ombré · ombre

ombré

adjectif, /ɔ̃bʁe/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens)

Littré (1873)

part. passé

  1. Dessin ombré. Par extension. Fig. Terme de blason. Se dit des figures qu'on trace de noir pour les mieux distinguer.

    Tout le dessus du corps est d'un brun noirâtre, ombré de fauve — Buffon (1707-1788)

    Son beau flanc plus ombré qu'un flanc de léopard — Victor Hugo (1802-1885)

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (4)
  • ombrées — pluriel féminin — /ɔ̃bʁe/
  • ombrés — pluriel masculin — /ɔ̃bʁe/
  • ombrée — singulier féminin — /ɔ̃bʁe/
  • ombré — singulier masculin — /ɔ̃bʁe/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ombré#43880.

ombre

nom, /ɔ̃bʁə/

Définitions

  1. Zone sombre créée par un corps qui intercepte la lumière.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  2. Silhouette obscure qu'un corps projette sur une surface éclairée.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  3. Trace infime de quelque chose, apparence à peine perceptible.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

  4. Situation de celui qui reste ignoré ou volontairement discret.

    Définition Francorium (CC BY-SA 4.0) — validation automatisée · méthode.

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (1 sens) · 1873 (1 sens) · 1873 (15 sens) — Académie 1935 (25 sens)

Littré (1873) — entrée 4

s. m.

  1. Espèce de perche de la Méditerranée. Ombre-chevalier, variété de la truite. Ombre de mer, le corbeau de mer, poisson du genre sciene.

    Nous mangerons un ombre-chevalier, et nous entendrons M. de l'Écluse — Marmontel (1723-1799)

    Nos ombres sont si renommés, qu'on profite des froids de l'hiver pour en envoyer à Paris, et même jusqu'à Berlin — Horace-Bénédict de Saussure (1740-1799)

Étymologie : Origine inconnue.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 3

s. m.

  1. Voy. HOMBRE.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Littré (1873) — entrée 1

s. f.

  1. Espace privé de lumière par interposition d'un corps opaque. Ombre droite, celle que jette un corps opaque sur le plan horizontal auquel il est perpendiculaire ; ombre renversée, celle qu'il jette sur un plan vertical, ainsi dite parce qu'elle suit, pour sa longueur, des lois inverses de celles de l'ombre droite. Ombre absolue, celle qui est projetée dans l'espace absolu, par exemple l'ombre de la terre ; ombre relative, l'ombre absolue rencontrée par une surface quelconque. L'ombre et la lumière, l'ombre considérée dans son contraste avec l'espace lumineux qui l'entoure. Fig. Fig. Jeter une ombre sur, obscurcir. On dit dans un sens analogue : mêler de l'ombre. Les grandeurs du monde ne sont qu'ombre et que fumée, c'est-à-dire elles n'ont rien de solide ni de permanent. Passer comme l'ombre, comme une ombre, être de courte durée, locution prise de la rapidité avec laquelle l'ombre change dans une journée. Fig. Mettre un homme à l'ombre, le mettre en prison. Mettre à l'ombre, tuer. Être dans l'ombre, être dans un espace que l'ombre couvre, et fig. ne pas paraître, ne pas figurer. Fig. Tout lui fait ombre, c'est-à-dire tout lui fait peur, tout excite sa défiance ; par comparaison avec le cheval ombrageux. Faire ombre à quelqu'un, obscurcir le mérite, le crédit de quelqu'un. Fig. Jeter de l'ombre, inquiéter, rendre jaloux.

    Et déjà les vallons Voyaient l'ombre en croissant tomber du haut des monts — La Fontaine (1621-1695)

    Le soldat est trop lâche, qui veut toujours être à l'ombre — Bossuet (1627-1704)

  2. Dans le style élevé, la nuit. Ombre donnée par les feuillages, ombrage. Fig. Fig. L'ombre considérée comme ce qui protége. L'ombre de la mort, les ténèbres qui accompagnent la mort. Les ombres de la mort, l'ombre du tombeau, la mort même. Fig. L'ombre de la mort, les ombres de la mort, l'ignorance de Dieu, de la vraie religion.

