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obéissance

obéissance

nom, féminin · /obɛisɑ̃sə/ ou /ɔbeisɑ̃sə/

Usage : d'usage courant (4.66 occurrences par million, Lexique 3.83).

Définitions

  1. Fait de se soumettre aux ordres, aux règles édictées par une autorité.

    Les soldats doivent obéissance à leurs officiers.

    Synonyme : soumission.

    « L'obéissance vaut mieux que tous les sacrifices, et tous les sacrifices sans 'obéissance ne peuvent être devant Dieu de nulle valeur »Bourdaloue (1632-1704)

    « Que, vu la déclaration de la reine, le cardinal Mazarin sortirait dans quinze jours du royaume et de toutes les terres de l'obéissance du roi »Cardinal de Retz (1613-1679)

  2. Disposition, tendance à se soumettre facilement, à obéir par habitude.

    Le chien montre une obéissance naturelle envers son maître.

    Synonyme : docilité.

    « Il [le cheval dressé] sait aller le pas, il sait courir, non plus avec cette activité qui l'épuisait, par laquelle son obéissance était encore désobéissante »Bossuet (1627-1704)

    « Rendez vos âmes pures par une obéissance d'amour »Lemaistre de Sacy (1613-1684)

Définitions Francorium (CC BY-SA 4.0) · méthode.

Grammaire et formes (2)
  • obéissances : pluriel · /ɔbeisɑ̃sə/ ou /obɛisɑ̃sə/
  • obéissance : singulier · /ɔbeisɑ̃sə/ ou /obɛisɑ̃sə/

Témoignages historiques

Littré (1873) · 6 sens

s. f.

  1. Action de celui qui obéit. Prêter obéissance à un prince, se soumettre solennellement à sa domination.

    Nous vous rendrons, seigneur, entière obéissancePierre Corneille (1606-1684)

    Nous demeurons dans l'obéissance à leurs décretsPascal (1623-1662)

  2. La disposition à obéir, l'habitude d'obéir, la soumission d'esprit aux ordres des supérieurs. Terme de pratique. Passer obéissance, acquiescer à. Chez les religieux, obéissance s'est dit pour obédience. Les trois vœux des moines, chasteté, pauvreté, obéissance.

    Au nom de cette aveugle et prompte obéissance Que j'ai toujours rendue aux lois de la naissancePierre Corneille (1606-1684)

    Quiconque se dérobe à l'humble obéissance, Bannit ma grâce en même temps, Et se livre lui-même à toute l'impuissance De ses désirs vains et flottantsPierre Corneille (1606-1684)

  3. Il se dit des animaux. L'obéissance du chien.

    Il [le cheval dressé] sait aller le pas, il sait courir, non plus avec cette activité qui l'épuisait, par laquelle son obéissance était encore désobéissanteBossuet (1627-1704)

  4. L'obéissance de, l'autorité de. Être sous l'obéissance de père et de mère, être soumis à l'autorité légale de son père et de sa mère.

    Pour votre Perpenna, que sa haute naissance N'affranchit point encor de votre obéissancePierre Corneille (1606-1684)

    Si le corps de l'homme fût mort et ressuscité pour jamais dans le baptême, on ne fût entré dans l'obéissance de l'Évangile que par l'amour de la viePascal (1623-1662)

  5. En parlant des princes, domination.

    Et si je puis jamais avec votre assistance Arriver jusqu'aux lieux de mon obéissancePierre Corneille (1606-1684)

    Que, vu la déclaration de la reine, le cardinal Mazarin sortirait dans quinze jours du royaume et de toutes les terres de l'obéissance du roiCardinal de Retz (1613-1679)

  6. Au plur. Assurer de ses obéissances, présenter ses obéissances, sorte de formule de politesse qui s'est dite autrefois. Obéissance vaut mieux que sacrifice, se dit par allusion à l'histoire d'Abraham, dont l'obéissance fut plus méritoire que n'aurait été le sacrifice de son fils.

    Je suis très marri de n'avoir meilleure chose à vous présenter avec mes fidèles obéissancesDU BOSC, [familier de Mazarin]

    Parce qu'on dit assurer quelqu'un de ses respects, on a cru pouvoir dire également assurer quelqu'un de ses obéissances ; mais cette phrase n'est pas usitée parmi ceux qui se piquent de bien parler

Étymologie : Obéissant.

Historique : XIIIe s. Nus [nul] ne quens ne bers [ni comte ni baron] ne puet [peut] donner son homme de foy, se n'est à son frere ou à sa suer ; mès à iceus le puet il bien donner en partie, mes il ne le pourroit pas donner à un estrange, se il ne le donnoit à [avec] toute l'obeissance [service] qu'il avoit, sans riens retenir XIVe s. Collations et patronages de benefices, hommes, hommages, vassaux, vasselages, obeissances, honneurs, et quelconques autres rentes et appartenances XVe s. Cy vous [je] rens toute obeissance Furent festoyez en la ville de Paris et receus bien honnorablement, et menez par l'obei…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française, domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0). Tout ce témoin.

Académie française, 8e édition (1935) · 6 sens

n. f.

  1. Action de celui qui obéit. Un acte d’obéissance. Il a manqué d’obéissance. Vous n’apaiserez votre père que par une prompte obéissance.

  2. Prêter obéissance à un prince, Se soumettre solennellement à sa domination.

  3. OBÉISSANCE signifie aussi Disposition à obéir, habitude d’obéir, soumission d’esprit aux ordres des supérieurs. Grande, parfaite, entière obéissance. Obéissance passive. Faire voeu de pauvreté, de chasteté et d’obéissance. Cet enfant est d’une grande obéissance.

  4. Prov., en termes de Dévotion, Obéissance vaut mieux que sacrifice, Rien ne plaît à Dieu autant qu’une entière soumission à ses volontés.

  5. OBÉISSANCE se prend quelquefois pour Domination, autorité. Il a réduit, il a rangé cette province sous son obéissance.

  6. être sous l’obéissance de père et de mère, être soumis à l’autorité légale de son père et de sa mère.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935), domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire. Tout ce témoin.

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR, entrée obéissance#43506.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.