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opprobre

opprobre

nom, masculin · /opʁɔbʁə/ ou /ɔpʁɔbʁə/

Usage : d'usage courant (1.11 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Littéraire. Honte profonde et publique, déshonneur extrême attaché à une conduite ou à une situation.

    Sa trahison a couvert toute la famille d'opprobre.

    Synonymes : déshonneur, infamie.

    « [L'indigent] Dévoré de besoin, de projets, d'insomnie, Il vieillit dans l'opprobre et dans l'ignominie »André Chénier (1762-1794)

    « C'est bien assez pour moi de l'opprobre éternel D'avoir pu mettre au jour un fils si criminel »Jean Racine (1639-1699)

  2. Littéraire. Honte publique et déshonneur extrême causés par une personne ou une chose dont la conduite ou l'existence est jugée infamante pour un groupe.

    Cet homme est l'opprobre de sa famille.

    « Tous les gens de lettres, à l'exception de ceux qui sont l'opprobre de la littérature, ne sont pas moins indignés que vous du traitement que j'éprouve »D'Alembert (1717-1783)

    « Jérusalem et votre peuple sont aujourd'hui en opprobre à toutes les nations qui nous environnent »Lemaistre de Sacy (1613-1684)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • opprobres : pluriel · /ɔpʁɔbʁə/ ou /opʁɔbʁə/
  • opprobre : singulier · /ɔpʁɔbʁə/ ou /opʁɔbʁə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 3 sens

s. m.

  1. Honte profonde, déshonneur extrême.

    Pleurez le déshonneur de toute notre race Et l'opprobre éternel qu'il laisse au nom d'HoracePierre Corneille (1606-1684)

    Jérusalem et votre peuple sont aujourd'hui en opprobre à toutes les nations qui nous environnentLemaistre de Sacy (1613-1684)

  2. L'opprobre de, c'est-à-dire ce qui est une cause de honte.

    Un exécrable Juif, l'opprobre des humainsJean Racine (1639-1699)

    Réponds donc à ton juge, opprobre de ma vieVoltaire (1694-1778)

  3. État d'abjection.

    Mais mourir dans l'opprobre et dans l'ignominieVoltaire (1694-1778)

    L'opprobre avilit l'âme et flétrit le courageVoltaire (1694-1778)

Étymologie : Lat. opprobrium, de ob, et probrum, action honteuse, qui est pour prohibrum (comparez manubrium pour manuhibrium), de prohibere, prohiber : chose qu'on prohibe et qu'on reproche.

Historique : XIIe s. Aemple [remplis] les faces d'icels d'opprobre XIVe s. Et poui un peu de gaaing ils soustiennent obprobres et vilaines reproches et diffames XVe s. Combien que le doux Jhesus des obprobres que nous li faisons nous peust et puist reprendre et blamer XVIe s. Ils se desplaisent et melancholient de se voir ainsi en opprobre de tout le monde

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 2 sens

n. m.

  1. Déshonneur éclatant et public. Sa conduite l’a couvert d’opprobre. Jeter l’opprobre sur quelqu’un. Opprobre éternel.

  2. Il signifie aussi Cause de déshonneur, en parlant d’une Personne. Il est l’opprobre de sa famille. Un Néron est l’opprobre du genre humain.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée opprobre#44108.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.