oreillé · oreille

oreillé

adjectif, /ɔʁɛje/ ou /oʁɛje/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (2 sens)

Littré (1873)

adj.

  1. Terme d'histoire naturelle. Qui porte des appendices en forme d'oreilles.

  2. Terme de blason. Il se dit des poissons et des coquilles dont les oreilles paraissent.

Étymologie : Oreille.

Historique : XVIe s. Il ne se trouveroit point en Arcadie d'asnes plus magnifiquement oreillez que nous serions

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • oreillées — pluriel féminin
  • oreillés — pluriel masculin
  • oreillée — singulier féminin
  • oreillé — singulier masculin

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée oreillé#82305.

oreille

nom, féminin, /oʁɛjə/ ou /ɔʁɛjə/

Définitions

  1. Organe de l'audition, situé de chaque côté de la tête chez l'homme et de nombreux animaux.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Partie externe et visible de l'organe auditif, en forme de pavillon charnu.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Faculté de percevoir les sons, finesse de l'audition.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Aptitude à percevoir et distinguer avec précision la justesse des sons, notamment en musique.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (22 sens) — Académie 1935 (51 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Appareil de l'audition qui est divisé en trois parties : l'oreille externe, qui comprend le pavillon et le conduit auditif ; l'oreille moyenne, formée par la caisse du tympan et ses dépendances ; et l'oreille interne ou le labyrinthe, qui comprend le vestibule, le limaçon et les canaux demi-circulaires.

    L'oreille humaine est une machine acoustique de la plus savante composition, et dont l'anatomie moderne donne un détail qui étonnerait le philosophe.... — Charles Bonnet (1720-1793)

  2. Organe de l'ouïe, placé de chaque côté de la tête. Oreille droite, gauche. Les deux oreilles. Les maux d'oreille. Se boucher les oreilles. Un tintement d'oreilles. Fig. Avoir les oreilles bouchées, ne pas écouter, ne pas accorder d'attention. Entendre des deux oreilles, se dit par pléonasme emphatique pour affirmer qu'on a bien entendu. Être tout oreilles, écouter avec une extrême attention. Nous sommes tout oreille. Familièrement. De toutes ses oreilles, avec une grande attention. Fig. Il entend, il n'entend pas de cette oreille-là, il consent, il ne consent pas, il accède, il n'accède pas. Prêter l'oreille, être attentif. Dans le style relevé ou poétique. Prêter l'oreille, donner créance. Prêter l'oreille, accéder, écouter favorablement. Fig. Ouvrir l'oreille, écouter attentivement. J'ouvre l'oreille et je n'entends rien. Fig. Ouvrir l'oreille, écouter favorablement les propositions, les suggestions. L'argent lui fait ouvrir les oreilles, se dit de celui qui, pour de l'argent, consent à quelque proposition. Fig. Fermer l'oreille, ne pas vouloir écouter. On dit dans un sens analogue : détourner ses oreilles de. Fermer l'oreille à quelqu'un, l'empêcher d'entendre. Parler à l'oreille, parler très près de l'oreille et de manière à n'être entendu que de la personne à qui l'on parle. Dire quelque chose à l'oreille de quelqu'un, lui parler de manière à n'être entendu que de lui seul. Dire deux mots à l'oreille de quelqu'un, le menacer, et même lui proposer un duel. Souffler quelque chose aux oreilles de quelqu'un, lui dire quelque chose secrètement. On dit de même : murmurer à l'oreille. Cela lui entre par une oreille et lui sort par l'autre, se dit de celui qui ne fait pas grand cas de ce qu'on lui dit, ou de celui qui n'a pas beaucoup de mémoire ou d'attention. Familièrement. Avoir les oreilles battues, rebattues d'une chose, être ennuyé d'en entendre parler. Étourdir, rompre les oreilles à quelqu'un, l'importuner par ses discours. Corner quelque chose aux oreilles de quelqu'un, vouloir persuader quelque chose à quelqu'un à force de lui en parler. Les oreilles ont dû vous corner, se dit à quelqu'un dont on a beaucoup parlé pendant son absence (locution née d'une vieille idée populaire, que, lorsque les oreilles vous cornent, c'est signe qu'on parle de vous). Les oreilles lui cornent, il croit entendre ce qu'il n'entend pas. Les oreilles lui en tintent, se dit de quelqu'un auquel on rebat quelque chose.