    Dans l'ombre de la nuit cache bien ton départ — Pierre Corneille (1606-1684)

    Les ombres, les flambeaux, les cris et le silence — Jean Racine (1639-1699)

  3. Terme de peinture. Les endroits les plus bruns et les plus obscurs d'un tableau qui servent à rehausser l'éclat des autres. Ombre portée, toute ombre qu'un corps projette sur une surface, et l'imitation qu'on en fait dans un dessin, dans un tableau. Fig. C'est une ombre au tableau, se dit d'un léger défaut qui n'efface point les beautés d'un ouvrage, les bonnes qualités d'une personne. On dit aussi en ce sens, ombre absolument. Ombre se dit, dans un dessin, dans une carte, dans un plan, de ce qui imite l'ombre, de ce qui est en noir. Fig. Terme de musique. Ombre, nuance de la voix.

    [Chez Poussin] une manière plus ronde qui ne l'est que par l'adoucissement du terme de l'ombre avec une teinte qui l'unit à la plus prochaine du jour, — NOEL COYPEL

    C'est une ombre au tableau qui lui donne du lustre — Boileau (1636-1711)

  4. Fig. Ce qui obscurcit l'âme.

    Tout respire en Esther l'innocence et la paix ; Du chagrin le plus noir elle écarte les ombres — Jean Racine (1639-1699)

  5. Fig. Le secret qui cache les choses. Les ombres du mystère, l'obscurité qui couvre les choses secrètes. Être, rester dans l'ombre, être, demeurer ignoré. La cause de cet événement reste dans l'ombre.

    Tout ce que l'homme fait, il le fait à leurs yeux [des dieux], Même les actions que dans l'ombre il croit faire — La Fontaine (1621-1695)

    Chacun s'en aperçut ; car d'enfermer sous l'ombre Une telle aise, le moyen,... — La Fontaine (1621-1695)

  6. Fig. Retraite, solitude, tranquillité.

    Dans l'ombre de la paix — Pierre Corneille (1606-1684)

    Venise ne le laissa pas longtemps dans les exercices tranquilles et dans l'ombre d'une université — Fontenelle (1657-1757)

  7. Image, ressemblance du corps qui projette l'ombre. L'ombre à une certaine heure est l'image du corps ; cette ombre grandit à mesure que le jour baisse. Particulièrement. L'ombre jetée par le corps d'une personne. Il le suit comme l'ombre fait le corps, il le suit partout. On dit aussi : il ne le quitte pas plus que son ombre. On dit encore dans le même sens : c'est son ombre, c'est une ombre attachée à ses pas. C'est l'ombre et le corps, se dit de deux personnes qui ne se quittent pas. Avoir peur de son ombre, avoir peur des moindres choses. Fig. Courir après une ombre, se livrer à une espérance chimérique. Fig. Prendre l'ombre pour le corps, prendre une chose vaine pour une chose solide. On dit de même : l'ombre d'une chose, par opposition à cette chose même, à son existence réelle. Chez les anciens Romains, les personnes que les convives invités amenaient avec eux.

    Cadediou, ce coquin a marché dans mon ombre, Il s'est fait tout vaillant d'avoir suivi mes pas — Pierre Corneille (1606-1684)

    Après t'être immolé chez toi ton général, Toi, que faisait trembler l'ombre d'un tel rival — Pierre Corneille (1606-1684)

  8. Selon la doctrine des anciens païens, apparence, simulacre du corps après la mort, soit qu'elle habite les régions de l'enfer, soit qu'elle apparaisse aux vivants. Il se dit, dans un sens plus général, de la personne considérée après sa mort.

    Comme s'il importait, étant ombres là-bas, Que notre nom vécût ou qu'il ne vécût pas — Mathurin Régnier (1573-1613)

    Une ombre est toujours ombre, et des nuits éternelles Il ne sort point de jours qui ne soient infidèles — Pierre Corneille (1606-1684)

  9. Fig. Légère apparence.

    Ces ombres de santé cachent mille poisons — Pierre Corneille (1606-1684)

    Cette feinte douceur, cette ombre d'amitié Vint de ta politique, et non de ta pitié — Pierre Corneille (1606-1684)

  10. Il se dit aussi pour exprimer que la chose dont on parle existe à peine. Pas l'ombre de, pas du tout.

    Il passa en Italie avec quelque ombre de joie de songer qu'il sortait des mains de ses ennemis — Voiture (1597-1648)

    Un courroux si constant pour l'ombre d'une offense M'a trop bien éclairci de votre indifférence — Molière (1622-1673)

  11. Fig. Signe, figure d'une chose à venir ; en ce sens il ne se dit que de l'ancienne loi par rapport à la nouvelle. Les cérémonies et le sacrifice du vieux Testament n'étaient que les ombres des mystères et des vérités du nouveau. Par extension, image imparfaite.

