osier

osier

nom, masculin, /ozje/ ou /ɔzje/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (3 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Arbrisseau dont les jets sont très pliants.

    Au lieu d'opposer au torrent l'inflexibilité de la roche, elle ne lui oppose que la souplesse de l'osier — Charles Bonnet (1720-1793)

  2. Jet de cet arbrisseau. Familièrement. Être pliant comme de l'osier, avoir l'esprit souple. Fig. Être franc comme l'osier, être sincère, sans finesse et sans dissimulation, être accommodant ; locution qui vient de ce que l'osier n'a pas de nœuds. Ces jets sont employés à différents objets. Un panier, une hotte, un mannequin d'osier. L'osier sert à faire des liens pour attacher la vigne, les plantes ; il sert principalement à attacher les deux bouts des cercles ; pour cela on se sert d'osier fendu. Une botte d'osier. Pour la vannerie on se sert ordinairement d'osier pelé, c'est-à-dire écorcé.

    On coupe les osiers vers le 11 novembre, quand la feuille est tombée, après les premières gelées — Mme de Genlis (1746-1830)

    Il [Villeroy] sut.... se maintenir en osier de cour dans les contre-temps qu'il essuya — Saint-Simon (1675-1755)

  3. En botanique, osier, nom donné à plusieurs espèces du genre saule : osier blanc, salix viminalis, Linné ; osier jaune, ou amarinier, salix vitellina, Linné ; osier rouge, ou verdiau, salix purpurea, Linné ; osier brun, salix triandra, Linné.

  4. Terme d'horticulture. Tête d'osier, se dit de la forme d'un arbre qu'on a étêté, autrement dit têtard, de manière à former une espèce de boule.

  5. Osier fleuri, osier Saint-Antoine, l'épilobe à feuilles étroites, epilobium angustifolium, L. ; epilobium spicatum, Lamk.

Étymologie : Berry, oisi, oisil, oisis, ousier ; wallon, woisir, s. f. ; bourguig. ôseire. Les formes que donne du Cange, oseria, oserius, ozilium, étant du XIIIe siècle, sont non du bas-latin, mais du français latinisé. Il n'en est pas de même de osariæ, ausariæ, oseraies (voy. OSERAIE), qui sont du IXe siècle ; cela est de la vraie basse latinité. Osier se dit en grec οἶσος ; mais comment un mot grec serait-il entré dans le français sans passer par le latin ou par l'italien ? Il faut donc suspendre le jugement et dire que ou l'étymologie ou la voie d'introduction reste à trouver.

Historique : XIIIe s. Par les rains [rameaux] saisi le rosier, Qui plus est frans que nul osier Issi sui com l'osiere franche, Ou com li oisiaus seur la branche : En esté chante, En yver plore et me gaimante [lamente] XVe s. À parler franc comme ung osier Le suppliant alloit pour lever certains bourignons ou engins d'ouzilz à prendre poissons Le suppliant batit et frappa sa ditte femme de verges ou ouriel XVIe s. Après, la vigne sera reliée avec des oziers dous et flexibles Il y a des oziers de plusieurs corps, de grands, de moiens, de petits : de plusieurs couleurs, de noirs, blancs, jaunes, dorés, rouges…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Petite espèce de saule dont les jets ou scions sont fort pliants et propres à faire des liens, des paniers. Osier franc. Osier bâtard. Planter des osiers.

  2. Il se dit aussi des Jets ou scions de cet arbrisseau. Un brin d’osier. Une botte d’osier. Lier avec de l’osier. Tordre de l’osier. Un panier d’osier. Une corbeille d’osier, faite d’osier. Une chaise d’osier.

  3. Fig. et fam., être pliant comme de l’osier, Avoir l’esprit souple et accommodant.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • osiers — pluriel — /ɔzje/ ou /ozje/
  • osier — singulier — /ɔzje/ ou /ozje/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée osier#44464.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.