    Passez donc de l'autre côté ; car cette oreille-ci est destinée pour les langues scientifiques et étrangères, et l'autre est pour la vulgaire et la maternelle — Molière (1622-1673)

    Faut-il vous le rebattre Aux oreilles cent fois, et crier comme quatre ? — Molière (1622-1673)

  3. L'ouïe, le sens qui perçoit les sons. Avoir l'oreille fine. Être dur d'oreille. À l'oreille, à l'audition. N'avoir point d'oreilles pour quelque chose, ne pas vouloir y accéder. N'avoir point d'oreilles pour quelqu'un, ne pas l'écouter. Venir à l'oreille, aux oreilles de quelqu'un, arriver à sa connaissance. Faire la sourde oreille, ne pas vouloir entendre ce qu'on vous dit, ne pas vouloir faire ce qu'on vous demande. Cela écorche l'oreille, cela est très rude, très peu agréable à entendre.

    Tout ignorant se surprend par l'oreille — Scarron (1610-1660)

    Des Romains expirants sous un cruel vainqueur Les cris vont à l'oreille et ne vont point au cœur — Georges de Brébeuf (1617-1661)

  4. Appréciation des sons musicaux. Avoir l'oreille juste. Avoir l'oreille fausse. Absolument. Avoir de l'oreille, apprécier la justesse des sons, la régularité de la mesure. On dit par opposition : n'avoir pas d'oreille.

    Quoique les musiciens distinguent fort bien les différentes consonnances, ce n'est point qu'ils en distinguent les rapports par des idées claires ; c'est l'oreille seule qui juge chez eux de la différence des sons ; la raison n'y connaît rien — Malebranche (1638-1715)

  5. Délicatesse de l'ouïe. Avoir de l'oreille, avoir le sentiment de la cadence et de l'harmonie. Fig. Avoir les oreilles délicates, se choquer des moindres choses. Fig. Avoir les oreilles chastes, craindre les paroles qui blessent la pudeur.

    Qui témoigna jamais une si juste oreille à remarquer des tons les divers changements ? — Malherbe (1555-1628)

    Le vers le mieux rempli, la plus noble pensée, Ne peut plaire à l'esprit quand l'oreille est blessée — Boileau (1636-1711)

