nourri
adjectif, /nuʁi/
Témoignages historiques
Frise des témoins : Littré 1873 (11 sens)
Littré (1873)
part. passé
Allaité. Un enfant nourri par sa mère.
Alimenté. Un homme nourri de viande. Bien nourri, qui a les chairs bien développées. Par plaisanterie, cet homme est bien nourri, il a beaucoup d'embonpoint. Ce grain, ce blé est bien nourri, il est bien plein, bien rempli. Terme de peinture. On dit des membres qu'ils sont nourris et mâles, c'est-à-dire plutôt gros que petits, et plutôt gras que maigres.
Qu'est devenu ce teint dont la couleur fleurie Semblait d'ortolans seuls et de bisques nourrie ? — Boileau (1636-1711)
Qu'il paraît bien nourri ! quel vermillon ! quel teint ! Le printemps dans sa fleur sur son visage est peint — Boileau (1636-1711)
Qu'on entretient d'aliments. Un vieillard nourri par charité. Fig. Il se dit de l'esprit qui reçoit des aliments intellectuels. Un ouvrage nourri de pensées, de réflexions, un ouvrage où les pensées justes, où les réflexions judicieuses abondent.
Un esprit nourri de la méditation de la loi de Dieu — Massillon (1663-1742)
Quoi ! cet esprit nourri de la sagesse antique.... — Destouches (1680-1754)
Élevé, mené au terme de la croissance. Un enfant nourri dans la maison paternelle. Formé, habitué.
Vincent Voiture, né à Amiens, mais nourri à Paris et à la cour — Pellisson (1624-1693)
Ma jeunesse nourrie à la cour de Néron — Jean Racine (1639-1699)
Entretenu, en parlant de choses qui se consument. L'incendie nourri par des matières inflammables. Fig. Il se dit des personnes chez qui certains sentiments sont entretenus. Il se dit aussi des sentiments qu'on entretient. Des haines longtemps nourries.
La chaleur la plus violente, dès qu'elle n'est pas nourrie, produit moins d'effet que la plus petite chaleur qui trouve de l'aliment — Buffon (1707-1788)
Un cœur toujours nourri d'amertume et de pleurs — Jean Racine (1639-1699)
En termes de guerre, il se dit du feu de l'artillerie, de la mousqueterie qui se suit sans interruption.
Une décharge mieux nourrie ralentit aussitôt leur attaque — Bougainville (1729-1811)
Dont la teinte est fortement marquée, en parlant de couleurs. En peinture, une couleur nourrie, une couleur bien empâtée. Un trait nourri, un trait qui n'est pas trop fin. En calligraphie, cette lettre est bien nourrie, elle a beaucoup de corps ; elle n'est pas bien nourrie, elle est plus déliée qu'il ne faut.
Je n'ai jamais obtenu qu'un vert sale, terreux, très nuancé et mal nourri — CHAPTAL
Un style nourri, un style riche, plein, abondant.
Terme de cuisine. Assaisonné. Ragoût nourri de bon jus. Pâté bien nourri.
Terme de marine. Le temps est nourri, lorsque le ciel et l'horizon sont garnis de nuages détachés qui s'élèvent et passent sans opposition.
Terme de blason. Se dit des arbres et des plantes dont on ne voit pas les racines. Fleur de lis au pied nourri, lis dont la partie inférieure se termine carrément.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).
Grammaire et formes (4)
- nourries — pluriel féminin — /nuʁi/
- nourris — pluriel masculin — /nuʁi/
- nourrie — singulier féminin — /nuʁi/
- nourri — singulier masculin — /nuʁi/
Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée nourri#42928.