obéissance

obéissance

nom, féminin, /obɛisɑ̃sə/ ou /ɔbeisɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens) — Académie 1935 (6 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de celui qui obéit. Prêter obéissance à un prince, se soumettre solennellement à sa domination.

    Nous vous rendrons, seigneur, entière obéissance — Pierre Corneille (1606-1684)

    Nous demeurons dans l'obéissance à leurs décrets — Pascal (1623-1662)

  2. La disposition à obéir, l'habitude d'obéir, la soumission d'esprit aux ordres des supérieurs. Terme de pratique. Passer obéissance, acquiescer à. Chez les religieux, obéissance s'est dit pour obédience. Les trois vœux des moines, chasteté, pauvreté, obéissance.

    Au nom de cette aveugle et prompte obéissance Que j'ai toujours rendue aux lois de la naissance — Pierre Corneille (1606-1684)

    Quiconque se dérobe à l'humble obéissance, Bannit ma grâce en même temps, Et se livre lui-même à toute l'impuissance De ses désirs vains et flottants — Pierre Corneille (1606-1684)

  3. Il se dit des animaux. L'obéissance du chien.

    Il [le cheval dressé] sait aller le pas, il sait courir, non plus avec cette activité qui l'épuisait, par laquelle son obéissance était encore désobéissante — Bossuet (1627-1704)

  4. L'obéissance de, l'autorité de. Être sous l'obéissance de père et de mère, être soumis à l'autorité légale de son père et de sa mère.

    Pour votre Perpenna, que sa haute naissance N'affranchit point encor de votre obéissance — Pierre Corneille (1606-1684)

    Si le corps de l'homme fût mort et ressuscité pour jamais dans le baptême, on ne fût entré dans l'obéissance de l'Évangile que par l'amour de la vie — Pascal (1623-1662)

  5. En parlant des princes, domination.

    Et si je puis jamais avec votre assistance Arriver jusqu'aux lieux de mon obéissance — Pierre Corneille (1606-1684)

    Que, vu la déclaration de la reine, le cardinal Mazarin sortirait dans quinze jours du royaume et de toutes les terres de l'obéissance du roi — Cardinal de Retz (1613-1679)

  6. Au plur. Assurer de ses obéissances, présenter ses obéissances, sorte de formule de politesse qui s'est dite autrefois. Obéissance vaut mieux que sacrifice, se dit par allusion à l'histoire d'Abraham, dont l'obéissance fut plus méritoire que n'aurait été le sacrifice de son fils.

    Je suis très marri de n'avoir meilleure chose à vous présenter avec mes fidèles obéissances — DU BOSC, [familier de Mazarin]

    Parce qu'on dit assurer quelqu'un de ses respects, on a cru pouvoir dire également assurer quelqu'un de ses obéissances ; mais cette phrase n'est pas usitée parmi ceux qui se piquent de bien parler

Étymologie : Obéissant.

Historique : XIIIe s. Nus [nul] ne quens ne bers [ni comte ni baron] ne puet [peut] donner son homme de foy, se n'est à son frere ou à sa suer ; mès à iceus le puet il bien donner en partie, mes il ne le pourroit pas donner à un estrange, se il ne le donnoit à [avec] toute l'obeissance [service] qu'il avoit, sans riens retenir XIVe s. Collations et patronages de benefices, hommes, hommages, vassaux, vasselages, obeissances, honneurs, et quelconques autres rentes et appartenances XVe s. Cy vous [je] rens toute obeissance Furent festoyez en la ville de Paris et receus bien honnorablement, et menez par l'obei…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Action de celui qui obéit. Un acte d’obéissance. Il a manqué d’obéissance. Vous n’apaiserez votre père que par une prompte obéissance.

  2. Prêter obéissance à un prince, Se soumettre solennellement à sa domination.

  3. OBÉISSANCE signifie aussi Disposition à obéir, habitude d’obéir, soumission d’esprit aux ordres des supérieurs. Grande, parfaite, entière obéissance. Obéissance passive. Faire voeu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Cet enfant est d’une grande obéissance.

  4. Prov., en termes de Dévotion, Obéissance vaut mieux que sacrifice, Rien ne plaît à Dieu autant qu’une entière soumission à ses volontés.

  5. OBÉISSANCE se prend quelquefois pour Domination, autorité. Il a réduit, il a rangé cette province sous son obéissance.

  6. être sous l’obéissance de père et de mère, être soumis à l’autorité légale de son père et de sa mère.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • obéissances — pluriel — /ɔbeisɑ̃sə/ ou /obɛisɑ̃sə/
  • obéissance — singulier — /ɔbeisɑ̃sə/ ou /obɛisɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée obéissance#43506.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.