noyé
adjectif, /nwaje/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (8 sens)
Littré (1873)
part. passé
Qui a perdu la vie par immersion. Noyé dans la Seine. Substantivement. Un noyé. Une noyée. Rappeler un noyé à la vie. Secours pour les noyés.
Comme on voit un homme à demi noyé qui se prend de toute sa force à une branche qu'on lui tend dessus le rivage — Bossuet (1627-1704)
Entre l'état d'un noyé qui revient à la vie, et l'état de celui dont la mort est irrévocable, la différence sera difficile à bien établir — CABANIS
Fig. Noyé de dettes, qui est accablé de dettes.
Cette mort, le laissant noyé de dettes, sans ressources et sans espérance, il prit, je crois, la résolution de se délivrer de la vie — Marmontel (1723-1799)
Fig. Perdu, ruiné.
Et le monde effrayé Vous regarde déjà comme un homme noyé — Boileau (1636-1711)
Chamilly, illustré par bien des siéges, mais noyé par Louvois et par Barbézieux — Saint-Simon (1675-1755)
Inondé. Très mouillé par la pluie. Papier noyé, papier qu'on a trop trempé. Teinte noyée, se dit, dans la peinture en émail, d'une teinte affaiblie ou devenue livide.
Toutes les rivières sont débordées ; tous les grands chemins sont noyés ; toutes les ornières cachées ; on peut fort bien verser dans tous les gués — Mme de Sévigné (1626-1696)
Les mangliers qui couvrent un sol noyé rendent les lagons plus impénétrables — Raynal (1713-1796)
Se dit des larmes coulant en abondance.
Jamais une joie [le rappel du prince de Conti à la cour] n'a été noyée de tant de larmes [à cause de la mort du prince de Condé] — Mme de Sévigné (1626-1696)
Mon désespoir, mes yeux de pleurs toujours noyés — Jean Racine (1639-1699)
Fig. Noyé dans, adonné tout entier à.
Cette âme malheureuse toute noyée et tout abîmée dans les affections sensuelles — Bossuet (1627-1704)
Un jeune Lydien noyé dans les plaisirs — Fénelon (1651-1715)
Perdu comme dans une grande étendue d'eau.
Mlle de Scudéry vient de m'envoyer deux petits tomes de Conversations ; il est impossible que cela ne soit bon, quand cela n'est point noyé dans son grand roman — Mme de Sévigné (1626-1696)
Comment vous serez-vous tirée de ses pattes [une fournisseuse qui demandait ce qui lui était dû] et de ces inondations de paroles où l'on se trouve noyée, abîmée ? — Mme de Sévigné (1626-1696)
Se dit du sang versé par torrents. Terme de marine. Se dit de la batterie d'un navire quand elle se trouve trop près de la ligne d'eau, par l'effet d'une mauvaise construction ou d'une surcharge. Se dit aussi, familièrement, d'un objet qui disparaît à l'horizon. Être noyé, se dit du pilote qui, voulant prendre hauteur, ne découvre point assez d'horizon. De cent noyés, pas un de sauvé ; de cent pendus, pas un de perdu, qui veut dire que sur cent pendus il n'y en a pas un à regretter, tandis que les noyés sont une vraie perte.
Rome entière noyée au sang de ses enfants — Pierre Corneille (1606-1684)
Songe aux fleuves de sang où ton bras s'est baigné, De combien ont rougi les champs de Macédoine, Combien en a versé la défaite d'Antoine, Combien celle de Sexte, et revois tout d'un temps Pérouse au sien noyée et tous ses habitants — Pierre Corneille (1606-1684)
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- noyées — pluriel féminin — /nwaje/
- noyés — pluriel masculin — /nwaje/
- noyée — singulier féminin — /nwaje/
- noyé — singulier masculin — /nwaje/
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