    Quand sera le voile arraché Qui sur tout l'univers jette une nuit si sombre ? Dieu d'Israël, dissipe enfin cette ombre ; Jusqu'à quand seras-tu caché ? — Jean Racine (1639-1699)

    Les règles de la justice humaine nous peuvent aider à entrer dans les profondeurs de la justice divine dont elles sont une ombre ; mais elles ne peuvent pas nous découvrir le fond de cet abîme — Bossuet (1627-1704)

  12. Fig. Il se dit d'une personne ou d'une chose qui a perdu ce qui faisait sa grandeur, son éclat.

    Vous êtes aussi bien le véritable roi, Je n'en suis plus que l'ombre, et l'âge ne m'en laisse Qu'un vain titre d'honneur qu'on rend à ma vieillesse — Pierre Corneille (1606-1684)

    Qu'est-ce donc que l'homme ?... n'est-ce pas, si je puis parler de la sorte, un reste de lui-même, une ombre de ce qu'il était dans son origine ? — Bossuet (1627-1704)

  13. Terme de blason. Se dit d'une peinture si déliée, qu'on voit le champ de l'écu au travers. Ombre de soleil, représentation du soleil, qui n'a pas de visage, mais un disque d'une seule couleur.

  14. À l'ombre de, loc. prép. Sous le couvert, à l'abri de. À l'ombre d'un toit. Fig. Sous la protection, à la faveur de.

    Je me repose à cette heure à l'ombre d'une montagne dont cette ville est couverte — Voiture (1597-1648)

    Ces esclaves obscurs, Nourris loin de la guerre à l'ombre de ces murs — Jean Racine (1639-1699)

  15. Sous l'ombre de, sous ombre de, loc. prép. Sous l'apparence, sous le prétexte. Quand on dit sous l'ombre de.... il faut que le substantif suivant ait un article, par exemple : sous l'ombre de l'amitié ; quand on dit sous ombre, le substantif suivant ne prend pas d'article, par exemple : sous ombre d'amitié. Sous ombre que, loc. conjonct. signifiant sous prétexte que. Quand le soleil est couché, il y a bien des bêtes à l'ombre.

    Et sous ombre d'agir pour ses folles amours, Il a su pratiquer de si rusés détours.... — Pierre Corneille (1606-1684)

    Sous ombre de venger sa grandeur méprisée — Pierre Corneille (1606-1684)

Étymologie : Wallon, âbion, obion, contracté pour ombion, diminutif de ombre ; Berry, umbre ; provenç. ombra, umbra ; espagn. sombra ; ital. ombra ; du lat. umbra. Il semble naturel de rapporter umbra à ὄμϐρος, pluie, lat. imber ; ce serait le sanscr. ambhas, abhra, la pluie, le nuage qui obscurcit. Comme on voit à l'historique, ombre a été longtemps masculin et féminin.

Historique : Xe s. Quant umbre li fesist [un lierre] XIe s. Alez en est en son verger sous l'umbre XIIe s. Si ju aleve [ôte, enlève] en mei l'ombre de mort Huem [homme] à vanitedsemblans faiz est ; li jur de lui sicume umbre trespassent Car qui peor [peur] a de son ombre, S'il puet [peut], volentiers se desconbre D'ancontre de lance ou de dard XIIIe s. Vostre bel ombre qui l'atent Et s'el est tex [telle] que mantel port, Si le doit porter de tel port, Que trop la veüe n'encombre Du biau cors à qui il fait ombre Car ses umbres [son ombre] I'ot si trahi [Narcisse], Que cuida veoir la figure D'ung enfant bel …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Obscurité relative qui cause un corps opaque en interceptant la lumière. Se coucher, se reposer, s’endormir à l’ombre d’un arbre, d’un buisson. Se mettre, se promener à l’ombre. Chercher l’ombre et le frais. Cet arbre ne fait guère d’ombre, ne donne guère d’ombre. Cette plante aime l’ombre, vient mieux à l’ombre qu’au soleil. L’ombre de la terre projetée sur la lune en provoque l’éclipse.

