nôtre · notre

nôtre

adjectif, /notʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (6 sens)

Littré (1873)

  1. Adj. poss. qui a le même sens que le précédent, mais s'emploie sans substantif et avec l'article défini le, la, les.

    Pour votre bien et pour le nôtre — Voiture (1597-1648)

    Si.... Je n'aimais mieux juger sa vertu par la nôtre — Pierre Corneille (1606-1684)

  2. Il s'emploie aussi sans article, mais alors il ne se place qu'après le substantif, et le plus souvent après le verbe. Ces effets sont nôtres.

    Vous serez toute nôtre — Pierre Corneille (1606-1684)

    Et n'appréhendez plus l'interruption nôtre — Molière (1622-1673)

  3. S. m. Le nôtre, ce qui est à nous. Nous défendons le nôtre. Il n'y va rien du nôtre, nous ne courons aucun risque.

    Quand je ferai, disait-elle, ce tour, Qui l'ira dire ? il n'y va rien du nôtre — La Fontaine (1621-1695)

    En tout ceci, madame, il ne va rien du nôtre ; Quoi qu'il puisse arriver, nous aurons l'un ou l'autre — Regnard (1655-1709)

  4. Ce qui vient de nous. Ne mettons rien du nôtre dans le compte que nous avons à rendre.

    Il m'a conté en détail toute l'histoire de cette province.... en récompense, je lui ai donné du nôtre, et cet échange a fait de grandes conversations — Mme de Sévigné (1626-1696)

    Si vous ne me parliez de vous et de vos occupations, je ne vous donnerais rien du nôtre, et ce serait une belle chose que notre commerce — Mme de Sévigné (1626-1696)

  5. S. m. pl. Les nôtres, ceux qui sont de notre famille, nos parents. Nous et les nôtres. Ceux qui sont de notre pays, de notre parti, de notre compagnie.

    Il y avait eu une sortie des ennemis, qui d'abord firent reculer les nôtres — Pellisson (1624-1693)

    Tout est déjà commandé pour cela ; il faut que tu sois des nôtres, et Finette aussi — Louis de Boissy (1694-1758)

  6. S. f. pl. Les nôtres, nos folies, nos farces ; usité seulement dans cette locution familière : Nous avons bien fait des nôtres, c'est-à-dire nous avons fait beaucoup de folies.

Étymologie : Notre. Quant à la différence entre notre et nôtre, celui-ci représente exactement nostre, tandis que notre s'est abrégé, parce qu'il est enclitique.

Historique : Voy. NOTRE.

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Grammaire et formes (2)
  • nôtres — pluriel — /notʁə/
  • nôtre — singulier — /notʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée nôtre#43348.

notre

adjectif

Entrée attestée par un témoin historique — absente de la nomenclature contemporaine (Morphalou).

Témoignages historiques

Frise des témoins : Littré 1873 (5 sens) — Académie 1935 (4 sens)

Littré (1873)

adj. poss.

  1. Qui est à nous. Notre père. Notre fille. Nos deux amis. Notre excellente mère.

    Notre hôte cependant s'adressant à la troupe : Que vous semble, a-t-il dit, du goût de cette soupe ? — Boileau (1636-1711)

  2. Notre, parmi le peuple, est quelquefois synonyme de mon. Ainsi un artisan dit : notre femme, notre ménagère, notre servante, notre maître, etc.

  3. Employé au lieu de mon par le souverain, les évêques, etc. dans les mêmes cas où ils emploient nous pour je ou moi. Notre ordonnance. Notre mandement.

  4. Notre, avec un sens indéterminé, se dit des gens dont nous parlons.

    Toutes deux firent tant, que notre tête grise.... — La Fontaine (1621-1695)

    Nos deux époux suivaient, ne marchant qu'avec peine — La Fontaine (1621-1695)

  5. Notre, placé devant les adjectifs ou adverbes comparatifs, fait un superlatif relatif. Notre meilleur ami. Nos plus beaux arts. Nos moindres ennuis.

Étymologie : Berry, noute, notre, le noûte, le nôtre ; picard, no ; provenç. nostre ; esp. nuestro ; port. nosso ; ital. nostro ; du lat. noster, de nos, nous. L'ancienne langue avait, de cet adjectif, deux formes qui se suppléaient : notre au singulier et nostre au pluriel ; et nos qui était à la fois la forme du singulier et celle du pluriel.