  6. La partie externe qui est autour du trou de l'oreille, ordinairement en forme de cornet, d'entonnoir. Mettre un vésicatoire derrière l'oreille. Boucle d'oreille, pendant d'oreille, bijou que les femmes portent à l'oreille, préalablement percée. Fig. Laisser passer le bout de l'oreille, laisser, quoiqu'on veuille le cacher, reconnaître ce qu'on est, ce qu'on veut ; locution prise de l'âne qui, revêtu de la peau du lion, est reconnu à un bout d'oreille qui passe. Fig. Pendre à l'oreille, être imminent. Un grand désagrément lui pend à l'oreille. Être toujours pendu aux oreilles de quelqu'un, être assidu à le suivre, à lui parler. Terme d'équitation. Oreilles hardies, oreilles de cheval dont les pointes se présentent en avant et semblent s'unir l'une à l'autre. Boiter de l'oreille, aller de l'oreille, se dit du cheval qui accompagne chaque pas d'un mouvement de tête. Oreilles d'âne, oreilles semblables à celles d'un âne qu'Apollon infligea au roi Midas, à cause de son ignorance. On dit dans un sens analogue : grandes oreilles. [à propos de l'opéra de Midas de Grétry, sifflé à Versailles, applaudi à Paris]. Oreilles d'âne, papier roulé en forme d'oreille d'âne que l'on met aux oreilles des enfants coupables, dans leurs devoirs ou leurs réponses, de quelque grossière ignorance. Fig. Tenir le loup par les oreilles, ne savoir quel parti prendre parce qu'il y a du péril de tous les côtés (locution tirée d'un dicton latin qui exprime l'embarras de lâcher le loup ainsi tenu et de continuer à le tenir). Fig. Dormir sur les deux oreilles, sur l'une et l'autre oreille, être plein de sécurité. On a dit dans un sens analogue : mettre l'oreille sous le coude, c'est-à-dire rassurer. Secouer les oreilles, ne tenir compte de quelque chose, s'en moquer. Secouer les oreilles, se dit aussi d'une personne à qui il arrive quelque accident, quelque affront, et qui témoigne ne pas s'en soucier. On l'a chassé de cette société, il n'a fait que secouer les oreilles. Vin d'une oreille, le bon vin ; vin de deux oreilles, le mauvais ; on appelle ainsi le bon vin, parce que le bon vin fait pencher la tête de celui qui le goûte d'un côté seulement ; et le mauvais vin, parce qu'on secoue la tête et par conséquent les deux oreilles (c'est l'explication donnée par de Brieux). Dresser les oreilles, faire attention à ce qui est dit. À ces propositions il dressa les oreilles. Avoir l'oreille basse, être humilié, mortifié. Baisser l'oreille, être las, triste, harassé, mélancolique. Avoir l'oreille basse, se dit aussi pour être fatigué, abattu par le travail, par des excès, par la maladie. En avoir sur l'oreille, être fatigué, abattu. Sa dernière maladie l'a beaucoup vieilli, il en a sur l'oreille. Tirer l'oreille, les oreilles, tirer fortement l'oreille à un enfant, à un écolier pour le punir de quelque faute. Tirer l'oreille à quelqu'un, la lui pincer par signe d'amitié ou pour avertissement. Tirer l'oreille, éveiller, exciter. Se faire tirer l'oreille, faire quelque chose lentement, avec mauvaise volonté. Se faire tirer l'oreille, est une locution qui vient de l'ancien usage d'amener des témoins tirés par l'oreille (testes per aurem attracti, voy. HORACE, Sat. I, 9), usage qui est spécifié dans la loi des Bavarois (voy. DU CANGE, auris). Se prendre par les oreilles, se quereller, se battre. Par plaisanterie. Je gage mes oreilles, se dit quand on veut affirmer quelque chose. Y laisser ses oreilles, être maltraité, ne pas revenir sain et sauf de quelque entreprise périlleuse. Il sera bien heureux s'il en rapporte ses oreilles, se dit de quelqu'un engagé dans une affaire périlleuse. Je lui couperai les oreilles, se dit par menace à quelqu'un qu'on châtiera. Frotter les oreilles à quelqu'un, ou lui donner sur les oreilles, lui infliger une correction manuelle. Avoir sur les oreilles, recevoir quelque correction, manuelle ou autre. Il se gratte l'oreille, se dit d'un homme qui a quelque chagrin qui l'inquiète, ou qui a peine à se souvenir de quelque chose. Avoir la puce à l'oreille, être inquiet de quelque chose. Mettre la puce à l'oreille, inquiéter. Échauffer les oreilles à quelqu'un, le mettre en colère par quelque discours. Avoir le bouquet sur l'oreille, voy. BOUQUET 1, n° 2.

    Un ânier, son sceptre à la main, Menait, en empereur romain, Deux coursiers à longues oreilles [ânes] — La Fontaine (1621-1695)

    Un lièvre, apercevant l'ombre de ses oreilles — La Fontaine (1621-1695)

  7. Dans le style relevé. Les oreilles du cœur, la sensibilité morale.

    Qu'il [le Seigneur] vous donne ces oreilles du cœur qui seules font entendre sa voix — Massillon (1663-1742)

  8. Fig. Avoir l'oreille de quelqu'un, en être favorablement écouté.

    Attention, intérêt, confiance Je dois ici l'oreille à d'autres intérêts — Pierre Corneille (1606-1684)

    Ne possédez-vous pas son oreille et son cœur ? — Jean Racine (1639-1699)

