vérité dans l'oubli — Bossuet (1627-1704)

    Et souvent, sans ces vers qui les ont fait connaître, Leur talent dans l'oubli demeurerait caché — Boileau (1636-1711)

  2. Action d'oublier. Mettre en oubli, perdre le souvenir. Oubli des injures, l'action d'oublier les injures et de n'en garder aucun ressentiment. Oubli de soi-même, abnégation de ses intérêts, de ses droits. Oubli de ses devoirs, action de manquer à ses devoirs. Il se dit, dans un sens analogue, des personnes qu'on néglige.

    Oubli du monde et de tout, hormis Dieu — Pascal (1623-1662)

    Dans cet oubli profond et de Dieu et d'elle-même où elle ['âme] s'était plongée — Bossuet (1627-1704)

  3. Acte d'oubli. Réparer un oubli.

    J'oubliais mon amour, dit-il... ah ! oui, les hommes ont de ces oublis ; leur cœur et leurs sens peuvent agir séparément — Mme RICCOBONI

  4. Le fleuve de l'oubli, le Léthé (voy. ce mot).

Étymologie : Provenç. oblit, obli ; catal. oblit, olvit ; espagn. olvido ; ital. oblio ; de oblitum, supin de oblivisci, oublier (voy. OUBLIER).

Historique : XIe s. Mais lui meïsme [il] ne vuet mettre en oubli XIIIe s. Et ce qu'on voit ne doit estre en oubli Or te voil dire et conseillier, Que l'amors metes en obli, Dont ge te voi si afoibli XVe s. Le jeune roy d'Angleterre ne meit pas en oubly le voyage qu'il devoit faire au royaume de France XVIe s. Tu bois le long oubli de tes travaux passez Il a esté necessaire que Dieu eust ses registres authentiques pour y coucher sa verité, afin qu'elle ne perist point par oubli

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Manque de souvenir. Un profond oubli. Un long oubli. Un éternel oubli. Mettre en oubli. Ensevelir dans l’oubli. Tirer de l’oubli. Tomber dans l’oubli. Ses écrits sont condamnés à l’oubli. Celle action a sauvé son nom de l’oubli. Ne me sachez pas mauvais gré d’avoir manqué au rendez-vous, c’est un oubli, ce n’est qu’un oubli.

  2. Il signifie aussi Négligence, manquement. L’oubli des conventions. Un moment d’oubli.

  3. L’oubli de ses devoirs, L’action de manquer à ses devoirs.

  4. Il signifie encore Pardon, renoncement. L’oubli des injures.

  5. L’oubli de soi-même, Le renoncement à ses droits, à ses intérêts, à ses affections. Il a poussé l’oubli de soi-même jusqu’à s’immoler complètement pour les siens.

  6. Poétiquement, Le fleuve d’oubli, Le fleuve qui, suivant les anciens, coulait dans les enfers et dont les eaux, disaient-ils, faisaient perdre la mémoire à ceux qui en buvaient. On l’appelle autrement le Léthé.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • oublis — pluriel — /ubli/
  • oubli — singulier — /ubli/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée oubli#44558.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.