orateur
nom, masculin, /oʁatœʁ/ ou /ɔʁatœʁ/
Voir aussi : forme féminine oratrice
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Celui qui compose et prononce des discours. L'Orateur romain, avec une majuscule, Cicéron. Orateur sacré, auteur de sermons, d'oraisons funèbres. On dit dans le même sens : orateur évangélique, orateur de la chaire. Orateur du barreau, avocat plaidant. Orateur de la troupe, celui qui parle pour une compagnie, une troupe de personnes ; locution tirée d'un ancien usage que les comédiens avaient de choisir entre eux un homme appelé l'orateur et chargé de faire les harangues et de composer les affiches.
L'esclave Damis qui sert de secrétaire à cet orateur mercenaire — Pierre Corneille (1606-1684)
....L'orateur recourut à ces figures violentes Qui savent exciter les âmes les plus lentes — La Fontaine (1621-1695)
En Angleterre, l'orateur, le président de la chambre des communes.
Son major général [de Cromwell] Harrison va droit à l'orateur, et le fait descendre de la chaire avec violence — Voltaire (1694-1778)
En parlant d'une femme. Une femme orateur.
Au XVIe siècle et au commencement du XVIIe, on disait orateur pour prosateur, qui n'existait pas.
Il a fait imprimer un volume de sottises mesurées ; et, s'il est mauvais orateur, il est encore plus mauvais poëte — Guez de Balzac (1597-1654)
Étymologie : Provenç. et espagn. orador ; ital. oratore ; du lat. oratorem, de orare, parler, dénominatif de os, oris, bouche.
Historique : XIVe s. Si estoient les orateurs des Latins devers le senat Tenons [les religieux, prieurs et couvent de la Fontaine Nostre Dame en Valoys] par devant tous autres du dit ordre nos principaux et especiaux chapellains et orateurs XVIe s. Comment usonsnous en françois du mot d'orateurs ? Ce sont les evesques et prelats, lesquels, es lettres qu'ils envoyent aux roys et princes, prennent cette qualité de leurs humbles orateurs, rapportans ce mot à leurs devotions et prieres Henri par la grace de Dieu roy de France.... sçavoir faisons avoir receu l'humble supplication de nos bien amez et devots orat…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Celui qui compose, qui prononce des discours, des ouvrages d’éloquence. Orateur éloquent, véhément. Un froid orateur. Cet orateur improvise avec une étonnante facilité. Un orateur politique. Les grands orateurs de la Grèce et de Rome.
Ironiquement, Il n’est pas orateur, Il s’exprime bien mal.
Orateur sacré, Auteur de sermons, d’oraisons funèbres. Bossuet et Bourdaloue sont nos plus grands orateurs sacrés. On dit dans le même sens Orateur de la chaire.
ORATEUR s’est dit de Celui qui prenait la parole au nom d’une troupe de comédiens. Molière fut longtemps l’orateur de sa troupe.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- orateurs — pluriel — /ɔʁatœʁ/ ou /oʁatœʁ/
- orateur — singulier — /ɔʁatœʁ/ ou /oʁatœʁ/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée orateur#44174.