  2. Fig., Laisser quelqu’un dans l’ombre. Cette action jette une ombre sur sa gloire.

  3. Fig., Tout lui fait ombre, Il craint tout ce qui pourrait l’éclipser. On dit plutôt Tout lui fait ombrage.

  4. Fig., Passer comme l’ombre, comme une ombre se dit des Choses passagères, de courte durée. La vie des hommes passe comme l’ombre. Le plaisir passe comme une ombre.

  5. Fig., et pop., Mettre un homme à l’ombre, Le mettre en prison.

  6. Il signifie, par extension, Absence de clarté, obscurité. Les ombres de la nuit. Le soleil chasse, dissipe les ombres. Fig., Les ombres du mystère, L’obscurité qui couvre les choses secrètes. Les ombres de la mort, l’ombre du tombeau, La mort, le tombeau.

  7. OMBRE désigne particulièrement l’Apparence, les contours des corps qui projettent l’ombre. L’ombre à une certaine heure est l’image des corps. Les ombres s’allongent quand le soleil approche du couchant.

  8. Ombres chinoises, Silhouettes découpées et projetées en noir sur un écran. Théâtre d’ombres.

  9. Fig., Il le suit comme son ombre se dit d’un Homme qui en suit un autre partout. On dit aussi Il ne le quitte pas plus que son ombre; et, figurément, dans le même sens, C’est son ombre. Dans un sens analogue, on appelait Ombres, chez les anciens Romains, les Personnes que les convives invités amenaient avec eux.

  10. Fig. et par exagération, Il a peur de son ombre se dit d’un Homme qui s’effraie et s’alarme trop légèrement.

  11. Fig., Courir après une ombre, Se livrer à une espérance chimérique.

  12. Fig., Lâcher la proie pour l’ombre, Abandonner un avantage réel pour un profit illusoire.

  13. OMBRE signifie aussi Légère apparence. Il n’y a pas ombre de doute, l’ombre d’un doute. Il n’a pas l’ombre de bon sens, de sens commun. Il n’y a pas à cela l’ombre d’une difficulté. Cette nation n’avait plus que l’ombre de la liberté. L’ombre même du mal lui fait peur.

  14. Il se dit, figurément, d’une Personne ou d’une chose personnifiée qui a perdu les qualités, les avantages qui faisaient sa force, sa grandeur, son éclat. Ce beau génie s’est affaibli avec l’âge, il n’est plus que l’ombre de lui-même. La république romaine n’était plus que l’ombre de ce qu’elle avait été autrefois.

  15. OMBRE, en poésie et dans certaines religions, signifie tantôt l’âme après qu’elle a quitté le corps, tantôt une Apparence, un simulacre du corps, après que l’âme en a été séparée par la mort. L’ombre d’Achille lui apparut. L’ombre de César. L’ombre du grand Pompée. Les pâles ombres. Pluton règne sur les ombres. Le royaume des ombres. Un magicien qui évoquait les ombres.

  16. OMBRE, en termes de Peinture, se dit des Couleurs sombres qu’on emploie dans un tableau pour représenter les parties des figures ou des objets les moins éclairées, et qui servent à donner du relief aux autres. Ménager les ombres. Les ombres sont bien distribuées dans ce tableau.

  17. Ombre portée, Toute ombre qu’un corps projette sur une surface; et l’Imitation qu’on en fait dans un dessin, dans un tableau.

  18. Fig., C’est une ombre au tableau se dit d’un Léger défaut qui atténue, mais n’efface point les beautés d’un ouvrage, les bonnes qualités d’une personne.

  19. Terre d’ombre, Terre brune et noirâtre dont on se sert dans la peinture pour ombrer.

  20. SOUS L’OMBRE DE, SOUS OMBRE DE

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • ombres — pluriel — /ɔ̃bʁə/
  • ombre — singulier — /ɔ̃bʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ombre#43872.

ombré

nom, masculin

Voir aussi : forme féminine ombrée

Grammaire et formes (2)
  • ombrés — pluriel
  • ombré — singulier

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée ombré#104938.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.