objet

objet

nom, masculin, /obʒɛ/ ou /ɔbʒɛ/

Définitions

  1. Chose matérielle et concrète, considérée indépendamment de son usage.

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  2. Ce vers quoi tend une action, un effort ou une intention. Exemple : L'objet de cette réunion est de trouver une solution.

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  3. Sujet ou matière sur lequel porte une réflexion, une science ou une discussion.

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  4. Personne ou chose vers laquelle se dirige un sentiment.

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Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (11 sens) — Académie 1935 (10 sens)

Littré (1873)

s. m.

  1. Tout ce qui se présente à la vue. À cet objet, à cette vue.

    Ils n'assurent quoi que ce soit, n'oseraient jurer qu'il soit jour en plein midi, ne sont point certains si les choses qu'ils voient sont objets ou illusions — Guez de Balzac (1597-1654)

    Les images des objets ne se forment pas seulement ainsi au fond de l'œil, mais elles passent encore au delà jusques au cerveau — Descartes (1596-1650)

  2. Tout ce qui affecte les sens. Les couleurs sont les objets de la vue, les odeurs de l'odorat, les saveurs du goût, les sons de l'ouïe.

    Elle [l'âme] n'est pas plus heureuse en jouissant des plaisirs que les sens lui offrent.... ces sens, dont elle emprunte, empruntent eux-mêmes de tous côtés ; ils tirent tout de leurs objets, et engagent par conséquent à tous ces objets extérieurs l'âme qui, espérant en ses sens, ne peut plus rien avoir que par eux — Bossuet (1627-1704)

  3. Terme de philosophie. Tout ce qui est en dehors de l'âme ; par opposition à sujet qui exprime ce qui est en dedans de l'âme. L'objet et le sujet. Terme de scolastique. Objet matériel, la chose même qu'une science considère. Objet formel, la manière dont l'objet matériel est considéré par la science. Objet total ou adéquat, réunion de l'objet matériel et de l'objet formel.

  4. Chose, dans un sens indéterminé. C'est un objet de peu de valeur. Objets de première nécessité. Un objet de dépense, quelque chose qui occasionne de la dépense. Un grand objet, quelque chose d'un grand intérêt. Fig en général, chose abstraite, morale.

    Ceuta, que les Portugais prirent en 1409, que les Espagnols eurent sous Philippe II, et qu'ils ont conservé toujours, n'a été qu'un objet de dépense — Voltaire (1694-1778)

    Rome, toujours un grand objet pour les nations, mais toujours à plaindre — Voltaire (1694-1778)

  5. Fig. Tout ce qui se présente à l'esprit, tout ce qui l'occupe. Un objet important l'occupe présentement. Il ne saurait donner une attention suivie au même objet. Dans le langage philosophique, tout ce qui meut, occupe les facultés de l'âme. Le vrai est l'objet de l'entendement. Le bien est l'objet de la volonté. L'objet meut, émeut la puissance, c'est-à-dire la présence de l'objet excite le désir.

    La mienne [tristesse] n'est point du tout dissipée par la diversité des objets — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Quand une fois on a trouvé le moyen de prendre la multitude par l'appât de la liberté, elle suit en aveugle, pourvu qu'elle en entende seulement le nom ; ceux-ci [les Anglais], occupés du premier objet qui les avait transportés, allaient toujours, sans regarder qu'ils allaient à la servitude — Bossuet (1627-1704)

  6. Fig. Tout ce qui sert de matière à une science, à un art, à une œuvre littéraire. Les corps naturels sont l'objet de la physique. On dit dans un sens analogue : l'objet de la conversation. La conversation a changé d'objet. Vous étiez l'objet de notre entretien.

    Le sublime ne peut se trouver que dans les grands sujets ; la poésie, l'histoire et la philosophie ont toutes même objet, et un très grand objet, l'homme et la nature — Buffon (1707-1788)

    Ses dialogues [de Fénelon] sur l'éloquence, et sa lettre à l'Académie française sur le même objet, renferment les principes les plus sains sur l'art d'émouvoir et de persuader — D'Alembert (1717-1783)

  7. Fig. Tout ce qui est la cause, le sujet, le motif d'un sentiment, d'une passion.

    Mais si vous connaissez l'amour et ses ardeurs, Jamais pour son objet il ne prend les grandeurs — Pierre Corneille (1606-1684)

    Et je serais moins roi qu'un objet de pitié, Si le bandeau royal m'ôtait votre amitié — Pierre Corneille (1606-1684)

  8. Fig. But, fin qu'on se propose. Remplir son objet, atteindre le but proposé.

    Elle [une âme pieuse] n'a d'autre objet que la voûte éthérée — Mathurin Régnier (1573-1613)

    L'unique objet de l'Écriture est la charité — Pascal (1623-1662)

