oragé
adjectif
Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1877 (1 sens)
Littré — Supplément (1877)
part. passé.
d'orager. Troublé comme par un orage.
Ma dernière saison oragée par tant d'afflictions — Malherbe (1555-1628)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, Supplément — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Source de l'entrée : Littré — Supplément, 1877, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée ORAGÉ, ÉE.
orage
nom, masculin, /ɔʁaʒə/ ou /oʁaʒə/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)
Littré (1873)
s. m.
Agitation violente de l'atmosphère avec vent, éclair et tonnerre. Fig.
Il me semble qu'elle est votre Iris, et que c'est comme un arc-en-ciel qui paraît après l'orage — Voiture (1597-1648)
Comme un sage pilote, sans s'étonner ni des vagues, ni des orages, ni de son propre péril — Bossuet (1627-1704)
Fig. Revers, malheurs, embarras, disgrâces. Conjurer l'orage, voy. CONJURER.
Le ciel, en qui votre âme a borné ses amours, Était bien obligé de vous donner des jours Qui fussent sans orage, et qui n'eussent point d'ombre — Malherbe (1555-1628)
Si près de voir sur soi fondre de tels orages, L'ébranlement sied bien aux plus fermes courages — Pierre Corneille (1606-1684)
Fig. Guerre, révolte, désordre. Les orages d'une longue révolution.
Il apaisa l'orage dont le royaume était agité — Fléchier (1632-1710)
Et, tandis que la guerre occupait son courage, [le roi] M'envoya dans ces lieux éloignés de l'orage — Jean Racine (1639-1699)
Fig. Tumulte de sentiments, agitations du cœur, tumulte de la société. Se dérober aux orages du monde.
Et ses trois frères morts par la main d'un époux Lui donneront des pleurs bien plus justes qu'à vous ; Mais j'espère aisément en dissiper l'orage — Pierre Corneille (1606-1684)
Il pense voir en pleurs dissiper cet orage — Jean Racine (1639-1699)
Fig. Opposition, colère soulevée contre quelqu'un ou quelque chose. Familièrement. Reproches d'un supérieur. Tout l'orage tombera sur vous. Correction manuelle.
J'ai eu un terrible orage à essuyer ; je ne me mêlerai plus d'aucune affaire — Mme de Maintenon (1635-1719)
Vous ne sauriez avoir l'idée de l'orage qu'excite contre moi la publication des Lettres écrites de la montagne ; c'est une défense que je devais à mes anciens concitoyens et que je me devais à moi-même — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Étymologie : Dauphiné, orage, le vent, le souffle du vent ; bourguig. oraige ; provenç. auratge, vent, orage ; catal. oretj ; espagn. orage ; d'une forme fictive auraticum, du lat. aura, vent, air ; grec αὔρα, souffle. L'ancien français avait aussi oré ; provenç. aurey, qui était un autre dérivé du même mot aura.
Historique : XIIe s. Viengnent tout à seür quant il auront orage [temps favorable] Et granz orages et merveilleuz tempiez Amont par mi le Rin li orages [le temps, le vent] les guie [guide] Aprendre lui convient [il faut] vie d'home sauvage, Et gesir mainte nuit au vent et à l'orage XIIIe s. Et li orages venoit devers nos gens Sor eles tonoit et negoit, Et si grant orage faisoit, Que nus [nul] ne le puist endurer Et le prist un grans orages, si grans que il sanbloit que la nef montast as nues.... XIVe s. Grans dons donna aux poures chevaliers qui leurs choses avoient perdues en mer pour l'oraige de la tempe…
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. m.
Perturbation atmosphérique, ordinairement de peu de durée, qui se manifeste par un vent impétueux, de la pluie ou de la grêle, des éclairs et du tonnerre. Il s’éleva un orage. Rentrons avant que l’orage éclate. Nous aurons de l’orage. Le temps est à l’orage. L’orage gronde. L’orage a crevé sur ce vallon. Le fort de l’orage. Il a fait un grand orage. Une flotte battue de l’orage. Lutter contre l’orage. Fuir sous l’orage. Les orages sont très fréquents en cette saison. L’orage passera bientôt. L’orage s’apaise. L’orage a cessé.
Il se dit, figurément, des Malheurs dont on est menacé, des disgrâces qui surviennent tout à coup, soit dans les affaires publiques, soit dans la fortune des particuliers. Il a détourné, conjuré, dissipé l’orage par sa prudence. Laissez passer l’orage.
Il se dit aussi d’un Désaccord violent qui se produit entre deux ou plusieurs personnes. De fréquents orages ont troublé leur union. Le discours de cet orateur déchaîna un véritable orage dans l’assemblée. Faire tête à l’orage. Il y a de l’orage dans l’air.
Il se dit aussi de Ce qui vient troubler la paix de l’âme. Les orages des passions. Les orages du coeur.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- orages — pluriel — /ɔʁaʒə/ ou /oʁaʒə/
- orage — singulier — /ɔʁaʒə/ ou /oʁaʒə/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée orage#44152.