onction
nom, féminin, /ɔ̃ksjɔ̃/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (5 sens)
Littré (1873)
s. f.
Action de frotter avec une substance grasse. Fig. Ce qui facilite comme fait un corps gras.
Se servant pour cela, pendant les six premiers mois, d'une onction d'huile de myrrhe, et, pendant les six autres, de parfums et d'aromates — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Ces onctions, en rendant le cuir des lutteurs trop glissant, leur ôtaient la facilité de se colleter et de se prendre au corps avec succès — Rollin (1661-1741)
Action d'oindre, en usage dans certaines cérémonies judaïques. Pierre de l'onction, se dit de la pierre où Jacob reposa sa tête.
Pour moi je ne suis roi que par l'onction, et encore peu affermi — Lemaistre de Sacy (1613-1684)
Action d'oindre dans certaines cérémonies de l'Église chrétienne. L'onction du baptême, de la confirmation. L'onction des évêques. Extrême-onction, voy. EXTRÊME-ONCTION.
Nous avons un profond respect pour cette onction sacrée qui vous élève dans l'Église à un si haut degré — Olivier Patru (1604-1681)
Madame appelle les prêtres plutôt que les médecins, elle demande d'elle-même.... la sainte onction des mourants — Bossuet (1627-1704)
Fig. Mouvement de la grâce, consolation du Saint-Esprit.
Les Églises chrétiennes.... se servant du saint chrême, pour démontrer la vertu de ce sacrement par une représentation plus expresse de l'onction intérieure du Saint-Esprit — Bossuet (1627-1704)
L'onction du Saint-Esprit se fait sentir plus ou moins — Bossuet (1627-1704)
Fig. Ce qui, dans un écrit, un discours, une action, touche le cœur, le porte à la piété. Il a prêché avec beaucoup d'onction.
Un seul devoir de piété accompli avec onction — Massillon (1663-1742)
Étymologie : Provenç. unctio, onccio ; espagn. uncion ; ital. unzione ; du lat. unctionem, de ungere, oindre.
Historique : XIIe s. Li geünes [le jeûne] del cors est li onctions del chief [de la tête], et li poverteiz de la char li refections del cuer XIVe s. Oncion d'uile de basme Un vaissel d'argent à mettre le cresme et les autres onctions Le chevalier monstre que l'onction du roy est de voulenté, non pas de necessité XVe s. Ilz firent confesser ladite chambriere et mettre en unxion, et le jour ensuivant ala de vie à trespassement XVIe s. L'esprit de Dieu est passé sur lui dès le jour de son onction [sacre], pour continuer en après Et le presbtre, pour luy donner l'extreme onction, cherchant ses pieds....
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Académie française, 8e édition (1935)
n. f.
Action d’oindre. Il se dit surtout, en termes de Médecine, de l’Action de frotter doucement quelque partie du corps avec une substance grasse huileuse.
Il se dit aussi, particulièrement, de l’Action d’oindre qui entre dans l’administration de quelques sacrements et dans plusieurs cérémonies de l’église. L’onction du baptême, de la confirmation. Onction sacrée, sacerdotale. L’onction des évêques. L’évêque qui a fait les onctions.
Extrême-onction, Un des sept sacrements, celui qu’on administre aux malades qui sont en danger de mort.
ONCTION désigne encore, au figuré, une Douceur particulière qui, dans un discours, dans un écrit, touche le coeur et porte à la dévotion ou à une sorte d’attendrissement. Il y a de l’onction dans ce sermon, dans ce discours, dans ce livre de piété. Cet homme parle, écrit avec onction. Ce prédicateur manque d’onction. Avoir de l’onction dans le langage, dans les manières.
Il se dit, en termes de Théologie, de l’Action pacifiante et douce de la grâce. Onction intérieure. L’onction secrète de la grâce.
Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.
Grammaire et formes (2)
- onctions — pluriel — /ɔ̃ksjɔ̃/
- onction — singulier — /ɔ̃ksjɔ̃/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée onction#43922.