  9. Fig. Oreille se dit quelquefois pour la personne même qui entend, qui écoute.

    Si vous vous laissez gagner aux soupçons, si vous prenez facilement des ombrages et des défiances, prenez garde pour le moins de ne les porter pas aux oreilles importantes — Bossuet (1627-1704)

    Je me plais à répéter toutes ces paroles [relatives au service des pauvres], malgré les oreilles délicates ; elles effacent les discours les plus magnifiques — Bossuet (1627-1704)

  10. Il se dit de ce qui a quelque ressemblance avec la figure de l'oreille. Les oreilles d'une écuelle. Oreilles de soulier, les parties du soulier où sont attachées les boucles ou les cordons. Quand quelqu'un menace de donner sur les oreilles, on répondait autrefois : ce sera donc sur les oreilles de mes souliers. Oreille de la charrue, voy. VERSOIR. Oreilles d'abricots, abricots confits dont on a rejoint les deux moitiés après en avoir ôté les noyaux.

    Il avait la tête enfoncée dans un bonnet de laine brune à longues oreilles ; et sa barbe, plus blanche que la neige, lui descendait jusqu'à la ceinture — Lesage (1668-1747)

  11. Petite partie du haut ou du bas d'un feuillet d'un livre qu'on a plié pour marquer une page qu'on veut retrouver. Faire une oreille à un livre. On dit plutôt maintenant : faire une corne à un livre.

    Lisez la page 34, où il y a une oreille, et voyez les lignes que j'ai marquées avec un crayon — Pascal (1623-1662)

  12. Oreille de ballot, le coin de la toile qui enveloppe le ballot, et que l'emballeur laisse en forme d'oreille quand il coud la toile, afin que par cette oreille on puisse prendre le ballot pour le remuer.

  13. Dans les jeux d'orgues, petites lames que l'on soude à la bouche des tuyaux, et qui servent à les accorder. Terme d'imprimerie. Languette de frisquette. Terme de menuiserie. Voussure dont la partie supérieure est droite en devant, et dont le fond est bombé en arc. Partie saillante de certaines pièces employées dans les constructions, et qui servent à les assembler, à l'aide de boulons, à d'autres pièces fixes. Terme de maçonnerie. Entaille qu'on fait au bout d'un appui de croisée ou d'un seuil pour qu'il entre dans le tableau de la baie et conserve une saillie sur le nu du mur. Partie saillante qui excède une pièce de serrurerie, et sert de repère pour une autre pièce. Dans certaines machines, saillies ajoutées à un objet pour lui donner plus d'empatement, ou pour lui permettre de s'appuyer sur un autre. Petits appendices qui portent les galets du glissoir de la tige d'un piston. Petite saillie sur les côtés de la charnière de certaines coquilles bivalves.

    Les deux espèces de grosses dents qui terminent le peigne des deux côtés et qui renferment les véritables dents, se nomment les oreilles,

  14. Terme de marine. Oreille de l'ancre, chacun des angles de la base du triangle qui a le nom de patte de l'ancre. Oreille de lièvre, angle aigu de la voile latine, dans sa partie supérieure. Orienté en oreille de lièvre. Donner de l'oreille à une pièce de bois, à un bordage, les conformer de manière que, sur leur longueur, plusieurs parties se trouvent dans des plans différents et différemment inclinés. Taquets à oreilles, taquets à double tête qui sont fixés dans la muraille d'un bâtiment pour y tourner les écoutes des basses voiles. Oreilles d'âne, forts taquets à deux têtes qui servent à tourner, à amarrer.

  15. L'une des deux cimes d'une montagne bifurquée.

    Son sommet [d'une montagne] est l'oreille orientale d'un énorme cratère dont l'enceinte est entièrement culbutée du côté du couchant — RAMOND

  16. Terme de botanique. Appendice qui se trouve à la base de certaines feuilles de quelques plantes. On dit aussi oreillon et oreillette. Les jardiniers appellent oreillettes les feuilles séminales.