Historique : IXe s. Pro Deo amur et nostro commun salvament XIe s. Charles li reis nostre emperere magne Enveions i les filz de nos moillers [femmes] Se li servez [Mahomet], l'honur del champ ert [sera] nostre Ce dist Rolans : nostre home sont mout proz XIIe s. Nos bons Franzois n'ont cure du fuïr Legerement aurez les nos vengez Or vont li nostre à grant destrucion Car pleüst Deu, le nostre creator.... Pour un des noz cinq des paienz prenez XIIIe s. À notre gent françoise la fist li rois monstrer Ha ! rois Pepins, fait-ele, vo bien ne sont pas no [nôtres] Ainsi ont no ministre cest ordre devisé Si lui donr…

Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).

Académie française, 8e édition (1935)

adj. possessif des deux genres

  1. , qui répond au pronom personnel Nous. Notre pays. Notre patrie. Notre plus grand espoir. Il fait au pluriel Nos. Nos parents. Nos biens. Un de nos meilleurs poètes.

  2. Il est employé, au lieu de Mon, par une personne souveraine, un évêque ou quelque autre personnage important. Notre Conseil d’état entendu, nous avons ordonné et ordonnons ce qui suit. Voyez Nous.

  3. Il s’emploie aussi dans le langage populaire comme synonyme de Mon. Notre femme, notre ménagère, notre maître, etc.

  4. NOTRE se dit d’une manière indéterminée pour rappeler une personne dont on a parlé. Notre homme n’en voulut pas démordre. Notre auteur passe ensuite à un sujet différent.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Source de l'entrée : Dictionnaire de la langue française (Littré), 1863-1873, licence CC-BY-SA-3.0 — entrée NOTRE.

notre

déterminant, /nɔtʁə/

Grammaire et formes (2)
  • nos — 1ʳᵉ pers. pluriel — /no/
  • notre — 1ʳᵉ pers. pluriel — /nɔtʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée notre#42905.

nôtre

nom, masculin, /notʁə/

Grammaire et formes (2)
  • nôtres — pluriel — /notʁə/
  • nôtre — singulier — /notʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée nôtre#43346.

nôtre

pronom, /notʁə/

Témoignages historiques

Frise des témoins : Académie 1935 (7 sens)

Académie française, 8e édition (1935)

Pronom possessif des deux genres

  1. , qui répond au pronom personnel Nous. C’est votre avis, mais ce n’est pas le nôtre. Leur famille est alliée à la nôtre. Vos intérêts sont les nôtres.

  2. LE NÔTRE s’emploie quelquefois comme nom masculin et signifie Ce qui est à nous, ce qui nous appartient, soit bien, soit réputation, etc. Nous y avons mis du nôtre. Il n’y a rien du nôtre. Le vôtre et le nôtre, chacun le sien.

  3. Il signifie aussi Ce qui vient de nous. Ne mettons rien, n’ajoutons rien du nôtre dans le rapport que nous avons à faire, dans le récit de l’événement.

  4. LES NÔTRES s’emploie de même substantivement et désigne Ceux qui sont de notre famille, nos parents. Nous et les nôtres. C’est un devoir pour nous d’avoir soin des nôtres, d’aider les nôtres.

  5. Il désigne aussi Ceux qui sont de notre pays, de notre parti, de notre compagnie. Celui-là est-il des nôtres? Il n’est pas des nôtres, il s’entend avec nos ennemis. Les nôtres se sont bien comportés dans le combat. Ne serez-vous pas des nôtres?

  6. Fam., Nous avons bien fait des nôtres, Nous avons fait beaucoup de folies, de bons tours, nous nous sommes bien divertis. Il est alors féminin.

  7. NÔTRE, sans article, s’emploie quelquefois comme adjectif. Nous pouvons compter sur lui, il est nôtre, Il est de notre parti, il nous est dévoué. Ces meubles sont nôtres, Ils nous appartiennent. On dit plutôt aujourd’hui : Ces meubles sont à nous.

Dictionnaire de l'Académie française, huitième édition (1932-1935) — domaine public. Numérisation ATILF/Chicago, conversion communautaire.

Grammaire et formes (2)
  • nôtre — forme de base — /notʁə/
  • nôtres — forme de base — /notʁə/

Source de l'entrée : Morphalou 3.1, licence LGPL-LR — entrée nôtre#43349.

Entrée morphologique (v0.1). Données JSON : lemme.