obole

obole

nom, féminin, /obɔlə/ ou /ɔbɔlə/

Usage : peu fréquent (0.67 occurrences par million — Lexique 3.83).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (4 sens) — Académie 1935 (2 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Terme d'antiquité grecque. Poids qui, chez les Athéniens, valait 75 centigrammes.

  2. Petite monnaie d'Athènes, dont six faisaient la drachme attique, et qui valait 16 centimes de notre monnaie. On mettait une obole dans la bouche des morts, afin qu'ils payassent à Caron le prix du passage du Styx.

    Vous ne sortirez point de là, que vous n'ayez payé jusqu'à la dernière obole — Lemaistre de Sacy (1613-1684)

    Pour engager les citoyens [d'Athènes] à s'y rendre [à l'assemblée], on y attacha une rétribution d'abord d'une obole, qui était la sixième partie d'une drachme, puis de trois oboles, qui faisaient cinq sols de notre monnaie — Rollin (1661-1741)

  3. Anciennement, en France, petite monnaie de cuivre qui valait la moitié d'un denier tournois. L'obole valait 4/8 de denier ; la pite, 2/8 ; la semi-pite, 1/8. Après avoir énoncé les livres, sols et deniers, on énonçait les fractions de denier en obole, pites, semi-pites. Fig. Pas de pigeon pour une obole, se dit pour exprimer qu'une chose coûte de l'argent, des soins, des peines.

    La somme de dix mille une livre, une obole, Pour l'avoir sans relâche, un an, sur sa parole, Habillé, voituré, coiffé, chaussé, ganté, Alimenté, rasé, désaltéré, porté — Regnard (1655-1709)

    La fourmi le pique au talon ; Le vilain retourne la tête ; La colombe l'entend, part, et tire de long ; Le soupé du croquant avec elle s'envole ; Point de pigeon pour une obole — La Fontaine (1621-1695)

  4. Fig. Très petite somme. On dit qu'une chose, une personne ne vaut pas une obole, pour dire qu'elle n'a aucune valeur. Très petite partie.

    En Normandie, un père ne peut ôter seulement une obole de son bien au fils le plus désobéissant — Voltaire (1694-1778)

    Dorval : Et vous ne voulez rien donner à votre neveu ? - Géronte : Pas une obole — GOLDONI

Étymologie : Lat. obolus, d'ὀϐολὸς, qu'on regarde commme une autre forme de ὀϐελὸς (voy. OBÈLE), ainsi dit parce que de petites barres d'airain servaient de monnaie à l'origine.

Historique : XIIIe s. Chascun fes [faix] à home, soit petit ou grand, doit obole de rivage XIVe s. [Il sera fabriqué] des petites oboles parisis et tournois de la valeur et de la loy de celles du temps de saint Louis XVIe s. De tels dix grains est fait un obole, ou demy scrupule

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Nom d’une ancienne monnaie de peu de valeur, employée dans l’antiquité grecque. Il est encore usité dans cette phrase proverbiale : Je n’en donnerais pas une obole, Je ne fais aucun cas de cela, je n’en donnerais pas le moindre prix.

  2. Il se dit, en général, d’une Petite somme. Je vous envoie ma modeste obole.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • oboles — pluriel — /ɔbɔlə/ ou /obɔlə/
  • obole — singulier — /ɔbɔlə/ ou /obɔlə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée obole#43416.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.