obscurité

obscurité

nom, féminin, /ɔpskyʁite/ ou /opskyʁite/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (7 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. État de ce qui est privé de lumière. Percer, chasser, dissiper l'obscurité. L'obscurité, la nuit. Fig.

    Une grande obscurité couvrait toute la ville — Voiture (1597-1648)

    ....Elle s'est quelque temps égarée Dans ces bois qui du camp semblent cacher l'entrée ; à peine nous avons, dans leur obscurité, Retrouvé le chemin que nous avions quitté — Jean Racine (1639-1699)

  2. Fig. Ce qui est comparé, dans les choses intellectuelles ou morales, aux ténèbres physiques ; état de ce qui est caché, voilé, inconnu. L'obscurité des temps, l'obscurité de l'avenir, le peu de connaissance que l'on a du temps passé ou du temps à venir.

    Dans cette obscurité tout me devient suspect — Pierre Corneille (1606-1684)

    De quoi sert une longue et subtile dispute Sur des obscurités où l'esprit est déçu ? — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Fig. Défaut de lumières, de civilisation.

    Tout a des révolutions réglées, et l'obscurité se terminera par un nouveau siècle de lumières — D'Alembert (1717-1783)

  4. Fig. Défaut de clarté dans les idées, dans les expressions. Être dans l'obscurité, ne pas comprendre ; jeter dans l'obscurité, empêcher de comprendre. Jeter de l'obscurité dans l'esprit, empêcher de comprendre.

    Ô de ses derniers mots fatale obscurité — Pierre Corneille (1606-1684)

    [Montaigne] montrant que l'exclusion de toutes lois diminuerait plutôt le nombre des différends que cette multitude de lois qui ne sert qu'à l'augmenter, parce que les difficultés croissent à mesure qu'on les pèse, que les obscurités se multiplient par le commentaire.... — Pascal (1623-1662)

  5. Il se dit des personnes dont la conduite ne s'explique pas.

    C'était un homme plein d'artifice et d'obscurité dans sa conduite — Voltaire (1694-1778)

  6. Privation de célébrité, d'éclat ; condition, sort obscur. Obscurité de la naissance, de la famille.

    L'obscurité vaut mieux que tant de renommée — Pierre Corneille (1606-1684)

    Je puis bien aimer l'obscurité totale ; mais, si Dieu m'engage dans un état à demi obscur, ce peu d'obscurité qui y est me déplaît ; et, parce que je n'y vois pas le mérite d'une entière obscurité, il ne me plaît pas — Pascal (1623-1662)

  7. Terme de jeux. Jouer à l'obscurité, se dit, à l'hombre, lorsque, ayant les deux as noirs, on ne réserve qu'eux, en écartant le reste.

Étymologie : Lat. obscuritatem, de obscurus, obscur ; ital. oscurità. L'ancienne langue avait aussi oscuror (askeror, dans ST BERN. p. 526, avec le changement de o en a).

Historique : XIIe s. Par les piliers s'en entrerent dedenz ; Il n'orent cierges ne chandeiles ardanz, L'uns avant l'autre ; l'oscurté i fu granz, la Prise d'Orenge, v. 1782. Nostre sires avalad les ciels et descendid, e desuz ses piez fud oscurted XVe s. Les citoiens sont despourveus d'esperance et descoignoissans de seigneurie, par l'oscurté de ceste trouble nuée Vous qui tournez lumiere en obscurté, Et qui voulez du jour faire la nuit XVIe s. L'obscurité de la nuit Ausquels toute obscurité de paroles eust esté comme cachette pour couvrir leurs erreurs Je souhaite le jour pendant l'obscurité, Et souhaite …

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Absence partielle ou totale de lumière. Profonde obscurité. L’obscurité de la nuit, du temps, d’un bois, d’une cave, d’une chambre. à travers l’obscurité. à la faveur de l’obscurité. Les yeux du chat brillent dans l’obscurité. Percer, dissiper l’obscurité.

  2. Fig., L’obscurité des temps, l’obscurité de l’avenir, Le peu de connaissance qu’on a des temps éloignés, l’ignorance où l’on est de l’avenir.

  3. OBSCURITÉ signifie au figuré Défaut de clarté dans les idées, dans les expressions. Au pluriel, il désigne souvent des Passages difficiles à comprendre, des points douteux. Cet auteur affecte l’obscurité. L’obscurité des oracles. Ce récit est plein d’obscurités.

  4. Il signifie encore, figurément, Situation médiocre, sans éclat. Il n’a point voulu s’élever, il est demeuré dans l’obscurité. Il aime à vivre dans l’obscurité. Il est sorti de son obscurité. Il est rentré dans son obscurité. L’obscurité de sa naissance, de sa famille, de son état, de sa condition.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • obscurités — pluriel — /ɔpskyʁite/ ou /opskyʁite/
  • obscurité — singulier — /ɔpskyʁite/ ou /opskyʁite/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée obscurité#43428.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.