    On peut planter en pépinière de petites laitues, dès qu'elles ont les oreilles un peu grandes — LA QUINTINYE

  17. Nom donné anciennement aux oreillettes du cœur.

    Ces deux dernières [l'artère veineuse et la veine cave] s'élargissent avant que d'entrer dans le cœur, et y font comme deux bourses nommées les oreilles du cœur — Descartes (1596-1650)

  18. Nom de différentes plantes. Oreille de lièvre, le buplèvre en faux, buplevrum falcatum, L. ombellifères. Oreille d'ours, primevère oreille d'ours, primula auricula, L. primulacées. Oreille de souris, le myosotis des champs, borraginées ; on donne aussi le nom d'oreille de souris au cerastum tomentosum, L. petite caryophyllée dont les feuilles velues ressemblent à celles du myosotis. Oreille d'âne, la grande consoude. Oreille d'homme, l'asaret d'Europe, asarum europaeum, L. aristolochiées. Grande oreille de chat, l'hieracium auricula. Nom d'un grand nombre de champignons : oreille d'âne ou d'ours ; oreille brune ; oreille de chardon ; oreille de chat, etc. etc. Oreille de houx, la girolle, champignon comestible. Oreille de Judas, nom d'un champignon sans queue, qui est une espèce d'agaric, qu'on trouve attaché au tronc du sureau ; la figure en est souvent celle de l'oreille humaine.

  19. Nom de diverses coquilles : oreille d'âne, oreille de bœuf, oreille de Vénus, etc. Oreille de Saint-Pierre, nom sous lequel on mange à Marseille l'animal de la fissurelle grecque (univalves). Oreille de mer, voy. ORMIER.

  20. Oreille grande, nom donné par les marins au scombre thon. Oreille blanche, oiseau du Paraguay.

Étymologie : Picard, éraille, éreille, areille, eraile ; bourguig. airoaille, oraille ; provenç. aurelha ; catal. aurella ; espagn. oreja ; portug. orelha ; ital. orecchia ; bas-lat. oricula (auriculas, quas rustici dicebant oriculas, POMP. FESTUS) ; du latin auricula, diminutif de auris, oreille (voy. OUÏR). Auris est pour ausis ; comparez le grec οὖς, ὠτὸς ; goth. auso, oreille, hausjan, ouïr ; allem. hören, entendre, Ohr, oreille. Ajoutez : Oricla était aussi une forme populaire, que le grammairien Probus condamne, recommandant de prononcer auris.

Historique : XIe s. La destre oreille al premier ver [verrat] [il] trancha XIIe s. Par dous feiz [deux fois] i fu pris ; si l'en laissa aler ; Mais ainceis [auparavant] li fist l'um les oreilles couper À plusors ont trenchies et aureilles et piez Li message del rei dist al duc en l'aureille Tel venjance frai sur Juda e sur Jerusalem, que à ces [ceux] ki l'orrunt l'entendront], tut les orilles lur en cornerunt XIIIe s. Li autre philosophe ki apeloient les orelles porte de savoir En l'oreille [elle] lui prent tantost à conseiller Mais cele fet oroille sorde, Qui n'est mie fole ne lorde Yzengrin [le loup] a d…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Organe de l’ouïe, placé de chaque côté de la tête. Oreille droite. Oreille gauche. Le tympan de l’oreille. Se boucher les oreilles. Avoir un bourdonnement, un tintement d’oreille. Les oreilles me cornent. En termes d’Anatomie, Oreille externe, Partie extérieure de l’oreille; Oreille interne, Partie intérieure de l’oreille, qui contient le labyrinthe, organe essentiel de l’audition; Oreille moyenne, La caisse du tympan et la trompe d’Eustache.

  2. Fig., Fermer l’oreille à quelque discours, Ne vouloir pas l’écouter.

  3. Fig., Ouvrir l’oreille, écouter très attentivement. J’ouvre l’oreille et je n’entends rien.

  4. Fig., Ouvrir les oreilles, écouter favorablement une proposition par quelque motif d’intérêt. Quand je lui ai fait espérer telle chose, il a ouvert les oreilles, cela lui a fait ouvrir les oreilles, il a commencé à ouvrir les oreilles.

