officier
nom, masculin, /ofisje/ ou /ɔfisje/
Voir aussi : forme féminine officière
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (10 sens)
Littré (1873) — entrée 2
s. m.
Celui qui a un office, une charge, un emploi. Officier de police, de justice. Les officiers municipaux Le directeur, le chancelier et le secrétaire perpétuel de l'Académie française sont les officiers de cette compagnie. Fig. Officiers de paix, nom que l'assemblée nationale donna à 24 employés du tribunal municipal créé en 1791 ; ils faisaient à peu près les fonctions d'huissiers près les juges de paix. Officiers de l'église, les employés laïques, tels que les sacristains, chantres, suisses, bedeaux, etc.
Cette fille, appelée Thérèse Levasseur, était de bonne famille ; son père était officier de la monnaie d'Orléans, sa mère était marchande — Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)
Tout le gibier et toute la volaille arrivent à la Vallée ; il y a des officiers de volaille, tout comme des officiers de marée ; le cornet attaché au dessous du ventre, la plume sous la perruque, ils couchent par écrit la moindre mauviette ; un lapereau a son extrait mortuaire en bonne forme avec la date du jour — MERCIER
Grands officiers de la couronne, dans l'ancienne monarchie, le connétable, l'amiral, le chancelier, le grand écuyer, etc. ; ils portaient primitivement le titre d'officiers de la maison du roi. Grands officiers de l'ancien empire d'Allemagne, les électeurs de l'empire germanique.
Le duc est grand vassal, le pair est grand officier — Saint-Simon (1675-1755)
Anselme, moine augustin, le premier qui ait fait une histoire généalogique des grands officiers de la couronne, continuée et augmentée par du Fourni, auditeur des comptes — Voltaire (1694-1778)
Celui qui a obtenu quelque charge selon les formes prescrites. Les officiers ministériels.
Homme de guerre qui a un grade, un commandement. Un officier en retraite. Officier d'infanterie, de cavalerie, d'artillerie. Officier de la garde nationale. Officier au 4e régiment de ligne. Officiers proprement dits, les sous-lieutenants, les lieutenants et les capitaines. Officier de compagnie et officier de corps, se dit des officiers attachés à un régiment, par opposition aux officiers d'état-major. Officiers supérieurs, les officiers d'un grade élevé, tels que colonels et généraux. Officiers généraux, ceux dont le commandement n'est pas restreint à une seule compagnie, à un seul régiment ; tels sont les maréchaux de France, les généraux de division et les généraux de brigade. Un officier général. Bas officier, se dit quelquefois pour sous-officier. Officier major, nom que l'on donnait autrefois aux majors de place et de régiment.
Lorsqu'occupé d'un côté, il envoie reconnaître l'autre, le diligent officier qui porte ses ordres s'étonne d'être prévenu, et trouve déjà tout ranimé par la présence du prince — Bossuet (1627-1704)
Elle ramasse quelques vaisseaux qu'elle charge d'officiers et de munitions, et repasse enfin en Angleterre — Bossuet (1627-1704)
Officiers de l'ordre de la Légion d'honneur, titulaires du grade immédiatement supérieur à celui de chevalier ; ils portent la croix d'or attachée à un ruban noué en rosette.
