opéra

opéra

nom, masculin, /ɔpeʁa/ ou /opɛʁa/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Poëme dramatique mis en musique, et, plus particulièrement, grand poëme lyrique composé de récitatif, de chant et de danse, sans discours ou dialogue parlé.

    J'honore tout ce qui est opéra, et, quoique je fasse l'entendue, je ne suis pas si habile que M. de Grignan, et je crois que j'y pleurerais comme à la comédie — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Je m'en vais à un petit opéra de Mollier, beau-père d'ltier, qui se chante chez Pélissari ; c'est une musique très parfaite — Mme de Sévigné (1626-1696)

  2. En Italie, opéra sérieux, dit aussi grand opéra, opéra dont les personnages sont ceux de la tragédie (on dit aussi opera seria, quand on parle italien). Opéra bouffon, ou opéra bouffe, celui dont les personnages appartiennent à la comédie (on dit aussi opera buffa).

  3. En France, opéra comique, drame mixte qui tient de la comédie par le dialogue et de l'opéra par le chant.

    J'ai vu ce que je n'avais jamais vu, des opéras comiques — Voltaire (1694-1778)

    Joue-t-on encore Eponine ? l'opéra comique soutient-il toujours la gloire de la France ? — Voltaire (1694-1778)

  4. Le genre de spectacle que constituent les poëmes dramatiques mis en musique. L'abbé Perrin obtint de Louis XIV, vers 1669, la permission d'établir un opéra dans Paris ; et la première représentation fut celle de Pomone, en 1672.

    L'on voit bien que l'opéra est l'ébauche d'un grand spectacle : il en donne l'idée — La Bruyère (1645-1696)

    Je ne sais pas comment l'opéra, avec une musique si parfaite et une dépense toute royale, a pu réussir à m'ennuyer — La Bruyère (1645-1696)

  5. Par extension, l'Opéra, dit aussi à diverses époques l'Académie royale ou impériale de musique, le théâtre où l'on joue le grand opéra ; l'Opéra-Comique, celui où l'on joue l'opéra comique (on met des majuscules). L'Opéra est le premier de nos théâtres lyriques ; il a été tantôt dans les attributions des menus plaisirs, de la liste civile du roi, de la maison de l'empereur ou du ministère d'État, tantôt en régie. Grand Opéra, se dit quelquefois pour Théâtre de l'Opéra, afin de le distinguer de celui de l'Opéra-Comique.

    Par toi-même bientôt conduite à l'Opéra, De quel air penses-tu que ta sainte verra D'un spectacle enchanteur la pompe harmonieuse.... Entendra ces discours sur l'amour seul roulants, Ces doucereux Renauds, ces insensés Rolands... ? — Boileau (1636-1711)

    La salle de l'Opéra et toutes les autres dépendances du Palais royal du côté de l'église de Saint-Honoré sont bâties sur les ruines de l'hôtel des comtes d'Armagnac — Saint-Foix (1698-1776)

  6. Opéra ballet, genre d'opéra mêlé de danses, fort à la mode à la fin du XVIIe siècle et au commencement du XVIIIe siècle. Le Dieu et la Bayadère de MM. Scribe et Auber est un opéra ballet.

    Le roi y a donné ordre, madame ; on peut être de l'opéra sans faire tort à sa noblesse ; les plus grands seigneurs du royaume y peuvent danser avec l'approbation de tout le monde — ST.-ÉVREM.

  7. Bal de l'Opéra, bal que donne le grand Opéra pendant le carnaval. Le premier bal de l'Opéra fut donné le 5 janvier 1716 par autorisation du duc d'Orléans régent.

  8. Opéra spirituel, s'est dit quelquefois pour oratorio.

  9. Fig. S'est dit de tout ce qui semble difficile. S'est dit aussi d'une chose excellente, d'un chef-d'œuvre. Faire opéra, au nain jaune, se défaire successivement de toutes ses cartes, sans en avoir été empêché par son adversaire ; se dit aussi au lansquenet, quand le banquier ou coupeur amène toutes les cartes retournées sur le tapis avant d'amener la sienne.

    C'est un opéra de lui parler — Dominique Bouhours (1628-1702)

    Ils sont en si grand nombre, que ce serait un opéra que d'en vouloir dresser un mémoire — Pierre Bayle (1647-1706)

Étymologie : Ital. opera, œuvre (voy. ce mot).

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Composition dramatique, mise en musique pour être chantée avec accompagnement d’orchestre et souvent de danses et une importante mise en scène. Le livret d’un opéra. Les opéras de Rameau, de Rossini, de Gounod, de Wagner. Jouer, représenter un opéra.

  2. Il se dit aussi, dans un sens général, de ce Genre de composition. L’opéra est un genre qui date chez nous du XVIIe siècle.

  3. Il se dit spécialement du Théâtre qui est destiné à sa représentation. Aller à l’Opéra. L’orchestre, le corps de ballet de l’Opéra. Les choeurs de l’Opéra. Avoir une loge à l’Opéra.

  4. Opéra comique, Drame mixte qui tient de la comédie par l’intrigue, les personnages et le dialogue, et de l’opéra par les parties de chant, l’accompagnement d’orchestre et les danses. Il se dit aussi du Genre de spectacle que constitue cette sorte de drame et du Théâtre où il se représente. "La Dame Blanche", "Le Pré-aux-Clercs", "Les Noces de Jeannette" sont de charmants opéras-comiques. L’opéra-comique est un genre éminemment français. Aller à l’Opéra-comique. Une loge à l’Opéra-Comique.

  5. Opéra bouffe. Voyez

  6. BOUFFE.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • opéras — pluriel — /ɔpeʁa/ ou /opɛʁa/
  • opéra — singulier — /ɔpeʁa/ ou /opɛʁa/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée opéra#44133.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.