s. f.
Marque qu'on fait en quelque endroit d'un livre, d'un écrit, etc. pour s'en souvenir. Mettre des notes à la marge d'un compte. Fig. Homme de note, un homme au-dessus du commun, soit par sa naissance, soit par le rang ou par les qualités personnelles.
Je chargerai de notes mon exemplaire [de la Félicité publique, par Chastellux' ; et c'est ce que je ne fais que quand le livre me charme et m'instruit — Voltaire (1694-1778)
Observation, commentaire sur quelque endroit d'un écrit, etc. Observation qu'on fait sur un mot, sur une phrase. Ce mot porte dans le dictionnaire la note : Il est du langage technique.
Vos notes sur Racine sont si judicieuses, si pleines de goût, de finesse.... — Voltaire (1694-1778)
C'est contre ces Lois [les Lois de Minos, tragédie de Voltaire] qu'il y aura une belle cabale, et je m'en moque ; j'ai fait cette pièce pour avoir occasion d'y mettre des notes qui vous réjouiront — Voltaire (1694-1778)
Eclaircissement que dans un livre on met au bas des pages, ou en marge, ou à la fin du volume, en un caractère différent de celui du reste de l'ouvrage. Mettre une chose en note. Les notes sont renvoyées à la fin de l'ouvrage. Notes marginales. Fig. Notes à l'usage des classes, notes en latin ou en français mises au bas des pages des éditions d'auteurs expliqués ou appris dans les classes, pour expliquer des difficultés de sens ou d'histoire, etc.
D'après l'athée, la nature est un livre où la vérité se trouve toujours dans la note et jamais dans le texte — Chateaubriand (1768-1848)
Extrait sommaire, exposé succinct. Remettez-moi une note de votre affaire, afin que je ne l'oublie pas. J'ai pris note de ce qu'il y avait à faire. Prendre des notes, relever sommairement ce qui se dit, ce qui se fait. Prendre des notes à un cours, inscrire très sommairement, à fur et à mesure de l'exposition, ce qui est essentiel dans le cours. Au plur. Indications plus ou moins succinctes dont se servent les avocats, les orateurs, les professeurs. Il parla sans notes. Il consultait incessamment ses notes.
Quand sur son règne [de l'usurpateur] on prend des notes — Béranger (1780-1857)
Mémoire à solder. La note d'un marchand. Payer sur note, payer sur le vu d'une note contenant en détail les travaux faits ou les avances fournies.
En diplomatie, communication entre des agents diplomatiques. Échanger des notes. La France et l'Italie échangèrent des notes. Se dit de certaines déclarations officielles ou semi-officielles que le gouvernement fait insérer au Moniteur.
Alors se rompirent nos liens avec la Russie ; aussitôt Napoléon s'adresse au prince de Suède [Bernadotte] ; ses notes furent d'un suzerain qui croit parler dans l'intérêt de son vassal, qui sent ses droits à sa reconnaissance ou à sa soumission, et qui y compte — Philippe-Paul de Ségur (1780-1873)
Observations d'un professeur sur la conduite et le travail des élèves. Ce jeune homme a de bonnes notes, de mauvaises notes. Notes hebdomadaires. Notes de quinzaine. Notes trimestrielles. Renseignements transmis à un chef concernant des subordonnés. Notes d'un fonctionnaire, appréciation qu'un supérieur fait de ce fonctionnaire. Cet officier, ce professeur a de bonnes notes.
Ce qui fait une marque déshonorante. Sa conduite déloyale en cette occasion est une note dans sa vie. C'est une note qu'il portera toujours. Note d'infamie, ou note infamante, note imprimée juridiquement pour quelque cause grave. Le blâme en justice était une note infamante.
Même dans les confréries qui sont formées par pure élection, le pouvoir de retrancher les confrères n'appartient qu'aux magistrats, parce qu'il y a de l'honneur dans l'admission et de la note dans la destitution — Furetière (1619-1688)
Chose étrange ! on ose attribuer à Jésus-Christ même toutes ces notes flétrissantes [les caractères de nouveauté et de schisme] — Bossuet (1627-1704)
Signe qui, en musique, représente à la fois la durée et l'intonation d'un son ; la durée par sa forme ou figure ; l'intonation, par sa position sur la portée. Notes accidentées, notes accompagnées d'un des signes que l'on nomme accidents. Chanter la note, solfier. Ce musicien chante la note, il chante juste mais sans expression.
On s'est servi des caractères inventés par les anciens pour écrire les chants musicaux, jusque dans le onzième siècle, que Gui d'Arezzo trouva l'invention de les écrire, comme on fait aujourd'hui, avec des notes placées sur différentes lignes — Rollin (1661-1741)
Ces notes ne furent d'abord que des points où il n'y avait rien qui en marquât la durée ; mais Jean de Meurs, né à Paris, et qui vivait sous le règne du roi Jean, trouva le moyen de donner à ces points une valeur inégale par les différentes figures de rondes, de doubles croches et autres qu'il inventa, et qui ont été adoptées par les musiciens de toute l'Europe — Rollin (1661-1741)
Par extension, l'intonation même du son représenté par le signe. Les sept notes de la gamme. Fig. Note fausse, fausse note, voy. FAUX 1. Note tonique, la note principale ou fondamentale d'un ton ou d'un mode. Note sensible, la note qui est d'un demi-ton au-dessous de la tonique. Notes de goût, celles qui, appartenant à la mélodie et non à l'harmonie, entrent dans la mesure et n'entrent pas dans l'accord. Notes d'agrément, ou petites notes, notes qui n'entrent ni dans la mélodie ni dans l'harmonie, et dont la durée très rapide se prend sur la note qui précède ou sur celle qui suit. Notes surabondantes, nom que quelques auteurs donnent aux triolets, aux sextolets et aux notes marquées 5 pour 4, 7 pour 4, 9 pour 8, etc. Bien attaquer la note, faire une intonation juste et nette. Suivre la note, chanter un morceau de musique avec d'autres personnes. Fig. Donner la note, indiquer quel ton il faut prendre, quel langage il faut tenir. Fig. Apprendre une note, apprendre une chose que l'on ignorait. Fig. Ne savoir qu'une note, chanter toujours sur la même note, dire toujours la même chose. Il ne sait qu'une note, Il n'aura qu'un double, se dit d'une personne qui ne sait qu'une chose et qui sera payée en conséquence. Fig. Changer de note, quitter un discours pour en commencer un autre, parler d'autre chose. Changer de note, chanter sur une autre note, changer de façon d'agir ou de parler. Fig. Cela change la note, cela change l'état des choses. À basse note, en basse note, sans élever la voix. Prier Dieu à basse note. Dire à quelqu'un des injures à basse note.
La nature a deux chants, de bonheur, de tristesse, Qu'elle rend tour à tour ainsi que notre cœur ; De l'une à l'autre note elle passe sans cesse ; Homme, l'une est ta joie, et l'autre ta douleur — Lamartine (1790-1869)
D'un gai refrain, à ce lutrin, Pour qu'on suive la note, De main en main, Jusqu'à demain, Passons-nous la marotte — Béranger (1780-1857)
Notes tironiennes, voy. TIRONIEN.
Note s'est dit des minutes et des actes. Ce sens du mot ne se trouve plus que dans l'expression garde-note.
Émile Littré, Dictionnaire de la langue française — domaine public. Numérisation XMLittré, François Gannaz (CC BY-SA 3.0).