  9. Fig. et par excellence, femme aimée.

    Non, non, ce cher objet à qui j'ai pu déplaire, Ne peut pour mon supplice avoir trop de colère — Pierre Corneille (1606-1684)

    Ô trop aimable objet qui m'avez trop charmé — Pierre Corneille (1606-1684)

  10. Il s'est dit pour la personne d'un homme ou d'une femme, pour l'image d'un objet (ce qui n'est plus usité).

    Il fait tous ses efforts pour gagner mes parents, Et, s'il les peut fléchir, quant à moi, je me rends ; Non, à dire le vrai, que son objet me tente ; Mais, mon père content, je dois être contente — Pierre Corneille (1606-1684)

    Prononcez donc, madame, et faites un monarque : Nous céderons sans honte à cette illustre marque ; Et celui qui perdra votre divin objet Demeurera du moins votre premier sujet — Pierre Corneille (1606-1684)

  11. Terme de grammaire générale. Se dit quelquefois du complément ou régime direct, par opposition à sujet.

    L'objet est un accessoire du verbe ; il doit le suivre immédiatement, ou du moins il n'en peut être séparé que par des modifications mêmes du verbe — CONDIL.

Étymologie : Ital. obbietto et oggetto ; du lat. objectum, chose mise en avant, de objicere (voy. OBJECTION).

Historique : XIVe s. Object est la chose vers laquele est la puissance active ou passive ou l'operation.C oleur est object de voiement ou de vision, saveur est object de goust ou de gouster, et chaleur et froideur sont object de touchement XVIe s. Les sacremens de la nouvelle loy justifient et conferent grace, si nous n'y mettons object [obstacle] ou empeschement de peché mortel La veue d'un object agreable Est-il si simple entendement, lequel, ayant d'un costé l'object d'un de nos vicieux plaisirs, et de l'autre... ?

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. m.

  1. Tout ce qui s’offre, tout ce qui est présenté à la vue. Objet agréable, horrible, plaisant, insupportable. La beauté, la laideur d’un objet. écartez cet objet de mes yeux. Reposer sa vue sur un objet charmant. Cette lunette grossit trop les objets. Les objets se peignent sur la rétine.

  2. Il se dit, figurément, de Tout ce qui se présente à l’esprit, de tout ce qui l’occupe. Les objets se peignent confusément dans son esprit, dans son imagination. Il a la tête remplie, occupée de mille objets, d’un objet important. Il ne saurait donner une attention suivie au même objet. Son esprit troublé confond et défigure les objets. Il est éloquent lorsqu’il parle des objets qui le touchent.

  3. OBJET, en termes de Philosophie, signifie Tout ce qui affecte les sens, tout ce qui intéresse les facultés de l’âme. Les objets des sens. Les couleurs sont les objets de la vue. Le son est l’objet de l’ouïe. Les saveurs sont l’objet du goût. Les odeurs sont l’objet de l’odorat. Le vrai est l’objet de l’entendement. Le bien est l’objet de la volonté.

  4. Il signifie encore, en termes de Philosophie, Ce qui est pensé, par opposition à l’être pensant ou Sujet.

  5. En termes de Grammaire, il s’oppose à sujet et désigne la Personne ou la chose sur laquelle se porte l’action exprimée par le verbe. Dans la phrase : Dieu a créé l’homme, Dieu est le sujet et l’homme l’objet.

  6. OBJET désigne encore Tout ce qui sert de matière à une science, à un art. La logique a pour objet les opérations de l’entendement. Chaque science a son objet.

  7. Il désigne aussi Tout ce qui est la cause, le sujet, le motif d’un sentiment, d’une passion, d’une action. être l’objet de la raillerie, de la médisance, de la calomnie, du mépris. Objet de pitié. L’objet de son amour, de son respect, de sa passion. Objet de tristesse, d’affliction, de douleur, etc. Vous étiez l’objet de notre entretien. La conversation a changé d’objet.

  8. Dans le même sens, mais d’une manière plus particulière, Objet désigne la Personne qu’on aime. L’objet aimé.

  9. OBJET signifie également le But, la fin qu’on veut atteindre. Cet homme n’a pour objet que de faire fortune. L’objet de ma remarque. L’objet que je me propose, que j’ai en vue. Voilà mon objet. Remplir son objet. Quel est l’objet de cette démarche? Discours, action sans objet.

  10. OBJET se prend encore pour Chose, dans un sens indéterminé. C’est un objet de peu de valeur. Il vend toute sorte d’objets. Objets de première nécessité. Un objet d’art.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • objets — pluriel — /ɔbʒɛ/ ou /obʒɛ/
  • objet — singulier — /ɔbʒɛ/ ou /obʒɛ/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée objet#43380.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.