Dans la marine, officier de garde, officier qui, dans un port ou une rade, et pendant la durée d'une garde, commande le bâtiment ; il veille sur tout ce qui intéresse le navire et son équipage. Officier de quart, officier qui, pendant la durée d'un quart, a, sous la responsabilité du capitaine, le commandement du bâtiment. Officier de prise, officier détaché du bâtiment capteur sur le navire pris, pour le commander. Officier chargé du détail, officier qui est chargé de tout le détail du service d'un bâtiment. Officiers auxiliaires, officiers de la marine marchande appelés à servir sur les bâtiments de l'État avec le rang d'officier militaire, quand les cadres de l'état-major de la flotte se trouvent insuffisants. Officiers mariniers, nom donné aux maîtres de tous les services ; l'ensemble des officiers mariniers forme la maistrance. Officiers-marchands, nom donné à ceux qui commandent les navires du commerce. Outre les officiers militaires ou officiers de marine, la marine a des officiers civils (administrateurs) et des officiers de santé (chirurgiens et médecins) que leur position a fait assimiler aux officiers de marine pour le rang et les honneurs. Autrefois, dans la marine, toute personne ayant un emploi ou office, et n'étant ni matelot proprement dit ni soldat, avait le nom et la qualité d'officier. Aujourd'hui, il n'y a plus d'officiers que les officiers généraux, les capitaines de vaisseau, les capitaines de frégate, les lieutenants et les enseignes de vaisseau. Officiers subalternes, anciennement, les lieutenants et les enseignes, inférieurs au lieutenant en pied et à l'enseigne à pied qui comptaient parmi les officiers majors ; aujourd'hui, les lieutenants et les enseignes par rapport aux capitaines de vaisseau et aux capitaines de frégate qui sont rangés parmi les officiers supérieurs. Anciennement, officiers majors, le capitaine, le lieutenant et l'enseigne de vaisseau. Officiers de plume, nom par lequel on désignait, dans l'ancienne marine, tout le corps des administrateurs. Officier-matelot, nom que l'on donnait à un officier roturier, habile au métier de la mer. Officier bleu, nom anciennement donné aux officiers auxiliaires, à cause qu'ils étaient autorisés à porter le petit uniforme de la marine, qui était bleu.
Nom donné, dans les grandes maisons, et surtout dans les maisons des princes, à des personnes qui y remplissaient quelque emploi important ; il était à peu près synonyme de domestique (voy. DOMESTIQUE, n° 8).
C'était [Voiture] un Parisien, homme d'esprit et de bonnes lettres, qui était officier de M. le duc d'Orléans — Gui Patin (1601-1672)
En voici un [cas] assez nouveau ; c'est celui du soufflet de Compiègne.... vous savez, mes pères, qu'il est si rare que des jésuites donnent des soufflets aux officiers de la maison du roi, qu'il n'y avait pas à craindre qu'un meurtre en cette occasion en eût tiré beaucoup d'autres en conséquence — Pascal (1623-1662)
Plus particulièrement, dans une grande maison, domestique qui a soin de l'office. Au plur. Officiers comprend le cuisinier et le maître d'hôtel. Il est bien servi, il a de bons officiers. Chez le roi, officiers de bouche, ceux qui travaillaient pour la table du roi. Officiers du gobelet, ceux qui étaient chargés de fournir le vin pour la table du roi. Officiers du commun, tous ceux qui travaillaient pour les autres tables de la maison du roi.
Le cuisinier de M. le cardinal de Retz ne le quitte point, ni son officier — Mme de Sévigné (1626-1696)
Vous gronderez mal à propos un officier, si vous voulez qu'il ait dressé un fruit plus promptement qu'il n'est possible — Fénelon (1651-1715)
Officier de santé, se disait, autrefois, des médecins, chirurgiens, apothicaires qui servaient chez le roi et chez Monsieur. Aujourd'hui, médecin d'un rang au-dessous de celui de docteur en médecine.
Terme de pêche. Un des noms du lieu (voy. LIEU 2).
Étymologie : Office 1 ; provenç et cat. officier.
Historique : XIVe s. Nos officiers fiesvés, qui ont aucune juridiction ou cognoissance de cause en notre dite ville de Paris, comme le connestable, chamberier, le pannetier et le bouteiller de France et autres officiers fiesvez N'y ara si petit varlet ne officier, Qu'à trois chevaux ne puist en France repairier XVe s. Furent par les officiers d'armes [hérauts] signifiés grands seigneurs, capitaines et nobles hommes, à ce qu'un chacun d'eux se missent, selon leurs estats, bien en poinct XVIe s. Si le creancier dirige son execution sur des biens meubles et cate IX, l'officier [sergent ou huissier] est tenu, …
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (2)
- officiers — pluriel — /ɔfisje/ ou /ofisje/
- officier — singulier — /ɔfisje/ ou /ofisje/
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