  5. Fig., Prêter l’oreille, être attentif ou écouter favorablement. Prêtez-moi l’oreille. Prêtez l’oreille à ce que je vous dis. Prêter une oreille attentive à quelqu’un, à quelque discours. Il ne faut pas prêter l’oreille aux calomniateurs, à la calomnie.

  6. Fig., Dresser l’oreille, les oreilles, Devenir très attentif à ce qui se dit. Faire dresser l’oreille, éveiller, attirer l’attention.

  7. Fig., écouter de toutes ses oreilles, écouter de toute son attention. On dit aussi être tout oreilles.

  8. Fig. et fam., Les oreilles ont bien dû vous corner, vous tinter, Nous avons beaucoup parlé de vous, nous avons souvent parlé de vous en votre absence.

  9. Fig. et fam., Les oreilles vous cornent se dit à Quelqu’un qui croit entendre ce qu’on ne lui dit pas, ou un bruit qui n’est pas réel.

  10. Fig. et fam., Corner aux oreilles de quelqu’un, Parler continuellement d’une chose à quelqu’un, dans le dessein de la lui persuader.

  11. Fam., Dire un mot à l’oreille de quelqu’un, Parler à quelqu’un de fort près, de manière à n’être entendu que de lui seul. On dit dans le même sens Parler à l’oreille de quelqu’un. L’expression analogue Dire deux mots à l’oreille de quelqu’un se prend comme une menace. S’il ne change pas de conduite, je lui dirai deux mots à l’oreille.

  12. Fam., Souffler quelque chose aux oreilles de quelqu’un, Lui dire quelque chose secrètement.

  13. Venir aux oreilles se dit des Choses dont on entend parler. Si cela vient aux oreilles de votre père, vous recevrez une forte réprimande.

  14. Fam., Avoir les oreilles rebattues d’une chose, En avoir souvent entendu parler, en être ennuyé. On a les oreilles rebattues de cette question.

  15. Fam., étourdir, rompre les oreilles à quelqu’un, Lui tenir des discours qui l’importunent, qui le fatiguent. Il m’a étourdi les oreilles de ses réclamations, de ses plaintes. Il m’a rompu les oreilles de ses projets.

  16. Fig., et fam., Cela lui entre par une oreille et lui sort par l’autre se dit en parlant d’une Personne qui oublie facilement les conseils qu’on lui donne, les remontrances qu’on lui fait, ou en général qui ne fait aucune attention à ce qu’on lui dit.

  17. Prov. et fig., Ventre affamé n’a point d’oreilles, Un homme, pressé par la faim ou par quelque nécessité urgente, n’entend point les représentations qu’on lui fait.

  18. Prov. et fig., Les murs ont des oreilles se dit Lorsqu’on parle dans un lieu où l’on peut craindre d’être entendu.

  19. OREILLE se dit aussi, soit au singulier, soit au pluriel, de l’Ouïe, du sens de la perception des sons. Avoir l’oreille bonne, l’oreille fine. Avoir l’oreille dure. être dur d’oreille. Avoir une certaine dureté d’oreille. On lui faisait entendre de la bonne musique pour former son oreille, pour lui former l’oreille. Cet instrument flatte, charme l’oreille. Cette musique discordante blesse, offense, choque, écorche, déchire l’oreille, les oreilles. Ce musicien a l’oreille juste, l’oreille délicate. Il a de l’oreille. Il n’a pas d’oreille. Il manque d’oreille. Avoir l’oreille sensible au rythme des vers. L’harmonie de ses vers, de sa prose satisfait l’oreille la plus difficile, la plus sévère. Je n’ai pas l’oreille faite à cette musique. Mes oreilles ne sont pas accoutumées à ce grand bruit.

  20. Fam., Faire la sourde oreille, Faire semblant de ne pas entendre ce qu’on dit, n’y avoir point d’égard.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • oreilles — pluriel — /ɔʁɛjə/ ou /oʁɛjə/
  • oreille — singulier — /ɔʁɛjə/ ou /oʁɛjə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée oreille#44240.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.