obédience

obédience

nom, féminin, /obɛdjɑ̃sə/ ou /ɔbedjɑ̃sə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (9 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

s. f.

  1. Action de celui qui obéit (il ne se dit qu'en parlant des religieux).

    La vie religieuse consiste en trois parties essentielles, pauvreté, obédience, chasteté — Olivier Patru (1604-1681)

  2. Congé par écrit du supérieur, permettant à un religieux d'aller en quelque endroit, ordinairement pour changer de couvent.

    Vous aurez une obédience de moi pour aller avec madame votre sœur — Bossuet (1627-1704)

    Je m'offre à demander votre obédience à M. l'archevêque — Bossuet (1627-1704)

  3. Emploi particulier qu'un religieux ou une religieuse a dans son couvent. Cette religieuse est cellérière, c'est son obédience.

  4. Nom donné à des maisons religieuses inférieures aux maisons principales, dont elles dépendaient, et qui en étaient éloignées.

  5. Ambassade d'obédience, ambassade qu'un roi ou un corps de fidèles envoie vers le pape, pour l'assurer de son obéissance filiale. Ambassadeur d'obédience, ambassadeur envoyé au pape à cet effet. L'ambassadeur fut reçu à l'obédience ; c'est-à-dire il fut reçu par le pape en plein consistoire, avec les cérémonies accoutumées. On dit dans le même sens : serment, hommage d'obédience.

    Les derniers jours du pontificat de Grégoire XIII furent célébrés par cette ambassade d'obédience qu'il reçut du Japon — Voltaire (1694-1778)

    Le roi [Charles VIII] vint prêter ce qu'on appelle hommage d'obédience — Voltaire (1694-1778)

  6. Pays d'obédience, nom qu'on donnait, en France, aux provinces qui n'étaient pas comprises dans le concordat, telles que la Bretagne, la Lorraine, etc. où, pendant huit mois de l'année, le pape conférait de plein droit les bénéfices vacants ; il se dit aussi de tous les pays où le pape exerce le même droit.

    Son parti [d'Arnauld] fut toujours persécuté dans les Pays-Bas catholiques, pays qu'on nomme d'obédience, et où les bulles sont des lois souveraines — Voltaire (1694-1778)

  7. Dans les temps de schisme, obédience a été le nom donné aux différents pays qui reconnaissaient l'un ou l'autre pape.

    Les papes et les autres évêques des obédiences d'Urbain et de Clément avaient aussi l'imposition des mains successive — Fénelon (1651-1715)

  8. Prêtres, frères d'obédience, membres de la 4e des cinq classes de l'ordre de Malte ; ils prononçaient des vœux pour posséder des bénéfices.

  9. Lettres d'obédience, lettres qu'un supérieur donne à des religieux ou à des religieuses appartenant aux ordres enseignants, et que le gouvernement reçoit comme équivalent d'un certificat de capacité.

    Les lettres d'obédience sont évidemment un privilége.... la lettre d'obédience n'est point l'équivalent vrai du certificat de capacité ; la lettre d'obédience est un acte purement potestatif, qui appartient en entier au supérieur qui le délivre — ROULAND

Étymologie : Lat. obedientia, d'obedire, obéir.

Historique : XIIe s. À l'arcevesque en vunt li evesque parler, Dient que lur estut [convient] les leis le rei guarder ; Car par obedience les lur fist graanter XIIIe s. Il metra tout l'empire de Constantinoble à l'obedience de Rome, dont elle estoit departie pieça Desous la loi de Rome n'a nule region, Qui à Rome obeisse de cuer se France non, Et de s'obedienche a si bel guerredon Que on li tolt [enlève] souvent sa laine et sa toison XVe s. Et luy fit le roy l'obedience filiale, en toute humilité Je m'en voys presentement sans sejourner aucun petit, par une nostre obedience [couvent], que nous avons près d…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

n. f.

  1. Obéissance. Il ne se dit ordinairement qu’en parlant des Religieux. Le supérieur a commandé à ce religieux en vertu de la sainte obédience. Il a vieilli.

  2. Il désigne aussi l’Ordre, la permission par écrit qu’un supérieur donne à un religieux ou à une religieuse pour aller en quelque endroit, pour passer d’un couvent à un autre. Il ne saurait partir sans obédience, s’il n’a son obédience.

  3. Il désigne encore l’Emploi particulier qu’un religieux ou une religieuse a dans son couvent. Cette religieuse est cellérière, c’est son obédience.

  4. Il désigne aussi Certaines maisons religieuses dépendant d’une maison principale.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • obédiences — pluriel — /ɔbedjɑ̃sə/ ou /obɛdjɑ̃sə/
  • obédience — singulier — /ɔbedjɑ̃sə/ ou /obɛdjɑ̃sə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée obédience#43501.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.